On aurait pu les croire largement dépassés mais non les mastodontes du transport aérien militaire américains se sont offerts une cure de jouvence. En ce début de mois d’août 2018 l’avionneur Lockheed-Martin a remis à l’US Air Force son 52ème et ultime C-5M Super Galaxy. Le gros-porteur quadriréacteur issu de la guerre froide a en effet encore de belles années devant lui, permettant au Pentagone d’envisager sereinement son remplacement. Ce sont plus de vingt années de service qui attendent encore ces géants des airs.

Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est un chantier de modernisation qui aura su prendre son temps. Dix-sept années auront été nécessaire pour moderniser ces cinquante-deux Lockheed C-5 Galaxy : un C-5A, quarante-neuf C-5B, et deux C-5C. Pour mémoire le premier C-5M Super Galaxy aura été remis à l’US Air Force en 2008, c’est à dire il y a dix ans.

Mais au fait pourquoi moderniser ces vieux avions si gourmands en carburant ? Tout simplement parce que l’actuelle flotte de Boeing C-17A Globemaster III s’est rapidement révélée incapable d’assurer seule la mission de transport stratégique. L’aviation militaire américaine avait besoin de ce très gros porteur très similaire à l’Antonov An-124 ex-soviétique.

Une modernisation tous azimuts ? Oui et non. En fait les équipes de Lockheed-Martin se sont surtout focalisées sur les systèmes liées à l’avionique, aux commandes de vol, aux transmissions, et à l’hydraulique. Les cellules ont été entièrement démontées et reconstruites alors que leurs éléments étaient proprement décrassés. Des éléments aussi vitaux que le train d’atterrissage ou encore les turboréacteurs ont été inspectés de fond en comble et remis à neuf.
Pour autant le Super Galaxy reste un Galaxy avec ses forces mais aussi ses faiblesses, et notamment dans ce dernier cas sa capacité toujours aussi limitée à utiliser des pistes sommaires. Un avion de la guerre froide destiné à opérer depuis des bases solidement conçu demeure un avion de la guerre froide.

Au final l’US Air Force doit conserver ces quadriréacteurs jusqu’à l’horizon 2040, époque à laquelle elle lui aura certainement trouvé un successeur. C’est à dire soixante-dix ans après l’entrée en service des tous premiers exemplaires de l’avion. Pas mal finalement pour un avion qu’on disait fini après l’effondrement du bloc soviétique !

Photo © Lockheed-Martin

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3 COMMENTAIRES

  1. Récemment annoncé, le partenariat entre Boeing et l’avionneur ukrainien Antonov est-il un indice de l’intérêt des Américains pour un An-124 de nouvelle génération ?

  2. Les réacteurs, des General Electric TF-39 ont été changées par des F138-GE-100 (version militaire du CF6-80C2) et non inspectés et remis à niveau comme écrit dans l’article.
    Cela entraina également suite à l’augmentation de poussée et du poids des réacteurs un changement des ailes.

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