Histoire des missiles air-air

Histoire des missiles air-air

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kramer X-4

Dans toute la première partie de l’histoire de l’aviation, les pilotes s’entretuérent quasi-exclusivement avec des mitrailleuses qui furent, par la suite, rejointes par des canons automatiques (une mitrailleuse de calibre supérieur et pouvant tirer des munitions explosives). Ce type d’arme nécessite que vous fonciez droit vers votre cible et que vous tiriez à très courte distance (quelque centaines de mètres maximum). Le manque de précision chronique est compensé par le grand nombre de munitions tirées.

Ces défauts deviennent intolérables pour la chasse allemande lorsque d’immenses formations de bombardiers, hérissés de mitrailleuses et escortés par une nuée de chasseurs, survolaient leurs pays. Il devient rapidement impossible à un avion à hélice de se mettre en position de tir. Parmi les nombreux projets développés pour enrayer ces raids, on retrouve les missiles Henschel Hs-298 et Kramer X4. Ils avaient pour point commun d’être contrôlés par le pilote de l’avion tireur grâce à une sorte de joystick dont les informations étaient transmises soit par un câble reliant l’avion et le missile (missile filoguidé), soit par un système radio (missile radioguidé), ce qui permettait au chasseur de rester à une distance de sécurité. Mais au final aucun des deux projets ne fut 100% opérationnel avant la fin de la guerre.

kramer X-4
Kramer X-4

Par contre, le chasseur à réaction allemand Me 262 impressionna le monde entier, et avant même la fin de la guerre de nombreux projets étaient lancés voire opérationnels dans différents pays. Même si les premiers représentants de cette nouvelle race d’avion de chasse étaient équipés de canons, voire de mitrailleuses aux Etats-Unis, l’augmentation de la vitesse rendait ces armes de moins en moins efficaces. Le missile, qui n’avait jamais vraiment quitté les bureaux d’étude à cause de la menace des bombardiers, trouva un véritable intérêt.

le F-86 sabre exemple des premiers avion a reaction equiper de mitrailleuse
F-86 sabre exemple des premiers avion a reaction equiper de mitrailleuse

A part quelques exceptions comme les premières générations du Kaliningrad K-5 (AA-1 Akali selon  la désignation de l’OTAN) ou l’AA20 français, le radioguidage fut abandonné au profit de systèmes de guidage reposant sur deux avancées de la Seconde Guerre mondiale. Le radar qui servait à l’origine uniquement à repérer l’ennemi allait permettre de l’abattre grâce au guidage radar semi-actif qui dans la dénomination OTAN est nommé FOX-1. Il remonte les échos radar qui se réfléchissent sur l’avion ennemi. De son coté, le réacteur qui a permis d’accélérer les avions de chasse allait les transformer en cibles pour les missiles à guidage infrarouge FOX-2 qui traquent les sources de chaleur.

Kaliningrad K-5
Kaliningrad K-5

Les deux systèmes furent montés sur différentes versions de l’AIM-4 Falcon américain qui entra en service à partir de 1956. Mais il n’était pas assez manœuvrant pour devenir un bon tueur de chasseur et n’avait pas la portée suffisante pour être un bon chasseur de bombardier. Il fut donc rapidement remplacé par des missiles plus spécialisés.

deux AIM-4 falcon , on peut voir aussi sous l'avion en blanc , la version a tête nucleaire l'AIM-26.
Deux AIM-4 falcon, et en blanc, la version à tête nucléaire l’AIM-26.

Le premier d’entre eux fut l’AIM-9 sidewinder qui entra en service dans l’US Navy en 1956, mais des dissensions entre amiraux et généraux en priva l’USAF pour un certain temps. L’AIM-9 est un FOX-2 qui, malgré des défauts de jeunesse, se révéla être un excellent missile de combat rapproché. Il fut même le premier missile à détruire un avion au combat en abattant un MiG-15 Fagot chinois le 24 septembre 1958, près de Taïwan. Il est encore en service dans de nombreux pays, et la dernière version en date, l’AIM-9X vient juste d’entrer en production.

AIM-9 sur une aile repliée de F-18
AIM-9 sur une aile repliée de F-18

L’AIM-7 sparrow était pour sa part un FOX-1 plutôt spécialisé dans la destruction de bombardier ou la destruction de chasseur à distance moyenne (de 15 à 50km). En plus du manque de fiabilité chronique commun à tous les missiles de cette époque, son mode de guidage souffrait de défauts qui ne put être solutionné sans une refonte totale du système. Malgré cela, le Sparrow se retrouve encore dans de nombreux dépôts de munitions.

Pour pallier à ces défauts propres au FOX-1, furent développés les missiles a guidage radar actif FOX-3, même si le AIM-54 Phoenix date de 1974, la référence de ce nouveau mode de guidage fut l’AIM-120 AMRAAM qui apparut au début des années 90.

Un AIM-120, en gris, accompagné par quatre GBU-39 orange, dans la soute d'un F-22 raptor
Un AIM-120, en gris, accompagné par quatre GBU-39 orange, dans la soute d’un F-22 raptor

Et les autres pays me direz-vous. Ils se sont généralement contentés de suivre le rythme. A part l’échec du K-5, la Russie commença par développer le K-13 (AA-2 Atoll) qui fut une pâle copie de l’AIM-9. Puis, en 1983, un excellent missile moyenne portée R-27 (AA-10 Alamo) qui possédait des versions FOX-1 et FOX-2. Après plusieurs essais, apparu le R-73 (AA-11 Archer) qui de l’avis de nombreux spécialistes serait supérieur à l’AIM-9. Les russes développent aussi des missiles longue portée pouvant atteindre des cibles à plus de 300 km pour abattre les AWACS américains. En 1994, apparu la réponse russe à l’AIM-120, le R-77 (AA-12 Adder) qui surpasse son modèle dans de nombreux domaines.

un R-27R (version fox1) au premier plan et un R-27T (version fox2) juste derrier.
un R-27R (version fox1) au premier plan et un R-27T (version fox2) juste derrier.

De sont coté la France développa le MICA qu’on peut retrouver en version FOX-1 ou FOX-2, et ayant la particularité d’être aussi efficace à courte qu’à moyenne portée. L’avenir sera peut-être au missile à statoréacteur comme le très prometteur Meteor européen qui est actuellement en cours de test.

MICA-EM sur un rafale
MICA-EM sur un Rafale

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Thibaut
Je tien d’abords a remercie mes amis du forum (ou je réponds au pseudo de phenix) qui m’ont aidé dans mes rédactions. Pour ma part, ma passion de aviation (surtout les appareils de combat moderne) ma poussé à quitter l’Ardèche pour une entrer dans une école d’ingénieure aéronautique a Toulouse.