Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’

Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’


Fiche descriptive

Appareil : Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’
Constructeur : Mitsubishi Jukogyo K. K.
Désignation : Ki-51
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Sonia
Variante :
Mise en service : 1940
Pays d'origine : Japon
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardement en piqué, bombardement léger, kamikaze, maintien de l'ordre.

Histoire

Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’ :
l'avion d'attaque en Birmanie

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’aviation impériale japonaise fit un usage intensif des bombardiers légers monomoteurs. Ces avions étaient alors utilisés aussi bien pour des missions de pilonnage intensif des positions ennemies que pour l’appui rapproché des troupes au sol. Le Ki-51 fut développé suite à un cahier des charges de l’état-major japonais datant de 1937.

Le Mitsubishi Ki-51 se présentait sous la forme d’un monoplan à aile basse cantilever disposant d’un train d’atterrissage fixe caréné. Le cockpit biplace en tandem n’était pas totalement clos. La place arrière, qui renfermait une mitrailleuse mobile type 89 de 7.7 mm de calibre, était en partie à l’air libre. Le reste de l’armement fixe se composait de deux mitrailleuses type 97 du même calibre en position de chasse.

A la différence de beaucoup de bombardiers légers de ce constructeur, le Ki-51 emportait sa charge offensive sur des points externes de voilure et de fuselage, à concurrence de 200 kg. L’appareil était propulsé par un moteur en étoile Mitsubishi Ha-26-II d’une puissance de 940 chevaux. L’appareil d’allure assez moderne faisait appel à une construction mixte en bois entoilé et métal. Des volets spéciaux lui donnaient de bonnes capacités de bombardement en piqué, même si cette solution ne fut que peu appliquée par les pilotes. Le prototype effectua son premier vol en juin 1939.

Les essais en vol durèrent six mois et furent menés par onze avions de présérie, dont trois assemblés par l’avionneur Tachikawa qui se différenciait par leurs mitrailleuses fixe type Ho-103 d’un calibre de 12.7mm en lieu et place des type 97. Cette différence se retrouva par la suite sur l’ensemble des Ki-51 construits par Tachikawa, soit environ un tiers de la production totale. Une fois ses essais en vol terminés, le Ki-51 avait été revu pour lui permettre de remplir des missions d’attaque à basse altitude et de reconnaissance armée.

Entrés en service début 1940, les Ki-51 furent dans un premier temps employés dans le Pacifique et dans l’Océan Indien pour appuyer les troupes d’invasion. Juste après la prise de Nankin en mars 1940, plusieurs dizaines de Ki-51 y furent envoyés. C’est ainsi que commença, la guerre en Chine pour ce monomoteur, un théâtre d’opération qu’il ne quittera que cinq ans et demi plus tard, avec la fin des hostilités.

A partir de janvier 1942, les Ki-51 furent massivement utilisés pour renforcer l’effort impérialiste nippon, notamment en Malaisie et aux Philippines. Sous escortes de chasseurs, les bombardiers monomoteurs n’hésitaient pas à attaquer les navires alliés isolés.

Toutefois, les Ki-51 vont réellement découvrir leur infériorité technologique le 1er février 1942, lorsque l’US Navy attaqua les îles Gilbert et Marshall, alors détenues par le Japon. Les Grumman F4F et Brewster F2A américains, bien que théoriquement dépassés, firent un véritable carton sur les rares avions japonais qui eurent le temps de prendre l’air. De nombreux Ki-51 furent perdus à ce moment là. Après cette opération, il devint évident pour Tokyo que ce monomoteur était trop fragile pour s’opposer aux avions de chasse américains. Ils furent donc concentrés sur d’autres champs de batailles. En Chine bien sûr mais aussi en Birmanie.

Une semaine après son attaque sur Pearl Harbour, le Japon avait lancé ses troupes sur la Birmanie, alors protégée par les Britanniques. A ce moment du conflit, les Ki-51 étaient utilisés pour contrer la guérilla birmane pro-alliée et les fameux Chindits, ces soldats mi-birmans mi-britanniques qui se battaient au cœur de la jungle. Les Ki-51 ne rencontraient alors que peu de résistance dans le ciel, la Royal Air Force étant quasiment absente et les Américains n’ayant pas vraiment de chasseurs dans la région. Pour preuve les bombardiers léger nippons opéraient en Birmanie sans chasseurs d’escorte.

En Chine, il en fut relativement de même et les Ki-51 furent employés pour des missions de pilonnage et d’appui rapproché. Mais là encore, ils firent preuve d’une infériorité certaine lorsqu’ils rencontraient des appareils alliés, notamment aux confins de l’Inde.

Vers la fin du conflit, il semble bien qu’une trentaine de Ki-51 furent utilisés dans des attaques suicides de type kamikazes. On ne sait pas trop si les Ki-51 eurent réellement un impact significatif dans ces opérations, mais l’état-major japonais retira rapidement ces monomoteurs de ces vols sans retour.

La fin du conflit en août 1945 ne signifia pas pour autant la fin de carrière du Ki-51. En effet, l’aviation militaire de la Chine communiste utilisa une centaine de ces avions, saisis sur son territoire, jusqu’en 1953. Ces machines remplirent principalement des missions de lutte anti-guérilla et d’appui tactique rapproché. Lorsque le Japon se retira d’Indochine, il y laissa également quelques Ki-51 dont une demi-douzaine ont été utilisé par l’Armée de l’Air au sein de l’EPS-99 (Escadron de Police et de Sécurité n° 99) une unité chargée de maintenir la domination coloniale française dans cette partie de l’Asie. Les Français n’ont conservé ces machines que deux ans, les remplaçant par des Avro Anson bimoteurs.

Plus surprenante fut l’utilisation d’une quinzaine de ces avions par les rebelles anti-colonialistes indonésiens, lors de la guerre d’indépendance contre les Pays-Bas. Stationnés à Bugis sur l’île indépendantiste de Malang quelques Ki-51 volèrent jusqu’en 1949, année de la création de l’Indonésie, jusque là connue sous le nom d’Indes Néerlandaises.

Appareil d’attaque au sol assez moyen, le Ki-51 se révéla franchement dangereux pour ses pilotes et équipages lorsqu’ils avaient le malheur de rencontrer des chasseurs alliés. Malgré les carences de l’avion, il fut construit à 2 385 exemplaires, prototype et appareils de présérie compris. Souvent confondus avec le Mitsubishi Ki-30 Ann, le Ki-51 fut désigné Sonia par les Alliés.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Mitsubishi Ki-51 Sonia
Envergure : 12.10 m
Longueur : 9.20 m
Hauteur : 2.73 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Mitsubishi Ha-26-II
Puissance totale : 1 x 940 ch.
Armement : 2 mitrailleuses de 7.7mm en position de chasse
1 mitrailleuse de 7.7mm en position dorsale mobile
200 kg de bombes
Charge utile :
Poids en charge : 2920 kg
Vitesse max. : 425 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 8250 m
Distance max. : 1000 Km à charge maximale.
Equipage : 2
[...] Passez dans le comparateur...

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’

Profil Couleur

Profil couleur du Mitsubishi Ki-51 ‘Sonia’

Vidéo

Ki-51 en mission

A voir également

0
Le B-24 fut le bombardier le plus construit lors de la seconde guerre mondiale (également plus que tout autre appareil américain) avec plus de...

0
Durant l'entre deux guerres l'US Navy fit voler plusieurs types différents de bombardiers, du plus léger au plus lourd, certains destinés à des missions...

0
En 1929, la société Martin se lança sur fonds propres dans le développement d'un bombardier monoplan de nouvelle génération très ambitieux. Connu sous la...
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.