Voilà un exercice aéronavale et maritime qui n’est pas passé inaperçu. Entre la fin du mois de janvier et le tout début de ce mois de février 2017 les marines américaines, australiennes, britanniques, et françaises ont mené conjointement l’exercice Unified Trident visant à la protection du trafic commercial dans une zone géographique restreinte. Pour plus de réalisme c’est au cœur même du golfe arabo-persique, à quelques encâblures aussi bien des eaux iraniennes que saoudiennes, qu’il a eu lieu.

Une quinzaine de navires de surface accompagnés d’une quarantaine d’avions et d’hélicoptères de tous types ont mené à bien pendant environ 120 heures, jours et nuits, cet exercice. Et pour la première fois ce n’était pas l’US Navy mais bien la Royal Navy qui assurait la gestion des opérations depuis son porte-hélicoptères de projection HMS Ocean (L12) pour l’occasion devenu navire de commandement et de soutien opérationnel.

Le HMS Ocean en configuration bâtiment de commandement. Son pont d’envol est quasi vide.
La France était représentée par un de ses navires de surface les plus modernes : la frégate anti-aérienne Forbin (D620) accompagnée de son hélicoptère embarqué NH-Industries NH90NFH Caïman. Si avec ses missiles surface-air Aster et Mistral ce bâtiment représente une menace claire et nette pour les aéronefs ennemis, il peut tout autant engager le combat contre toutes menaces maritime en ou sous la surface grâce à ses missiles MM40 Block 3 Exocet et ses torpilles MU90.
De plus n’oublions pas que malgré sa taille très impressionnante le Forbin dispose d’une signature radar et acoustique réduite au maximum.

Or la mission du navire français dans Unified Trident était bel et bien la protection de la flottille internationale. Dans ce rôle il n’était pas seul, pouvant compter sur deux auxiliaires de poids : le chasseur de mines britannique HMS Chiddingfold (M37) et la frégate multi-mission australienne HMAS Arunta (FFH151) secondée par son hélicoptère biturbine Sikorsky SH-60 Seahawk.

Des navires de soutien américains et britanniques avaient eux pour rôle de simuler les navires marchands et les pétroliers à protéger. Et ce sont bien des menaces maritimes, sous-marines, et aériennes qu’il fallait traiter pour les marins et aviateurs des quatre pays engagés.
Bien entendu chacun avait en tête les menaces que font peser sur le trafic commercial international des organisations terroristes comme Al-Qaïda ou Daech mais il s’agissait aussi de faire une démonstration de force aux pays de la région qui pourraient être tenté de vouloir y restreindre les droits de passages.

La frégate Forbin, un des fleurons de la Marine Nationale.
L’US Navy avait également déployé dans l’opération deux avions de patrouille maritime Lockheed P-3C Orion chargés d’assurer aussi bien des missions de surveillance que de simuler des attaques contre les navires civils. Cependant aucun avion de combat type F/A-18E & F Super Hornet ou Rafale M n’était engagé dans Unified Trident, principalement pour des raisons diplomatiques.
Il aurait été trop risqué de les utiliser dans la région sans créer encore plus de tensions.

Au final un exercice passé relativement inaperçu malgré l’importance bien réelle de son sujet. Une occasion de plus pour les trois plus puissantes marines de guerre occidentales de travailler main dans la main, en y ajoutant en plus leur homologue australienne.

Photos © US Navy.

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