Et si finalement l’Indian Air Force s’orientait bien vers 126 Dassault Rafale...

Et si finalement l’Indian Air Force s’orientait bien vers 126 Dassault Rafale ?

Le feuilleton franco-indien autour du Dassault Rafale n’en finit pas de rebondir. Fort de ses non-dits, de ses annonces, et de ses bruits de couloirs il est devenu un véritable enjeu entre les deux puissances. Dernière rumeur en date, celle relayée depuis ce jeudi 10 mars 2016 par la presse aussi bien francophone qu’anglophone : le ministère indien de la défense et Dassault Aviation seraient tombés d’accord sur la vente de 36 avions de combat construits en France et 90 assemblés localement par l’industrie indienne. Cette rumeur est-elle crédible ?

Au risque de surprendre je dirais que oui. Non seulement on en revient au chiffre de 126 avions, initialement voulu par le programme MMRCA, mais en plus les Indiens ont su accepter certaines des réticences françaises tandis que Paris et Dassault Aviation semblent avoir acté la volonté indienne de transfert de technologie.
Sans compter que l’avionneur clodoaldien a certainement vu d’un très mauvais œil la charge de l’industrie aéronautique russe contre le biréacteur omnirôle français.

Un des autres facteurs qui semble accréditer cette rumeur vient d’Eric Trappier lui-même. Pour une fois le patron de l’avionneur français ne dément pas, mais en plus se permet même de répondre plutôt positivement à la presse.

Moscou a cherché (et cherche encore) par tous les moyens à placer son Sukhoi Su-30, pourtant notablement connu comme inférieur qualitativement au Rafale vis-à-vis des exigences de l’Inde. Un avion inférieur également en prix, un argument qui ne semble jamais avoir convaincu à New Delhi.

Alors certes ce n’est pas notre premier article sur le sujet, et sûrement pas le dernier, mais il faut bien remarquer que la rumeur est suffisamment insistante pour être reprise un peu partout sur des sites parmi les plus sérieux de la toile. Il nous semblait donc important nous aussi de vous en informer.

Photo © Armée de l’Air.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

19 COMMENTAIRES

  1. L’évolution principale résiderait dans le fait que, pour respecter le « made in India » des 90 rafales supplémentaires, l’Inde n’imposerait plus ses fournisseurs à Dassault.
    L’avionneur aurait désormais le choix de ses sous-traitants indiens, ce qui lui permettra d’autre part, d’accéder à la demande indienne, de prendre l’entière responsabilité de la fabrication des appareils.
    Eric Trappier semble en effet relativement confiant sur ce dossier.

  2. Le risque n’est il pas que les indiens copient le Rafale? Ou alors est ce que Dassault garde la possibilité d’avoir un oeil sur la production indienne?

  3. Copier le Rafale? De toutes les façons le Rafale est, malgré ses indéniables qualités, à court terme, un « has been » vu que les avionneurs français et anglais travaillent déjà sur son remplaçant. Entre temps l’avionneur St Cloud étudie une évolution de l’ appareil pour le rendre encore plus furtif et performant . En résumé, même s’il est copié, ce sera celle d’une variant dépassée, le temps que les indiens réussissent à le mettre au point, et c’est pas gagné!!!. Pareils avec l’A320 en Chine. Le « Néo » est bien en avance sur le modèle construit sous licence par les chinois.

  4. Bonjour Arnaud.
    Oui je crois qu’il est bon de relayer cette info car, si le feuilleton n’est pas terminé, effectivement Éric Trappier, habituellement très discret, semblait plus enthousiaste dans les médias quand a la réalisation de ce ( ces ) contrat(s).
    Il semblerait que la réalité s’impose enfin aux Indiens quand à leurs exigences disproportionnées.
    Et Dassault y trouve apparemment son compte également.
    Bref si cela se concrétise bien, de bonnes nouvelles pour l’emploi chez nous et pour ce bel ( et formidable ) appareil.

  5. Que le feuilleton est long…
    Petit rappel historique quand même, le contrat des mirages 2000 étaient assez semblable au départ.
    Une partie de la commande devait être faite en France et une plus grosse en Inde.
    Seulement le contrat s’était avéré trop couteux pour l’Inde qui a fini par annulé la partie « make in india », une fois les mirage 2000 français reçus.

    Maintenant il faut regarder si les Indiens seront capables concurrencer d’assault dans 10 à 30 ans. Ils pourront copier le rafale mais pourront-ils lui donner un successeur ? Le Rafale est « fini » les ingénieurs indiens auront un retour d’expérience très faible, sur t50 les russes ne laissent pas grand chose aux ingénieurs indiens, reste le Tejas… Ils pourront copier le rafale mais pourront-ils lui donner un successeur ?

    • Pour les 2000 indiens, ils ne les ont pas fabriqués mais pour leur rénovation en -5, cela se fait chez eux à partir du 3ème rénové
      Concernant le copiage, l’essentiel ce n’est pas de reproduire à l’exact mais de comprendre le pourquoi et le comment de la chose et de maîtriser les méthodes de R&D, la fabrication et l’industrialisation. Cela ne peut s’acquiert avec beaucoup de temps. La copie permet de gagner un peu de temps c’est tout

      • Je disais donc les mirages 2000 dans les années devaient être en parti construit en Inde. Mais toujours dans les années 80 l’Inde a abandonné la production indienne avant meme qu’elle ne commence. Je parle bien de produire en 80 pas de la modernisation qui a lieu en ce moment.
        Pour le reste on dit la même chose. Je dois avouer que c’est mieux explicité de votre part 😉

  6. Merci pour l’info.
    On a tellement l’impression de vivre un épisode de « Tanguy et Laverdure vendent le Rafale à l’Inde ».
    Se dire que ce contrat ne sera peut-être pas l’arlésienne de l’appel d’offre indien soulage.
    Wait & see . . .

    • C’est aussi la preuve qu’un contrat d’avion de combat n’est jamais simple. Après tout les gens de chez Dassault Aviation et du ministère de la défense ne vendent pas des Clio aux Indiens, il est normal que ce contrat prenne un peu de temps. Un peu hein ?

  7. Une fourberie de dernière minute ne m’étonnerais pas histoire de gratter encore et toujours, heureusement grâce aux autres ventes export (Égypte, Qatar) Dassault a moin le couteau sous la gorge pour négocier cette vente interminable qui je l’espère ne se fera pas à n’importe quel prix( ex: char Leclair). Et chapeau à la patience des commerciaux en charge du dossier INDE

    • Les commerciaux de Dassault Aviation mais aussi les personnels du cabinet du ministre de la défense, qui dans l’ombre mènent depuis près de quatre années ces âpres négociations. Eux aussi méritent le respect, au-delà de toute sympathie (ou antipathie) idéologique ou politique.

    • Une fourberie ?! il n’y a aucune fourberie, l’Inde est un grand pays qui a énormément besoin d’argent pour nourrir et employer sa formidable population…alors qu’ils cherchent a acheter des avions le moins cher possible est tout à leur honneur quand des millions de trés trés pauvres auraient plutot besoin de cet argent qui va finir dans d’autres poches. et pour ce qui est de copier le Rafale c’est aussi la moindre des choses vu que le transfert de technologie est le synonyme contractuel de « copiage ».

  8. Ce qui serait aussi vraiment chouette : des Rafales Marine sur les ponts des porte-avions indiens 🙂 et qui sait, un design de porte-avions en commun pour sceller le partenariat stratégique entre nos deux pays.
    Même si c’est assez compliqué à mettre en oeuvre, il existe une occasion historique pour un design commun à trois puissances : le France, le Brésil et l’Inde.
    Certaines spécificités sont assez proches.

  9. Sauf que pour l’idée d’un porte avion a 3, a mon avis c’est quelque chose qui n’arrivera jamais
    Quand on voit la situation financière du Brésil, a mon avis ils ont d’autre chose a penser que de construire un porte avion.
    Quand a l’Inde pourra t’elle et voudra t’elle construire un porte avion?
    Quand on voit les difficultés qu’ils ont a construire un porte aéronef avec tremplin, c’est pas gagné pour un porte avion…

  10. C’est sur que la conjoncture actuelle n’es pas favorable, mais les conjoncture changent assez vite, là où un système d’armes tel qu’un porte-avions est conçu pour 50 ans.
    Peut-être qu’en se mettant à 3 puissances déjà utilisatrices (pour 2 d’entres elles) de PA CATOBAR, avec des intérêts convergents en terme de sécurité globale, il y aurait moyen d’étaler les frais et répartir les risques sur une série de trois à cinq, voire six coques, avec le double de catapultes magnétiques (qui est l »élément dimensionnant de l’ensemble du système puisqu’il conditionne la taille des aéronefs, les charges de catapultage).
    Ce sont probablement des options à étudier au cours de la prochaine décennie.

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