FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Hongdu JL-8
Constructeur : Hongdu Aviation Industry Group Ltd.
Désignation : JL-8
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : K-8 Karakorum
Mise en service : 1997
Pays d'origine : Chine
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement avancé, avion d'attaque légère et d'appui aérien rapproché.

HISTOIRE

Hongdu JL-8 :
Un succès chinois incontestable”

Nombre de pays se sont lancés dans l’aventure aéronautique des jets grâce aux avions d’entraînement et d’appui aérien rapproché. Il faut dire que ces machines sont souvent plus aisées à développer et à usiner que des avions de combat bien plus complexes et difficiles à exporter. Même un pays comme la Chine, longtemps très en retard vis à vis des pays occidentaux ou de la Russie, a eu recours à ce principe. Et l’un des jets d’entraînement et d’attaque légère les plus représentatifs est certainement le très réussi Hongdu JL-8.

C’est en juin 1987 lors du salon du Bourget que l’avionneur chinois Nanchang annonça travailler sur un projet d’avion d’entraînement avancé ayant également des capacités secondaires d’attaque légère et d’appui aérien rapproché. À l’époque déjà ce constructeur assemblait le CJ-6, principal avion d’entraînement basique et intermédiaire en service en Chine.
À cette époque l’industrie aéronautique chinoise avait passé un accord avec le constructeur américain Grumman afin de bénéficier de son appui technologique. Malheureusement au lendemain de la répression des manifestations de Pékin en 1989 cette aide fut immédiatement stoppée et la Chine dut se chercher de nouveaux partenaires.

Pour son jet d’entraînement c’est avec le Pakistan et son PAC (pour Pakistan Aeronautic Complex) qu’un accord fut signé. En fait il s’agissait plus d’un partenariat de façade car les fondements même de l’avion avaient été déjà posé par les designers et ingénieurs de Nanchang. Le nouvel avion reçut la désignation de K-8 et le nom de baptême de Karakorum, en rapport avec une chaîne de montagne se trouvant à cheval entre les deux pays. Lorsque l’accord fut signé le premier prototype était déjà en cours d’assemblage chez Nanchang.

Pour les Pakistanais désormais en disgrâce aux yeux de l’allié américain cet accord tombait à pic ! En effet ils avaient besoins à la fois de s’implanter sur le marché aéronautique, synonyme de puissance industrielle, tout en cherchant un successeur à leurs Cessna T-37A Tweet alors en dotation. Le K-8 Karakorum permettait ainsi d’éviter un contrat d’importation.

Ce premier prototype réalisa son vol inaugural le 21 novembre 1990 sous le numéro 001. Il était prévu quatre prototypes : les trois premiers étant chinois et le quatrième pakistanais. Le K-8 numéro 004 décolla du Pakistan Aeronautic Complex en octobre 1993. Pour autant ces avions n’étaient pas à proprement parlés des machines abouties. En effet buttant encore sur la motorisation les ingénieurs chinois et pakistanais avaient décidé d’avoir recours en des réacteurs Garrett TFE731-2A de facture américaine. Ceux-ci, d’une poussée unitaire de 1635 kg, étaient alors faciles à acquérir puisqu’en grande partie destinés à propulser des avions d’affaire. Il n’était donc pas difficile pour les Chinois et les Pakistanais de se doter de plusieurs exemplaires sans risquer de tomber sous le coup d’un embargo quelconque.
Ce qui favorisa la construction des douze Nanchang K-8 Karakorum de présérie, six pour chacun des deux pays. Ces avions de présérie furent livrés à l’automne 1994.

Les premières commandes du Nanchang K-8 Karakorum furent évidemment passées par la Chine et le Pakistan pour respectivement quatre cents et cent exemplaires. Les premiers exemplaires furent livrés à la Chine en 1997 où ils reçurent la désignation officielle de JL-8. Le Pakistan de son côté dut attendre un an de plus. Au lendemain des attaques terroristes contre les États-Unis le 11 septembre 2001 les mesures de rétorsions économiques furent renforcées contre le Pakistan jugé être une plateforme de soutien d’Al-Qaïda. De ce fait la force aérienne pakistanaise n’eut plus les moyens de ses ambitions et dut ramener sa commande initiale à soixante avions.
En 2012 un lot de trente deux K-8P supplémentaires fut acquis.

En 1998 le constructeur Nanchang changea de raison sociale pour devenir Hongdu. Mais surtout cette année là l’accord passé avec le Pakistan prit du plomb dans l’aile. En effet les Chinois étaient alors les seuls autorisés à exporter les avions d’entraînement.
Ainsi officiellement désigné Hongdu JL-8 il n’était désormais plus appelé K-8 Karakorum que pour les marchés d’export, Pakistan compris.
Il faut dire qu’à l’époque déjà les dirigeants de l’avionneur négociaient des exportations auprès de six pays sur deux continents différents.

Au cours des années 2000 le Hongdu JL-8 fut présenté par la Chine comme l’avion d’entraînement de haut niveau le moins cher du marché. D’une conception assez récente il présentait pourtant une architecture très classique, presque vieillotte. Ce qui n’empêcha nullement son succès à l’export : le Bangladesh, la Bolivie, l’Égypte, le Ghana, le Myanmar, la Namibie, le Soudan, le Sri Lanka, la Tanzanie, le Venezuela, la Zambie, et le Zimbabwe en firent l’acquisition. Et parfois avec des grosses différences entre le nombre d’avions que chaque pays achetait.

Ainsi par exemple les six exemplaires boliviens permirent de remplacer efficacement les Lockheed T-33 T-Bird obsolètes d’entraînement encore en dotation tandis que les quatorze avions achetés par le Zimbabwe étaient destinés autant à la formation qu’à l’appui aérien rapproché des troupes en remplacement des BAe Hawk T Mk-60A achetés dans les années 1980. C’est pour cela qu’ils ont été livrés avec un camouflage assez guerrier.
Les principaux acheteurs étrangers du Hongdu K-8 ont été l’Égypte et le Venezuela, ce dernier pays étant même le client de lancement du K-8W avec un poste de pilotage de nouvelle génération.

Au début de l’année 2019 le Hongdu JL-8 était toujours en production pour les besoins autant chinois que pour l’export. Il représente un des principaux concurrents des avions actuellement proposés par les constructeurs occidentaux, et son succès en Afrique autant qu’en Amérique du sud et en Asie est autant le fruit de son prix général assez bas autant que de ses qualités de vol reconnues désormais mondialement. Le JL-8 est donc actuellement un des meilleurs avions d’entraînement de la planète.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Hongdu JL-8
Envergure : 11.60 m
Longueur : 9.63 m
Hauteur : 4.21 m
Motorisation : 1 réacteur Progress ZMKB AI-25TL
Puissance totale : 1 x 1720 kgp.
Armement : Possibilité d'emporter un canon de 23mm et une charge de combat maximale de 1200kg composée de roquettes en paniers, de bombes lisses, et de missiles air-air PL-5 et PL-7.
Charge utile :
Poids en charge : 4330 kg
Vitesse max. : 800 km/h à 9000 m
Plafond pratique : 13000 m
Distance max. : 2250 Km en convoyage.
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Hongdu JL-8

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Hongdu JL-8

VIDÉO

Présentation des K-8 Karakorum au Venezuela