À la fin des années 1920, la société Nieuport-Delage cherche à donner un successeur au Ni-D.42, l’un des principaux chasseurs de l’Aéronautique militaire française. Si ce dernier affiche de bonnes performances, son comportement en vol demeure perfectible. Les travaux des ingénieurs de Nieuport-Delage montrent qu’une augmentation des surfaces de l’empennage horizontal permettent d’améliorer sensiblement la stabilité de l’appareil. Gustave Delage décide alors de développer deux chasseurs autour de ces évolutions. Le Ni-D.52 doté d’une structure entièrement métallique sera le premier, et le Ni-D.62 qui conserve une construction mixte sera le second.
Le prototype du Ni-D.52 effectua son premier vol en 1927. Si l’appareil reprend la formule sesquiplan caractéristique des chasseurs Nieuport-Delage, sa conception marque une évolution importante pour le constructeur du fait de l’apparition d’une structure monocoque en alliage léger. Quant aux éléments de la voilure auparavant réalisés en bois sont remplacés par des structures métalliques. Le plan inférieur est réduit par rapport à celui du Ni-D.42, tandis que l’empennage horizontal est agrandi afin d’améliorer le comportement de l’avion. Le choix d’une construction métallique permet d’obtenir une cellule plus moderne et mieux adaptée aux méthodes de production aéronautique qui se développent alors, même si l’aspect général de l’appareil trahis un concept ancien réactualisé.
Pour la motorisation, Nieuport-Delage conserve le Hispano-Suiza 12Hb de 500 chevaux. Ce moteur V12 refroidi par liquide entraîne une hélice bipale et reçoit, sur le prototype, deux radiateurs Lamblin disposés sur les jambes du train d’atterrissage. L’armement se compose de deux mitrailleuses de 7,7 mm installées dans le nez et synchronisées avec le pas de l’hélice. Le Ni-D.52 atteint théoriquement 260 km/h et dispose d’un plafond opérationnel d’environ 8 200 mètres pour une autonomie de l’ordre de 400 kilomètres.
Malgré cette évolution technique, l’Aéronautique militaire française lui préfère finalement le Ni-D.62, moins coûteux à produire. Le Ni-D.52 ne connaît donc pas la carrière française de son proche parent. Il trouve en revanche rapidement un débouché en Espagne, où les autorités s’intéressent à ce nouvel appareil de la société française de laquelle ils sont déjà client. Ils obtiennent une licence de production et la fabrication est confiée à Hispano-Suiza dans son usine de Guadalajara, donnant naissance à l’Hispano-Nieuport, nom sous lequel l’appareil est généralement désigné en Espagne.
Les premiers exemplaires sont assemblés à partir d’éléments proviennent de l’hexagone avant que la production ne soit progressivement transférée à Guadalajara. Les appareils espagnols se distinguent notamment du prototype français par leurs radiateurs Corominas installés sous le moteur. Au total, 125 Ni-D.52 sont produits en Espagne.
Entré en service à partir de 1929, l’Hispano-Nieuport devient durant les années 1930 le principal chasseurs de l’Aéronautique militaire espagnole. Il équipe notamment les groupes de chasse 11 à Getafe et 13 au Prat de Llobregat, tandis que le Grupo 12 est également associé au type. Sur le papier, le Ni-D.52 constitue un chasseur moderne lors de son apparition. En pratique, les exemplaires espagnols sont jugés lourds et peu manœuvrant et leur vitesse maximale est de seulement 225 km/h selon les pilotes espagnols. Les accidents contribuent également à réduire progressivement les effectifs disponibles.
Lorsque la guerre civile espagnole éclate en juillet 1936, le Ni-D.52 est donc déjà un chasseur dépassé, mais il constitue encore l’un des principaux appareils de chasse disponibles dans le pays. Les appareils sont rapidement entraînés dans le conflit qui oppose désormais les forces restées fidèles au gouvernement aux militaires insurgés. Les effectifs disponibles sont cependant très inférieurs aux dotations théoriques, et les sources font état d’environ une cinquantaine d’appareils encore présents en juillet 1936. Le Ni-D.52 connaît son premier combat aérien dès les premières semaines de la guerre. Trois appareils du Grupo 11 rencontrent trois Breguet XIX appartenant aux forces insurgées. L’affrontement se solde par la perte d’un appareil de chaque camp.
La situation évolue rapidement avec l’arrivée des premiers renforts étrangers. Les nationalistes bénéficient notamment de l’arrivée des Heinkel He 51 allemands et des Fiat CR.32 italiens, tandis que la République reçoit de l’Union soviétique des Polikarpov I-15 et I-16. Ces chasseurs, beaucoup plus modernes, disposent de performances et de capacités de combat qui relèguent progressivement le vieil Hispano-Nieuport au second plan. Des Ni-D.52 des deux camps peuvent encore se retrouver face à face durant les premiers mois du conflit, mais l’avion ne peut durablement rivaliser avec les nouveaux chasseurs engagés en Espagne. À la fin de l’année 1936, l’Hispano-Nieuport est largement relégué aux missions secondaires et à l’instruction. Quelques appareils continuent malgré tout d’être employés au combat, notamment lorsque les circonstances l’exigent.
La carrière du Ni-D.52 est donc assez singulière. Conçu en France comme la version entièrement métallique d’une nouvelle génération de chasseurs Nieuport-Delage, il est finalement délaissé par l’Aéronautique militaire française. Produit sous licence en Espagne, il devient l’un des principaux chasseurs de l’Aéronautique militaire espagnole avant de connaître le feu durant la guerre civile. Il a alors la particularité de combattre dans les deux camps, parfois même contre des appareils du même type, avant d’être rapidement dépassé par les chasseurs fournis aux belligérants par l’Allemagne, l’Italie et l’Union soviétique.
Hormis l’Espagne, le Ni-D.52 ne connaît pas d’autre véritable utilisateur étranger. Son dérivé pour l’export export, Ni-D.72, est toutefois exporté en petites quantités vers la Belgique, la Roumanie et le Brésil, sans qu’aucune de ces évaluations ou livraisons ne débouche sur une importante commande en série.
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