Au moment où nous publions cet article nous sommes 36 heures après le drame. Comme nous vous l’avions annoncé dès hier matin un chasseur de pénétration Dassault Aviation Mirage 2000D appartenant à la 3ème Escadre de Chasse s’est écrasé non loin de la Base Aérienne 133 de Nancy Ochey, son nid. La dépouille d’un des membres d’équipage a été retrouvée, l’autre demeurant à l’heure où ces lignes sont écrites toujours introuvable. Un hélicoptère Eurocopter EC-135 des Forces Aériennes de la Gendarmerie Nationale participe activement aux recherches.
Les conditions météorologiques dégradées sur la Meurthe-et-Moselle rendent les recherches particulièrement difficiles. Les investigations visant à la compréhension du pourquoi et du comment ayant entraîné la perte de l’avion et son crash vont être longues et minutieuses. Deux enquêtes seront menées, l’une judiciaire conduite par la Gendarmerie de l’Air et de l’Espace sous le contrôle des Parquets de Metz et Paris ; et l’autre technique sous la houlette du BEA-É, le fameux Bureau Enquêtes Accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État. C’est la procédure habituelle en cas d’accident d’aéronef militaire comme cela avait été le cas pour la collision entre les Alpha Jet de la Patrouille de France en mars de l’année dernière. Sauf qu’ici en plus il y a mort d’homme. Un des deux membres d’équipage a été tué sur le coup.
Le Mirage 2000D était dans l’axe de la piste 02/20 de la Base Aérienne 133 de Nancy Ochey au retour d’une mission d’entraînement au vol tactique, donc à basse altitude, et de nuit. Il faisait particulièrement mauvais temps sur la région à 22 heures 42 ce mardi 20 octobre 2026 quand la perte de contact radar et radio a été enregistrée par l’Armée de l’Air et de l’Espace. La pluie et le vent étaient de la partie. Immédiatement la chaîne des secours a été activée sous double contrôle, ministère des Armées et préfecture de Meurthe-et-Moselle. L’avion survolait une zone boisée de la petite commune rurale de Domèvre-en-Haye au moment de l’accident.
Car pour l’instant c’est bien la thèse accidentelle qui est privilégiée par les enquêteurs. Espérons qu’elle le restera. Plusieurs options sont sur la table.
Les médias généralistes ont massivement parlés de la jeunesse du pilote et de ses «seulement» 450 heures de vol au moment de l’accident. N’oublions pas que sa hiérarchie a estimé, à juste titre, que cela n’allait pas à l’encontre d’un tel vol dans de telles conditions. Les officiers qui le supervisaient avant ce vol ont plus d’expérience et de connaissance du Mirage 2000D que les journalistes et que la majorité des «experts» de plateaux télé. S’ils ont considéré que ce jeune pilote pouvait prendre les commandes de l’avion c’est qu’il en était ainsi. Sa jeunesse ou sa relative inexpérience ne peuvent en aucun cas expliquer l’accident.
L’erreur de pilotage est par contre possible, comme elle peut l’être chez quelqu’un ayant beaucoup plus d’habitudes du Mirage 2000D qu’un pilote plus fraichement macaroné. Ce n’est pas la seule cause possible de l’accident. Il peut y avoir eu défaillance du réacteur SNECMA M53-P2, du système hydraulique, ou même une panne généralisée. Ça c’est pour une partie des causes endogènes, et il y a forcément celles exogènes.
Une collision n’est jamais à écarter, que ce soit avec des volatiles ou bien avec un engin volant télépiloté. Les drones représentent une menace constante pour les aéronefs qu’ils soient civils ou militaires. Un foudroiement est possible aussi même si ce genre de phénomène entraîne rarement la perte d’un avion.
Pour d’évidentes raisons de respect de la dignité humaine et du deuil des proches l’identité de l’aviateur mort dans l’accident n’a pas été dévoilée. Pilote ou NOSA ? Peu importe le drame touche toute la communauté aéronautique française. Par contre le ministère des Armées a bien indiqué que c’était l’Escadron de Chasse 2/3 Champagne qui était ici impactée par ce drame. Sa communication a par ailleurs indiqué que le chasseur n’était pas armé au moment du drame et a nié qu’il ait franchi le mur du son quelques instants avant le crash comme l’ont avancé certains médias sensationnalistes.
L’enquête s’annonce longue. À ce stade il n’est pas question de clouer au sol les Mirage 2000D présents en France et à Djibouti.
Affaire à suivre.
Photo © Armée de l’Air et de l’Espace
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Une réponse
L’indécence de certains journalistes est incroyable. Le 2 eme membre d’équipage n’a pas encore été retrouvé que déjà ces chasseurs de buzz accusent. Tout pour avoir des titres putacliques.