Est-ce un signe de la modernisation progressive des moyens hélicoptères de l’aviation russe ou d’une réorientation tactique ? Depuis maintenant plusieurs mois les différents exercices menés par la Russie tendent à démontrer une utilisation plus grande des Kamov Ka-52 Hokum-B au détriment des autres machines, souvent de plus ancienne génération. Et cette tendance se généralise aussi bien au manœuvres unilatérales russes qu’à celles faisant appel à des alliés de Moscou comme récemment l’Algérie, La Biélorussie, ou encore la Serbie. Dans le même temps les livraisons d’hélicoptères de combat de ce genre s’accélèrent.

Pourtant sur le papier le Kamov Ka-52 Hokum-B n’est pas le seul hélicoptère de combat dans les rangs des forces russes, ce n’est même pas le principal en terme de nombre. Celles-ci alignent plus de 330 Mil Mi-24/Mi-35 Hind dont certains datent de l’ère soviétique contre «seulement» 152 Ka-52. Plusieurs de ces derniers sont en attente de livraison, ayant pris un retard certain en raison de la crise du Covid-19.
C’est à l’horizon 2025 que la Russie devrait disposer de la totalité de ses Hokum-B, soit près de 200 machines. Dans le même temps de nombreux Mi-24 Hind datant souvent des années 1970-1980 auront quitté le service. Pour autant le Kamov Ka-52 ne sera toujours pas le principal hélicoptère de combat en Russie, le Mil Mi-28NM Havoc l’en empêchant.
À terme la Russie alignera donc 190 Ka-52 et 230 Mi-28.

Mais alors pourquoi une telle représentation du Ka-52 Hokum-B dans les exercices depuis un certain temps ? La modernisation progressive ne peut pas tout expliquer car auquel cas les Mil Mi-28 Havoc devraient eux aussi être particulièrement présents. Il s’agit donc sans doute avant tout d’une volonté tactique.
En fait plus le temps passe et plus la Russie semble, à l’instar de l’OTAN, revenir sur la doctrine de la guerre de haute intensité.

Dans cette optique le Kamov Ka-52 Hokum-B pourrait jouer le rôle de premier plan. Ce qui au final n’a rien de surprenant puisqu’il dérive du monoplace Ka-50 Hokum dont la conception doctrinale remonte à la fin des années 1970. À cette époque feue l’URSS pensait utiliser ce type de machine afin de traquer et de débusquer les régiments de blindés de l’alliance Atlantique autant que leurs hélicoptères de combat et d’accompagnement. Quarante ans plus tard la doctrine revenant sur le devant de la scène il est logique que le Ka-52 Hokum-B soit affecté à ce rôle.
Quid alors des Mil Mi-24/Mi-35 Hind et des Mi-28 Havoc ? À eux sans doute la guerre asymétrique qui demeure d’actualité.

Les récents exercices menés par la Russie avec des détachements algériens, biélorusses, pakistanais, ou encore serbes ont démontré que les Ka-52 Hokum-B étaient fréquemment employés dans de tels scénarii. Mieux même il semble que désormais le champ de bataille de prédilection de ces hélicoptères soit… la nuit. Ça ne va pas arranger pour avoir de belles photos.
Au final il semble donc avéré que les choses bougent au sein de l’état-major russe. Les déploiements en Crimée (ukrainienne rappelons-le !) ou en Syrie ont sans doute terminé de convaincre les stratèges moscovites.

Photos © ministère russe de la défense.

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