Ce ne sont pas les plus célèbres avions de l’aéronavale américaine, pourtant ce sont ses plus imposants actuellement. Afin de maintenir en état de vol sa flotte de quadriréacteurs Boeing E-6B Mercury l’US Navy a offert à la société Collins Aerospace une enveloppe d’un peu plus de vingt millions de dollars US pour un chantier de modernisation. Selon toutes vraisemblances il s’agit là des dernières grosses dépenses aux profits de ces postes de commandement aéroporté dont le retrait est annoncé pour 2028-2030. Leur successeur sera une évolution profondément modifiée de l’avion de transport tactique Lockheed-Martin C-130J Super Hercules.
Souvent considérés comme les équivalents au sein de l’US Navy des Boeing E-4B Nightwatch de l’US Air Force les Boeing E-6B Mercury sont beaucoup plus que des «doomsday plane». Comme ceux-ci ils peuvent en effet relayer l’ordre présidentiel américain de lancer les missiles nucléaires contre un ennemi X ou Y. Cependant ils ont bien d’autres fonctions, en relations là encore avec les sous-marins de l’US Navy en dilution. Grâce à leur chaîne de communication VVLF, pour Very Very Low Frequency, donc à très très basse fréquence, ils peuvent échanger des informations avec les dits submersibles y compris quand ceux-ci évoluent en grande profondeur, soit au-delà de 300 mètres en dessous de la surface des eaux.
Afin de maintenir cette capacité d’ici 2028 ou plus vraisemblablement 2030 le Navy Yard a remis à Collins Aerospace un contrat de 20,34 millions d’euros afin de fournir de nouveaux kits de communications encryptées. Ceux-ci doivent permettre de remettre à jour les équipements VVLF de ces avions. L’ensemble de l’avionique sera également concernée par ce chantier dont les travaux doivent être menés à Tinker AFB, le nid dans l’Oklahoma, des escadrilles VQ-3 Ironman et VQ-4 Shadows qui mettent en œuvre les E-6B Mercury.
Petit à petit les gros quadriréacteurs laisseront donc la place à ceux qui sont actuellement connus comme Lockheed-Martin E-130J Phoenix II. À l’horizon 2030 ces derniers sont censés avoir totalement remplacés les Boeing E-6B Mercury ainsi que le dernier TC-18F, le plus gros avion d’entraînement militaire jamais employé par les forces américaines. Le chantier de modernisation des E-6B ne concerne nullement ce TC-18F.
Photo © US Navy
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