Outre-Altantique le nom de Thomas-Morse évoque auprès des férus d’aviation et d’histoire un passé lointain, principalement celui du début de l’entre-deux-guerres. Ce constructeur est par contre beaucoup plus confidentiel chez nous, sur le vieux continent. Hormis un modèle d’avion d’entraînement et un autre d’observation du champs de bataille Thomas-Morse est surtout connu comme spécialiste de l’aviation de chasse naissante. Son ultime conception dans ce domaine fut un biplan monoplace très élégant malheureusement demeuré sans suite : le XP-13 Viper.
Contrairement à la majorité des avions à cette époque le Thomas-Morse MB-11 ne résultait d’aucun programme de recherches de l’US Army Air Corps. Il avait été développé sur fonds propres dans l’espoir de pouvoir sauver l’entreprise d’une banqueroute qui semblait inévitable. Entre une activité industrielle morose et un climat économique à la défiance en ce début d’année 1929 rien ne permettait d’entrevoir un avenir rose pour l’entreprise. D’autant que plusieurs mauvais investissements avaient plombé les finances.
Les ingénieurs et techniciens de Thomas-Morse tentent alors le tout pour le tout avec ce MB-11. Ils l’assemblent même dans l’urgence. Entre les premières découpes de métal et la sortie d’atelier du prototype il ne se sera pas passé plus d’un mois et demi. On appelle cela l’énergie du désespoir.
Extérieurement ce MB-11 se présente sous la forme d’un biplan d’envergure égale à plans décalés. Son fuselage était assemblé autour d’une structure en tubes métalliques et tôle ondulée tandis que sa voilure mélangeait métal et tissus. Le MB-11 avait été pensé pour être à la fois léger, résistant, et aérodynamique. Le pilote prenait place dans un cockpit à l’air libre. Possédant un train d’atterrissage classique à patin de queue il était animé par un moteur Curtiss H-1640 Chieftain à douze cylindres en étoile d’une puissance de 600 chevaux entraînant une hélice bipale en métal et bois. C’est dans cette configuration qu’il vola pour la première fois le 3 juin 1929.
Deux semaines plus tard il était livré à l’US Army Air Corps. Particularité notable ce chasseur n’avait alors aucun armement. L’emplacement pour deux mitrailleuses de calibre 7.62 millimètres existait bien dans le nez de l’avion mais le MB-11 ne les avait jamais reçu.
Les militaires le désignèrent XP-13 et le baptisèrent Viper. Les essais en vol furent jugés plutôt médiocres. En fait l’USAAC n’avait pas une très grande confiance dans ce moteur Curtiss H-1640 Chieftain. Elle choisit de le remplacer par un Pratt & Whitney R-1340 Wasp à neuf cylindres en étoile doté d’un carénage NACA augmentant sensiblement son aérodynamisme. Cependant ce moteur était moins puissant, puisque ne développant que 525 chevaux.
Ainsi remotorisé le XP-13 devint XP-13A. Et cette fois les essais en vol furent jugés plus que satisfaisant. En octobre 1930 l’US Army Air Corps entama des pourparlers avec Consolidated, qui avait racheté fin 1929 Thomas-Morse, afin de commander en série le chasseur. On prévoyait alors une première commande de soixante-dix exemplaires. Malheureusement pour l’avion les négociations furent annulées après qu’un incendie envol ait totalement détruit le prototype, tuant au passage son pilote d’essais.
De nos jours il ne reste donc plus rien de ce Thomas-Morse XP-13 Viper. Et c’est bien dommage car esthétiquement parlant les designers et ingénieurs avaient vraiment fait du bon boulot. Leur avion était fondamentalement beau. C’est sans doute par triskaïdékaphobie que le chiffre 13 ne fut jamais repris pour un chasseur, par contre le nom de Viper existe aujourd’hui au travers du Lockheed-Martin F-16V Viper.
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