AMX naquit dans le cadre d’une ambition conjointe entre Aeritalia et Aermacchi, qui, dès avril 1978, unirent leurs ressources afin de concevoir un avion d’attaque et de reconnaissance « universel avancé ». Le projet s’articula autour de la volonté d’offrir aux forces aériennes européennes un appareil capable d’opérer à haute vitesse subsonique tout en portant un arsenal diversifié. Les bureaux d’études d’Aeritalia et d’Aermacchi travaillèrent avec assiduité, dessinèrent les premières maquettes et définissent les exigences de performance pendant que les bureaux de défense brésiliens observaient attentivement le déroulement des travaux.
Lorsque le Brésil décida d’adhérer au programme en 1980, l’initiative acquit un nouvel élan. Le pays, désireux de renouveler sa flotte d’avions légers d’attaque, apporta des exigences supplémentaires, notamment une autonomie accrue pour les missions en jungle et la possibilité d’intégrer des systèmes de navigation compatibles avec les standards latino‑américains. Les spécifications communes, rédigées en collaboration avec les autorités italiennes, imposèrent des vitesses de croisière proches de Mach 0,8, une maniabilité adaptée aux entraînements aériens et des systèmes d’attaque sophistiqués. En juillet 1981, les gouvernements italien et brésilien signèrent un accord, prévoyant la production de 79 unités pour l’Aéronautique du Brésil et 187 pour celle d’Italie, assorties de six prototypes d’essai.
Le dessin de l’AMX se caractérisa par une aile basse à géométrie constante, un fuselage fin et un cockpit tandem offrant une visibilité optimale au pilote. L’appareil fut propulsé par le turboréacteur Rolls‑Royce Spey Mk 807, dont la poussée de 13 500 lbf rendit possible des montées rapides et une bonne capacité de charge utile. La structure fut majoritairement en alliage d’aluminium, avec des renforts en titane aux points d’appui des charges, tandis que le train d’atterrissage, rétractable, était conçu pour résister à des opérations sur pistes rudimentaires. Les systèmes avioniques comprirent un radar multimode, un système de navigation inertielle et, plus tard, un pod de ciblage électro‑optique capable de guider des bombes à guidage laser.
En 1983, le premier prototype, désigné AMX‑001, effectuait son vol inaugural à Cameri, sous la conduite d’un pilote d’essai italien. Les essais en vol, menés tout au long de 1984 et 1985, validèrent les performances attendues : vitesse maximale de 1 100 km/h, rayon d’action de 1 800 km avec charge interne, et un taux de montée de 40 m/s. Le programme se poursuivit avec la construction simultanée de deux séries de production : la chaîne italienne, répartie entre les usines d’Aeritalia à Torino et d’Aermacchi à Varese, et la chaîne brésilienne, assurée par Embraer à São Paulo. Le premier lot d’avions arriva aux bases italiennes de Trento‑Brenner au printemps 1987, tandis que le Brésil reçut ses premières unités à São José dos Campos à la même période.
Grâce à son système de navigation et d’attaque sophistiqué, l’AMX put emporter une gamme étendue d’armement. Il transporta jusqu’à 3 200 kg de charge utile, incluant des bombes classiques de 500 kg, des bombes en grappe à guidage laser, des roquettes 68 mm, des missiles anti‑navires Exocet S , ainsi que des missiles air‑air courte portée comme le SRAAM et le Mirach 3. Les pilotes bénéficiaient d’un affichage tête‑haut (HUD) et, à partir du milieu des années 1990, d’un système de ciblage de précision (Pave II) qui permit d’engager des cibles au sol avec une marge d’erreur de moins de trois mètres.
L’AMX entra officiellement en service le 8 janvier 1989 au sein de la 15ᵉ Escadre de la Force aérienne italienne, où il remplaça progressivement les vieilles plateformes de type Fiat G.91. En Italie, l’avion fut affecté à trois groupes d’attaque tactique, basés à Aviano, Grosseto et Ghedi, où il prit part à de nombreuses opérations d’entraînement inter‑alliées, notamment dans le cadre de la NATO Air‑Defence Exercise « Allied Force ». Les missions comprirent des frappes de précision contre des cibles simulées en Yougoslavie pendant les conflits des années 1990, ainsi que des patrouilles de renseignement au-dessus des Balkans.
Au Brésil, le premier escadron équipé d’AMX s’établit à la base aérienne de Santa María, près de Rio Grande do Sul. Les appareils y exécutèrent des missions de soutien aérien rapproché pendant les opérations de contre‑insurrection dans la région de la forêt amazonienne, ainsi que des exercices conjoints avec les Forces armées des États‑Unis dans le cadre du programme Southern Watch. Le corps de pilote brésilien valorisa particulièrement la robustesse de l’appareil sur les pistes non pavées et sa capacité à transporter des charges utiles variées, ce qui le rendit indispensable aux missions de lutte anti‑trafic de drogues.
Une variante biplace, l’AMX‑T, fut développée dès le milieu des années 1990 pour répondre aux besoins d’entraînement avancé de l’Armée de l’Air italienne. Cette version remplaça les entraînements effectués sur les Aeritalia G.91T, tout en offrant aux aspirants pilotes la possibilité de se familiariser avec les systèmes de navigation et les armements de la version monoplane. Le AMX‑T conserva le même motorisé Spey, mais intégra un second siège, des commandes de vol doubles et un simulateur de tir intégré, ce qui permit de réduire considérablement le temps de conversion des pilotes vers les missions d’attaque. Des versions biplaces plus sophistiquées, équipées de poste de pilotage numérique et de capacité à simuler les systèmes de guerre électronique, furent à l’étude, bien que la commande finale ne fut jamais confirmée.
Au tournant du XXIᵉ siècle, les deux forces aériennes envisagèrent le remplacement progressif de l’AMX par des plateformes plus modernes qui offraient une supériorité en termes de vitesse supersonique et de capacités multirôles. En Italie, le retrait des dernières escadrilles débuta en 2015, tandis que le Brésil prévoya de les remplacer par le Embraer A‑29 Super Tucano modernisé.
Ainsi, l’AMX demeura, pendant plus de deux décennies, un pilier de l’attaque tactique italienne et brésilienne, alliant robustesse, polyvalence d’armement et adaptabilité aux conditions de combat variées. Son héritage réside dans la démonstration réussie d’une coopération industrielle transatlantique et dans la capacité d’un avion léger de combat à répondre aux exigences de missions contemporaines, tout en constituant une étape essentielle vers les plateformes de cinquième génération qui dominent aujourd’hui les cieux mondiaux.
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