C’est un des grands chantiers à venir au sein de la Royal Air Force. Un groupe de travail a été formé pour réfléchir à l’avenir des six Boeing E-3D Sentry acquis au printemps 1987 encore en état de vol : remise à niveau et modernisation en profondeur ou bien remplacement pur et simple. Les deux solutions ont outre-Manche leurs défenseurs et leurs détracteurs.

Pour mémoire lorsque la RAF reçut ses Boeing Sentry AEW Mk-1 en 1990 elle était la seule force aérienne de l’OTAN avec l’US Air Force et l’Armée de l’Air à posséder ses propres avions de détection aéroportée. Les autres devaient encore se reposer exclusivement sur les E-3A appartenant à l’organisation atlantiste.
Aujourd’hui la donne a quelque peu changé avec l’apparition de nouvelles plateformes plus récentes et souvent moins lourdes d’entretien et de mise en œuvre.

En fait c’est surtout l’attrition qui risque d’avoir raison de la flotte d’AWACS britanniques. Sur les sept machines achetées à l’origine une n’est déjà plus en état de vol depuis plusieurs mois. Elle est remisée dans un hangar de la base anglaise de RAF Waddington où les mécaniciens se servent désormais de ses pièces comme stock de rechange: quand la cannibalisation commence, la fin de vie de l’avion est souvent proche.

D’où la formation de ce groupe de travail et les réflexions qui en ressortent. Dans le camp des défenseurs de la modernisation et de la remise à niveau des avions figurent des militaires britanniques mais aussi des ingénieurs qui ont pu approcher les Boeing E-3F de l’Armée de l’Air sans cesse remis au goût du jour. À la différence de la Royal Air Force l’Armée de l’Air a en effet largement anticipé le vieillissement de la cellule de ses avions mais surtout de leur avionique. Pour une fois qu’en France on anticipe un tout petit peu sur l’avenir sans attendre bêtement d’être mis devant le fait accompli comme dans le cas des Boeing C-135FR usés jusqu’à la corde. Une possibilité de travailler donc dans la même approche que leurs homologues français qui est loin de faire l’unanimité au Royaume Uni, non pas par une quelconque francophobie bien souvent beaucoup plus fantasmée que réelle mais bel et bien par une volonté de changement.

Or celui-ci passe par la sélection de la part de la Royal Air Force d’un successeur… qui reste encore à désigner. Et là les postulants ne se bousculent pas au portillon. Bien entendu on serait en droit de se dire qu’Airbus et Boeing seraient sur les rangs afin de proposer un avion qui n’existe pas encore mais qu’il serait envisageable de développer sur la base de l’A330 voire de l’A350 d’une part et du 777 ou du 787 Dreamliner de l’autre. Sauf que là on est clairement dans la plus totale science-fiction.
Reste alors les avions existants actuellement sur le marché comme le Boeing E-7 Wedgetail en service en Australie, en Corée du sud, et en Turquie ou encore le Boeing E-767 utilisé exclusivement par le Japon. Même s’ils sont plus récents que les Boeing E-3D Sentry à remplacer ce ne sont plus vraiment des machines parmi les plus récentes notamment pour la seconde.
Mais alors et chez Airbus Defense & Space ? Bah.. rien ! L’avionneur européen n’a jamais été fichu de mener à bien le moindre programme d’AWACS.

Ensuite il existe bien des machines plus compactes comme l’Embraer E-99 en service au Brésil, en Grèce, en Inde, et au Mexique mais jugé souvent comme bien trop léger pour une force aérienne aussi puissante que la RAF. Même constat pour le Gulfstream G550CAEW tout aussi moderne ou encore le très rustique mais sans cesse remis au goût du jour Northrop-Grumman E-2D Hawkeye.
Et bien sûr ne parlons pas des avions chinois et russes par définition hors-jeu, et pas uniquement pour des raisons politiques et/ou diplomatiques !

Au final les deux solutions ont donc leurs avantages et leurs défauts. Mais une chose est sûre : d’ici à ce que les généraux et décideurs britanniques choisissent une voie il se sera passé quelques années. Et les Boeing Sentry AEW Mk-1 continueront de vieillir inlassablement.

Photo © UK Ministry of Defense.

2 COMMENTAIRES

  1. Le problème va se répercuter un jour aussi pour l’armée de l’air, l’USAF et l’OTAN car même s’ils sont bien entretenus, il faudra forcément les remplacer un jour ou l’autre. Et je vois mal un avion de la taille d’un gulfstream participer à une opération comme hamilton en avril. Comme vous dites, il faudrait une base d’A330 ou 350 mais fabriqués à faible exemplaires ils auront un coût exorbitant.

  2. Soit ils les modernises en profondeur soit ils demandent à Airbus d’accélérer la demande indienne d’AWACS sur base d’A330 en faisant une coopération avec eux ou du moins commance le financement. Sachant que les français et ricain passeront aussi par cette avion à un moment donnée. Sauf si les ricains nous font le même coups que pour les MRTT en créant leurs propre AWACS pour ne pas prendre européen.

    http://www.air-cosmos.com/l-inde-choisit-l-a330-comme-plateforme-awacs-31845

    http://idrw.org/airbus-a330-selected-for-awacs-india-programme/

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