Les trésors cachés du Musée de l’Air et de l’Espace

Pour leur édition 2009, les Journées Européennes du Patrimoine avaient encore réservé une belle surprise aux Franciliens et plus largement aux différents passionnés d’aviation : l’ouverture gratuite des Réserves et Ateliers du Musée de l’Air et de l’Espace.

Lockheed P2V Neptune - Journées du Patrimoine 2009Le musée lui même participait directement à l’opération sur son site principal par divers activités. Des conférenciers aidaient à la visite, et notamment de l’exceptionnelle salle des maquettes qui étaient ouverte avec ses modèles réduits retraçant l’aventure aérienne et spatiale des Frères Montgolfier jusqu’à la navette spatiale américaine. Sur un tarmac éclairé par le soleil du dimanche matin le visiteur (re)découvrait les maquettes à l’échelle 1/1 des fusées européennes Ariane I et Ariane V, mais aussi l’avion de ligne Boeing 747, les chasseurs soviétiques Mikoyan-Gurevitch MiG-21 Fishbed et MiG-23 Flogger, l’avion de patrouille maritime Breguet Atlantic, ou encore le magnifique bombardier d’eau Canadair CL-215 dans sa livrée jaune de la Sécurité Civile française. Un peu à l’écart l’ancien avion de ligne Dassault Mercure était quant à lui visitable avec l’aide d’animateurs très compétents.

Pour se rendre ensuite dans les ateliers et réserves du musée le visiteur avait le choix. Soit il reprenait son véhicule et parcourait les deux trois kilomètres par ses propres moyens, soit il utilisait la navette (gratuite) mise à sa disposition par les organisateurs. Et là, à l’arrivée on était en droit de se dire que le déplacement valait vraiment le coup. Si l’on excepte le pauvre remorqueur de transport de missile SSBN qui pourrit tranquillement à l’entrée, le reste ressemble vraiment à une caverne d’Ali Baba dans laquelle les 40 voleurs auraient entreposés un butin acquis auprès de l’aviation française.

Tout près du tarmac aménagé en parking on retrouvait quelques avions de légende : un triréacteur de ligne Boeing 727 en configuration fret aux couleurs du transporteur américain FedEx. A côté le Sarigue, ce Douglas DC-8 transformé par la France en avion espion, et sous son aile était visible un Armstrong-Withworth Meteor NF Mk-11, la version de chasse de nuit du célèbre biréacteur inventé par Gloster. Pas loin se trouvait également un des sept Breguet 941, un surprenant avion à décollage et atterrissage court. Tout près un hangar gris flambant neuf attirait l’œil.

A l’intérieur le Musée de l’Air et de l’Espace faisait remettre en état par des jeunes gens motivés un hydravion à coque Short Sandrigham, la version civile du Sunderland, dans le cadre de l’opération « Les ailes de la ville ». Dans ce même hangar le musée exposait une infime partie de sa très impressionnante collection de moteurs parmi lesquels on retrouvait l’Atar, le fameux réacteur de la famille des Mirage, ou encore un Daimler-Benz prélevé sur un Messerschmitt Bf-110 et appartenant au musée depuis 1972. En levant la tête le visiteur pouvait apercevoir sur une mezzanine un chasseur Nieuport NiD-29 sur lequel les ailes avaient été déposées.

Vought F8U Crusader - Journées du Patrimoine 2009En ressortant sur la droite un étonnant tarmac sur lequel étaient exposés quelques uns des avions qui ont marqués l’aventure aérienne des cinquante dernières années. Ainsi on retrouvait des chasseurs américain comme le Republic F-105G ou le Vought F8U Crusader, aussi appelé Crouze par les pilotes de notre marine qui eurent la chance de voler dessus, mais également un avion de patrouille maritime Lockheed P2V Neptune, un chasseur biréacteur Sud-Ouest Vautour, un Hawker Hunter aux couleurs de l’aviation suisse, un autre Meteor provenant cette fois ci du Centre d’Essais en Vol, un chasseur Saab Draken et un Lansen du même constructeur. Imposante malgré sa décrépitude la Caravelle, ce biréacteur de ligne français, vu sous les couleurs qu’elle portait quand elle transportait le Président de la République Charles de Gaulle. Au fond on apercevait un Constellation et un Douglas DC-6. On y trouvait aussi deux rutilants avions : le Dassault Super Mirage 4000 et le SEPECAT Jaguar E, la version biplace d’entraînement du célèbre avion d’attaque.

SEPECAT Jaguar E - Journées du Patrimoine 2009Un élégant et surprenant petit Nord N-3202 était aussi visible devant un hangar plein de surprises.
Celui ci, sorte de bric à brac faisant plus penser à un souk qu’à un musée national rassemblait divers aéronefs plus ou moins en état. Parmi eux on retrouvait trois avions de légende de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir un Junkers Ju-52, un Boeing B-17, et aussi un Casa 2-111, la version hispanique du célèbre Heinkel He-111 de la Luftwaffe. S’y trouvait aussi entreposés un avion de voltige CAP-10, des chasseurs à réaction De Havilland Vampire et Dassault Mirage III, un Fouga CM-175 Zéphyr c’est à dire la version navale du Magister de la Patrouille de France. Un Jaguar monoplace était là aussi. Plus surprenante était la cabine du Farman Goliath dans sa version civile de transport de passagers.

Dassault Rafale A - Journées du Patrimoine 2009Mais le hangar qui attirait toutes les attentions se trouvait juste à côté. Et pourquoi attirait-il les yeux ??? Peut être parce qu’à l’entrée on découvrait un magnifique oiseau blanc, le Dassault Rafale A, le précurseur de l’actuel avion de combat de l’Armée de l’Air et de la Marine Nationale. A côté un Douglas A-1 Skyraider avec lequel les animateurs bénévoles s’éclataient à faire plier et déplier les ailes. Impressionnant et surprenant. Tout aussi magnifique derrière le Rafale on apercevait le Douglas A-26 Invader, presque fini, avec sous son aile une légende absolue, l’Alouette III de la Sécurité Civile. Le fameux dragon rouge n’avait plus ses rotors, certainement faute de place. Sur le côté le surprenant Dassault Mirage F1B en cours de restauration sur lequel le radar de nez, les ailes, et le réacteur avaient été retirés accrochait tout de même le visiteur.

Douglas A-1 Skyraider - Journées du Patrimoine 2009Ensuite il fallait marcher environ 500 mètres, passant devant les innombrables caissons de transport pour moteurs, turbopropulseurs, et réacteurs avant d’atteindre les locaux des associations Mémorial Flight et surtout Ailes Anciennes du Bourget. Là les bénévoles travaillaient sur des avions aussi prestigieux que le prototype du Baroudeur, ou encore le  Heinkel He-162 Volkjager, tandis que de l’autre côté étaient visibles trois Noratlas dans un état souvent proche du zéro absolu. Ces avions nous donnant ainsi une belle leçon concernant la biodégradabilité des objets inanimés. L’un des bimoteurs français disposait d’un étrange radar de nez et de panneaux dayglo. Plus loin étaient visible un Dakota et un Beechcraft C-45.

Pour ne rien gâcher la météo était de notre côté en ce dimanche matin. Une visite que je conseille pour l’année prochaine à tous et à toutes et ce quelque soit l’âge.

 

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L’avis de notre reporter

J’ai aimé :

  • la disponibilité des bénévoles des Ailes Anciennes du Bourget et des Amis du Musée de l’Air et de l’Espace.
  • la richesse des collections présentées.
  • la mise en scène et la présentation des aéronefs.
  • le fléchage des réserves depuis le musée.

J’ai peu apprécié :

  • le cruel manque de légende dans la salle des maquettes.
  • le manque de banc ou de siège pour s’asseoir.

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