Le décès récent de la super star du cinéma français marque la fin d’une époque que l’on est pas près de revivre de sitôt. Surnommée BB, Brigitte Bardot fut à la fois sex symbol et symbole de l’émancipation féminine. Femme de caractère qui n’avait pas la langue dans sa poche, elle a épousé des causes parfois controversées et exprimé des opinions souvent décriées par les bien pensants. Je recommande donc aux Ayatollahs de la rectitude politique à la sauce woke de s’abstenir de lire ce qui suit et de passer à autre chose. Je ne vais surtout pas bouder l’occasion de souligner la disparition de ce monstre sacré du cinéma, malgré mon désaccord avec plusieurs de ses prises de position [NDLR : des propos qui lui valurent une condamnation pour incitation à la haine raciale à 5 reprises entre 1997 et 2008]. Certaines vedettes du monde artistique ont développé une passion pour l’aviation. On à qu’à penser à Jacques Brel et Harrison Ford. D’autres ont plutôt servi de muse pour l’aviation, comme ce fut le cas pour Brigitte Bardot.
Commençons du côté militaire. Bien qu’il fut le premier chasseur à réaction français, on ne peut qualifier de légendaire le Dassault MD.450 Ouragan… contrairement à BB ! Le personnel du 2ème Escadron d’Instruction en vol de l’Armée de l’air française ne résista pas à la tentation de décorer ses appareils Ouragan, codés BB, avec un nose-art s’inspirant de Brigitte Bardot. La combinaison Ouragan et Brigitte Bardot était particulièrement appropriée pour celle qui a balayé tous les tabous et conventions de l’époque dès ses premiers films !

Ironiquement, la carrière de Brigitte Bardot va la forcer à surmonter sa peur de l’avion. Devenue une véritable icône du Jet Set, elle fut fréquemment photographiée dans les aéroports. Air France aura d’ailleurs recours à Brigitte Bardot lors d’une campagne publicitaire au début des années 1970. Au fil des ans, elle va alterner entre vols commerciaux et vols privés.
Au faîte de sa gloire, BB quitte le monde artistique en 1974 et utilisera dorénavant sa notoriété pour consacrer sa vie à la protection des animaux. En 1977, elle se fait déposer en hélicoptère sur la banquise où sera prise l’iconique photographie d’elle avec un bébé phoque dans les bras. Pasionaria de la cause animale, elle n’hésite pas à recourir à l’hyperbole. Elle traite les Canadiens d’assassins et ceux-ci lui rendent la politesse en inventant le Bardot Burger à base de viande phoque !
En 1986, elle met sur pied la Fondation Brigitte-Bardot dont la mission est la protection des animaux. Au fil des ans, BB fera siennes diverses causes animalières. En 2017, elle s’attaque à Air France afin de mettre fin à la pratique du transport de singes destinés aux laboratoires de recherche. La fondation qui porte son nom va lui survivre, de même que ses films cultes comme Et Dieu créa la femme.
Adulée par certains et condamnée par d’autres, on peut sans crainte affirmer que BB n’a laissé personne indifférent durant sa vie mouvementée. J’ai bien l’intention de commander un cocktail Brigitte Bardot (gin, liqueur de fleur de sureau, citron, miel et champagne) au Bar de l’Escadrille pour sympathiser avec ses millions d’admirateurs nostalgiques aujourd’hui en deuil.
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Une réponse
Sur la carrière internationale de Bardot il faut remettre les pendules à l’heure : elle a été assez marginale. On lui connait le péplum américain de série B « Hélène de Troie » en 1956 signé Robert Wise (réalisateur entre autre des chefs d’œuvre « La mélodie du bonheur » et « West Side Story ») et le très discutable western ouest-allemand « Shalako » du réalisateur canadien Edward Dmytryk. Elle a fait trois séries B en Italie et une en Grande Bretagne.
Et pour la forme elle a refusé de tourner sous la direction d’Alfred Hitchcock car celui-ci voulait lui faire prendre des cours d’anglais et qu’elle refusait. La légende raconte qu’il lui aurait proposé « La mort aux trousses« , un des plus gros succès du réalisateur qui finalement revint à l’actrice américaine Eva Marie Saint, une de ses muses.