Un demi-siècle d’existence pour une force aérienne c’est un jalon important. Ce vendredi 6 février 2026 l’Armée de l’Air du Mali a ainsi célébré les 50 ans de sa fondation. Pour autant l’aventure de l’aéronautique militaire dans ce pays d’Afrique de l’Ouest était née dix ans auparavant, suite à son indépendance de la France. Aujourd’hui cette aviation militaire se cherche un nouveau souffle, entre ambitions fortes et corruption galopante de la junte militaire au pouvoir.
Si on en croit certaines réactions par le passé nous n’aurions pas toujours été tendres avec l’Armée de l’Air du Mali, notamment quand nous avons abordé le cas de son «aviation de chasse» ou encore sur sa relation à la sécurité aérienne. Pour autant nous avons toujours respecté l’engagement des femmes et des hommes de cette aviation militaire. C’est pourquoi nous saluons ici ce cinquantième anniversaire.
Sur le papier pourtant c’est le 1er mars 1966 que l’Aviation Militaire du Mali nait. Elle aligne principalement des Antonov An-2 Colt et Let L-200 Morava de transport léger ainsi que quatre chasseurs Mikoyan-Gurevich MiG-17 Fresco prêtés par Moscou… qui ne retourneront jamais en URSS. Deux ans et demi plus tard, le 1er novembre 1968 c’est le Groupement Aérien Tactique du Mali qui voit le jour. Cependant il demeure rattaché organiquement à l’Armée. Les avions sont les mêmes mais les Maliens ont eu l’autorisation de la France de reprendre à leur compte les aéronefs abandonnés sur place et remis en état par des techniciens soviétiques. L’aviation malienne met alors en service deux Douglas C-47 Skytrain de transport tactique, quatre Max Holste MH.1521 Broussard, et surtout trois Sud-Est SE.313 Alouette II. Ce sont ses premiers hélicos ! Dans le même temps les Soviétiques ont livrés trois avions de transport tactiques : un Antonov An-24 Coke et deux Ilyushin Il-14 Crate. L’aviation malienne commence alors à prendre forme, étant même une des mieux équipés à l’époque parmi les pays jadis placés sous le joug colonial de la France.
C’est donc le 6 février 1976 que par ordonnance le président Moussa Traoré annonce la fondation de l’Armée de l’Air. Ce nom en dit alors long sur la filiation avec les militaires français. Les Soviétiques auraient préférés, dit-on, quelque chose qui aurait sonné plus… marxiste. Traoré en avait décidé autrement. Pour autant c’est l’époque où Moscou livre aux Maliens leurs premiers chasseurs supersoniques Mikoyan-Gurevich MiG-21 Fishbed, des avions ayant eu un triste sort récemment. Les hélicoptères Mil Mi-4 Hound et Mi-8 Hip finissent de marquer l’influence soviétique sur le pays. Traoré tentera bien avec François Mitterrand de négocier l’acquisition d’hélicoptères Aérospatiale SA.342 Gazelle antichars et AS.332 Super Puma de transport d’assaut mais le contrat ne sera jamais finalisé suite au renversement du président malien.
Les années 2000-2010 verront l’errance de l’Armée de l’Air du Mali jusqu’à ce qu’en 2014 la France, et en sous-main les USA, ne décident de réarmer tout ce petit monde afin de lui permettre de lutte contre les djihadistes. Airbus Military C-295M, Basler BT-67, Cessna AC-208, Embraer A-29B Super Tucano, Eurocopter EC225 Super Puma, et autres Humbert Tétras font leur apparition au milieu des aéronefs hérités de l’ancrage soviétique. Paris et Washington DC arment largement les Maliens, jusqu’à ce que le pays choisisse de tourner le dos à l’état de droit. L’arrivée au pouvoir du «général» Assimi Goïta, pantin sans envergure aux ordres de Vladimir Poutine va mettre fin à la coopération avec Américains et Français. Sous couvert de panafricanisme l’Armée de l’Air du Mali revient dans le giron de Moscou et gagne… des avions hors d’âges comme l’Aero L-39C Albatros ou le Sukhoi Su-25 Frogfoot. Pour autant l’allié russe refuse catégoriquement de fournir à son nouveau vassal africain les aéronefs qu’il a fait miroiter au pauvre Assimi Goïta. Le dictateur malien devient la risée de la scène internationale et l’Armée de l’Air du Mali souffre de ne plus pouvoir se moderniser.
Aujourd’hui à 50 ans l’Armée de l’Air du Mali repose en grande partie ses opérations sur les drones MALE achetés auprès de la Turquie. Pour autant sa flotte a souffert, notamment suite à ses mésaventures contre l’Algérie voisine. Quelques hélicoptères seraient encore en état de vol, bricolés ça et là avec les faibles subsides donnés par Moscou.
Il y a quelques semaines Bamako a choisi d’unifier ses forces avec celles de ses voisines burkinabées et nigériennes.
Nous souhaitons malgré tout cela un très beau 50ème anniversaire à l’Armée de l’Air du Mali, en espérant qu’elle saura se relever et brillera de nouveau.
Photo © Forces Armées Maliennes
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