Beaucoup le prédisaient déjà dépassé technologiquement et trop fragile pour un théâtre d’opérations aussi exigent que la guerre contre Daech, visiblement ceux-là avaient une fois de plus tort. L’US Army a reconnu avoir engagé plusieurs hélicoptères de combat AH-64 Apache lors d’opérations d’appui nocturne dans le secteur de Mossoul en Irak. La reprise de cette ville du nord du pays tombée aux mains des djihadistes est désormais une des principales priorités de la coalition.

En fait pour être vraiment objectif l’AH-64 Apache est totalement dans son élément en Irak. Bien que conçu pour casser massivement du char soviétique en Europe centrale, c’est bien dans les sables irakiens qu’il s’est révélé. D’abord en 1990-1991 quand il s’est agit de libérer le Koweït envahi par les armées de Saddam Hussein puis en 2003 lorsqu’il a fallut aller chercher ce même dictateur. À chaque fois l’Apache a démontré ses qualités non seulement dans la lutte antichar mais aussi dans l’appui aérien rapproché, voire dans la reconnaissance armée. Ça reste une belle plateforme de tir pour les roquettes air-sol. Et puis au-dessus de Mossoul peu de risques que ses pilotes heurtent des lignes à haute tension comme ce fut si dramatiquement le cas en 1999 au Kosovo.

Alors pourquoi engager de tels appareils au-dessus des rues de Mossoul la nuit ? Parce que si on excepte les Tigre de l’ALAT l’Apache demeure ce qui se fait de mieux en matière d’hélicoptère d’attaque dans les rangs de la coalition. Mais surtout les généraux américains semblent privilégier l’US Army à l’US Marines Corps, on ne sait d’ailleurs pas trop pourquoi. Les UH-1N/Y et les AH-1W/Z pourraient parfaitement faire l’affaire, ces derniers étant des machines de guerre parfaitement rompues aux opérations de contre-guérilla urbaine.

Reste donc que pour les troupes irakiennes l’appui rapproché de nuit des Apache est une sacrée plus-value, qui risque bien de permettre de plus rapidement libérer la ville, quartier par quartier.

Photo © US Department of Defense.

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1 COMMENTAIRE

  1. L’engagement des Apache prend selon moi tout sons sens de nuit. Expérience tirée des engagements syriens / turcs / russes qui ont tous perdu des hélicos contre Daesh de jour.

    En effet, de jour les voilures tournantes sont archi repérables, et si les hélicos doivent de rapprocher pour des tirs roquette / canon, comme ils sont lents ils peuvent être en retour la cible de RPG et armes de multiples calibres (dont les redoutables bitubes tractés ex-soviétiques de 23mm largement employés sur ce front), voire même de MANPADS ou de missiles antichar filoguidés (c’est arrivé en Syrie).

    La nuit, la menace est indubitablement plus faible car le repérage visuel est ardu (le fantassin lambda de Daesh n’est certainement pas doté de JVN), bref les Apache peuvent tranquillement orbiter au-dessus de la ville et observer / rapporter les mouvements au FLIR, et au besoin engager avec leur 30mm ventral.
    A ce propos, le canon de l’Apache est bien plus versatile que le tritube de 20mm du Super Cobra, car ce dernier n’a aucun débattement vers l’arrière et quasiment pas vers le bas, bref l’hélicoptère doit donc pointer le nez vers la cible et voler plus bas. Le Chain Gun de l’Apache, lui, avec sa rotation à 180° et son débattement quasi vertical vers le bas lui est très supérieur, car l’hélico s’expose moins. Mais de là à affirmer que c’est la raison du choix de l’AH-64 contre l’AH-1, loin s’en faut hein 😉 .

    Quid des Mi28 Irakiens par contre dans cette bataille, on n’en entend plus guère parler depuis quelques mois.

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