Cette fois ci la réaction internationale ne s’est pas faite attendre pour condamner ces frappes aériennes. Depuis ce samedi 20 janvier 2018 l’aviation et l’armée turques ont décidé d’attaquer un petite enclave kurde en Syrie, bombardant ainsi aussi bien des combattants indépendantistes que des populations civiles. Les avions de combat turcs, avec en premier lieu les General Dynamics F-16C/D Fighting Falcon, y sont omniprésents.

En Turquie cette série de bombardements et de tirs d’artillerie est nommée «rameau d’olivier». Un nom certes poétique mais qui masque mal la décision d’Ankara : anéantir totalement et définitivement la milice indépendantiste YPG (pour Yekîneyên Parastina Gel, c’est à dire en français l’unité de protection populaire) basée en permanence dans la région kurde d’Afrine au nord de la Syrie.

De ce fait les chasseurs-bombardiers turcs n’hésitent pas à frapper les positions de l’YPG mais aussi des cibles civiles à proximité. Or l’YPG a largement participé, aux côtés des forces spéciales américaines et françaises, aux missions de guerre contre Daech. Et de ce fait des liens très étroits existent entre eux, Paris, et Washington. D’ailleurs les deux capitales n’ont pas tardé à appeler le gouvernement turc à la retenue.
Le secrétaire général de l’OTAN a lui aussi fait savoir son désaccord concernant cette opération, la Turquie étant rappelons-le membre fondateur de l’organisation atlantiste !

Dans les airs outre les F-16C et D les pilotes turcs emploient leurs antédiluviens McDonnell Douglas F-4E Phantom II, des chasseurs-bombardiers particulièrement adaptés à ce type de missions grâce à leur capacité d’emport et de tirs de bombes lisses. Des frappes par tapis de bombes ont d’ailleurs été dénoncés par certaines ONG présentes dans la région.
Il semble que les Turcs aient aussi décidé d’engager dans «rameau d’olivier» certains de leurs hélicoptères de combat Bell AH-1F et AH-1W particulièrement redoutables dans les missions d’appui aérien rapproché et de lutte anti-guérilla.

Il faut savoir que cette opération a été montée en totale violation du droit international puisque le gouvernement syrien n’a nullement été concerté. Le dictateur du pays (c’est à dire Bachar El-Assad) a d’ailleurs indiqué qu’il n’hésiterait pas à faire décoller sa chasse contre celle d’Ankara avant de se rétracter quelques heures plus tard. Cependant les militaires syriens revendiquent d’avoir descendu un Anka, un drone MALE de conception et de fabrication indigène sans que cela n’ait toutefois été confirmé par l’état-major turc.

Quoiqu’il en soit cette série de frappes, appuyée par des tirs d’artillerie, démontre bien que le pouvoir turc compte toujours pourchasser les combattants kurdes y compris au-delà de ses frontières. Et si besoin en était encore de le démontrer, l’aviation militaire d’Ankara n’a rien perdu de sa puissance de feu et de la détermination de ses généraux autant que de ses pilotes.

Photo © OTAN

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15 COMMENTAIRES

  1. Comme stopper la vente de F35 aux Turcs?
    C’est quand même compliqué.
    C’est vrai que la Turquie est un bien étrange « allié »

    Mais j’ai bien peur que malgré leurs efforts et leur efficacité, le YPG et le gouvernement du rojava ne soient que les dindons de la farce.

  2. C’était à prévoir. La Turquie ne veux pas voir comme un semblant d’état kurde se former à sa frontière. Il ne faut pas oublier que la Turquie considère les YPG comme une organisation terroriste qu’elle combat d’ailleurs depuis des décennies sur son propre territoire. A contrario de nous occidentaux qui voyons les kurdes comme des héros car en première ligne dans les combats contre l’organisation EI.

  3. Le problème c’est que personne ne veut froisser la Turquie car elle est membre fondateur de l’OTAN, elle y possède d’ailleurs la 2eme armée après les forces armée américaines mais aussi elle se trouve géographiquement dans une zone stratégique. A la fois en Europe et en Asie, aux portes du Moyen-Orient, du caucase et donc de la Russie !

      • Ergogan à les mains libres et il va en profiter. Les occidentaux y compris la France vont maintenant lacher les kurdes et vont juste demander à la Turquie de taper moins fort. Il ne faut pas se leurrer, Erdogan que l’occident croyait modéré, est un islamiste convaincu. Il aurais préféré avoir l’EI a sa frontière que les kurdes. D’ailleurs quand les combat faisaient rage à Kobané, l’armée turque est resté spectatrice positionnée à la frontière. Aujourd’hui que les kurdes ont repris le contrôle de ces territoires, l’armée turque intervient avec force.

  4. Deux poids deux mesures, comme toujours, l’OTAN a-t-elle officiellement réagit? Nous qui avions été si rapide à sanctionner la Russie lors de fait similaires en Ukraine, qu’allons nous faire dans ce cas? Certains avaient même parlé d’un nouveau Munich (sic).
    Quels sont les moyens de défense des Kurdes dans cette affaire? Ont-ils des moyens anti-aériens? Cette menace n’existait pas contre EI, ont’ils quand même quelques moyens?

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