À la fin des années 2010, le constructeur turc Baykar travail sur un drone beaucoup plus imposant que son Bayraktar TB.2. Ce nouveau drone doit être capable d’emporter une charge offensive importante et de mettre en œuvre des armements normalement destinés aux avions de combat. Le résultat prend la forme du Bayraktar Akinci.
Son développement débute en 2017, le drone sans pilote prend la forme d’un bi turbopropulsé à la masse maximale au décollage de 6000 kg dont 1 500 kg de charges utiles et doté d’une envergure de 20 mètres, l’Akinci se situe dans une catégorie nettement supérieure à celle du TB.2. Sa cellule composite doit pouvoir embarquer différentes motorisation suivant la version du drone.
L’Akinci A est propulsé par deux turbopropulseurs AI-450T de 450 chevaux du motoriste ukrainien Ivchenko-Progress / Motor Sich. Tandis que l’Akinci B reçoit deux turbopropulseurs PT6A-135A du motoriste nord américain Pratt & Whitney Canada développant chacun 750 chevaux. Une version Akinci C, dotée de deux turbopropulseurs de la même famille des PT6 de Pratt & Whitney Canadade développant 850 chevaux vient ensuite compléter la gamme.
Toutes les version du drone dispose d’une liaison de données à vue directe ainsi que d’une capacité de communication par satellite permettant son emploi à grande distance de sa station de contrôle. Baykar l’équipe par ailleurs d’un système ayant recours à l’intelligence artificielle afin d’améliorer la fusion des données et l’autonomie de l’appareil. L’appareil embarque également des équipements électroniques comme un radar AESA multifonction, des systèmes électro-optiques et infrarouges, des équipements de renseignement ainsi que des systèmes de guerre électronique.
La charge utile est réparti entre les points d’emport internes et externes. Outre les petites munitions guidées MAM-C, MAM-L et MAM-T, déjà employées par le TB.2, les points d’emports permettre au drone de mettre en oeuvre des bombes guidées et non guidées de la famille Mk 81, Mk 82 et Mk 83, des kits de guidage KGK, des missiles antichars L-UMTAS ou encore des missiles de croisière SOM-A. Théoriquement il peut également mettre en œuvre des missiles air-air turcs Gökdoğan et Bozdoğan.
C’est en avril 2021, que l’Akinci réalise ses premiers essais de tir avant de battre en juillet, de la même année, nouveau record d’altitude en Turquie atteignant le 38 039 pieds après avoir parcouru plus de 7 500 kilomètres au cours d’un vol de près de 26 heures ! Enfin c’est en août 2021 que les premiers exemplaires sont officiellement remis aux forces de sécurité turques, marquant l’entrée en service opérationnel de l’appareil.
Le bi turbopropulsé devient rapidement l’un des principaux produits d’exportation de l’industrie aéronautique militaire turque. L’Azerbaïdjan fait partie des premiers utilisateurs étrangers, avant que le Pakistan ne rejoigne les opérateurs du type. D’autres contrats et livraisons suivent notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie centrale. En 2026, le Bayraktar Akinci fait l’objet de contrats d’exportation avec seize pays, pour un nombre d’appareils estimé à près de 200 exemplaires.
À travers l’Akinci, le constructeur turc Baykar propose une alternative intermédiaire entre le drone MALE traditionnel et l’avion de combat habité. Par ses capacités il constitue désormais l’un des appareils emblématiques de la montée en puissance de l’industrie aéronautique militaire turque.
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