On le sait l’aviation civile contemporaine est très sensible aux bouleversements climatiques et météorologiques en cours un peu partout sur la Terre. Depuis ce dimanche 9 février l’Europe occidentale vit au rythme des coups de vent de la tempête Ciara venue d’Amérique du nord. Et celle-ci a provoqué quelques faits assez surprenants dans notre aviation européenne, en positif autant qu’en négatif. Focus sur une tempête aux effets pas si anodins que ça.

En premier lieu ce sont les passagers d’un vol transatlantique New York Londres, réalisé à l’aide d’un quadriréacteur gros porteur Boeing 747-400, qui en ont fait l’expérience. L’avion de ligne immatriculé au Royaume-Uni G-CIVP et appartenant à la compagnie British Airways a en effet pu se servir des courants jets de la tempête Ciara afin d’être plus rapide. Une manœuvre bien connue et quasi quotidienne, qui explique que généralement un passager lambda gagne environ 50 à 55 minutes sur un New York Paris vis à vis d’un Paris New York. Sauf que dans le cas précis de cet avion britannique le gain a beaucoup plus substantiel : 79 minutes.

Le Boeing 747-400 a réalisé sa liaison transatlantique en 4 heures et 56 minutes, contre habituellement 6 heures et 15 minutes. Ce qui aux yeux de nombreux experts en fait le vol commercial le plus rapide de l’histoire aéronautique depuis la fin de l’aventure franco-britannique Concorde. Deux autres vols commerciaux entre la côte est des États-Unis et le Royaume-Uni ont vu leur temps de parcours raccourcis de manière très inhabituelle.
Il faut dire qu’au plus fort de l’activité aérienne plusieurs dizaines d’avions de lignes transatlantiques les imitaient.

Inversement la majorité des vols commerciaux entre l’Europe occidentale et l’Amérique du nord voient leur temps de parcourt habituel rallongé d’environ 60 à 90 minutes. On gagne d’un côté, on perd de l’autre en sommes.
Des pertes les compagnies aériennes européennes et les exploitants d’aéroports vont d’ailleurs en connaitre pendant ces prochaines heures.

Rien que ce dimanche en seconde partie de journée ce sont 62 vols qui ont été annulés entre les plateformes parisiennes de Roissy Charles de Gaulle et d’Orly. Vingt-quatre pour la première et vingt-huit pour la seconde, et ce sont surtout des vols vers l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, et le Royaume-Uni qui sont concernés. Trois vols régionaux vers la Bretagne et les Pays-de-la-Loire sont aussi impactés.
Parmi les compagnies les plus touchées on retrouve le transporteur à bas coût britannique EasyJet dont neuf avions sont restés cloués sur le tarmac francilien de Roissy. Par ailleurs des retards allant de quinze à trente-cinq minutes en moyenne ont été enregistrés toute l’après-midi et la soirée de ce dimanche 9 février 2020. Et cela ne devrait pas s’arranger ce lundi.

Des mesures de précaution sont clairement envisagés désormais par les compagnies aériennes. Il faut dire que de gros dégâts ont été enregistrés autour de ces deux aéroports. D’importantes chutes d’arbres ont été enregistrées dans les villes d’Arcueil et de Thiais, proches toutes deux d’Orly, tandis qu’à Drancy en Seine-Saint-Denis un quadragénaire est décédé après avoir chuté de sa trottinette. L’homme rentrait du travail et aurait été, selon plusieurs témoignages, chahuté par des rafales de vent. Les faits se sont déroulé à moins de huit kilomètres des pistes de Roissy.

Photo © Wikimédia Commons.

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