Même si elle était attendue cette commande rassure plus d’un ouvrier sur le chantier naval Newport News Shipbuilding, le principal employeur de Virginie. L’US Navy a annoncé ce jeudi 31 janvier 2019 la commande des futurs porte-avions CVN 80 et CVN 81, deux bâtiments de la classe initiée avec l’USS Gerald R. Ford. Ils remplaceront entre 2027 et 2030 les porte-avions USS Dwight D. Eisenhower et USS Carl Vinson, tous deux de classe Nimitz. À terme un dernier devrait également faire l’objet d’une commande, le futur CVN 82 mais pas avant l’année prochaine au plus tôt.

Entre la classe Nimitz actuellement en dotation et la toute nouvelle classe Gerald R. Ford en cours de déploiement avec le premier navire du type c’est véritablement deux générations différentes de bâtiments. Et ce même si la coque demeure quasiment la même entre eux. Des innovations sur ce nouveau porte-avions il y en a, à l’image de l’EMALS (pour Electromagnetic Aircraft Launch System) permettant le catapultage par induction électromagnétique ou encore des nouveaux radars AN/SPY-3 et AN/SPY-4 travaillant respectivement en bande X et S et permettant de voir plus loin et par tous les temps.

Mais surtout c’est le pont d’envol que les différences risquent bien d’être criantes. Quand en 2027 le futur CVN 80 prendra la mer il aura sûrement encore à son bord quelques aéronefs ayant faits les beaux jours de son prédécesseur comme le chasseur-bombardier Boeing F/A-18E/F Super Hornet, l’avion de veille radar Northrop-Grumman E-2D Hawkeye ou encore l’hélicoptère de combat maritime Sikorsky MH-60R Seahawk. Mais pour autant il embarquera surtout des machines bien plus modernes comme le chasseur multirôle Lockheed-Martin F-35C Lightning II ou encore le drone de ravitaillement en vol Boeing MQ-25A Stingray.
Pour mémoire les porte-avions de la classe Nimitz qu’ils remplacent ont connu des avions désormais légendaires comme le chasseur Grumman F-14A Tomcat, l’avion de reconnaissance North American RA-5C Vigilant, ou encore l’avion d’attaque au sol Grumman A-6E Intruder. Deux générations radicalement différentes d’avions.

En fait les CVN 80 et CVN 81 seront véritablement les porte-avions américains du 21ème siècle. Ils sont envisagés pour demeurer en service jusqu’aux alentours de 2070-2080 et laisseront la place à des bâtiments qui eux verront le 22ème siècle.
Si le patronyme du CVN 81 n’est pas encore connu celui du CVN 80 sera l’USS Enterprise, tout comme le CVN 65 qui a vogué de 1961 à 2012. Peut-être qu’après lui le prochain Enterprise portera le numéro NCC-1701, qui sait ?

Photo © US Navy.

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5 COMMENTAIRES

  1. D’après ce que je lis , il y a un point commun avec beaucoup de nouveau matériel US: ils ne sont pour la plus part pas opérationnel . Le KC-46, F-35, la classe de nouveau porte-avion a de nombreux soucis, etc. Alors je me pose la question: les US ont une armée sur le papier qui est incroyable mais en réalité la majorité des nouveaux matériel est loin de donner satisfaction. Info ou intox ? Très beau et très cher, mais pas utilisable…en l’état…

    • Si vous relisez bien l’article Van Eck vous verrez que ces porte-avions ne peuvent pas être opérationnels puisqu’ils viennent juste d’être commandés ! Ils n’existent actuellement que sur le papier. Quand au F-35 Lightning II que vous considérez comme non opérationnel je vous rappelle qu’il a déjà réalisé sous les couleurs de l’US Marines Corps des frappes aériennes en Afghanistan.

      • Justement le USS Gerald R Ford, actuellement en essai en mer, accumule les retards car tout n’est pas au point. Les catapultes électromagnétiques ont une fiabilité médiocre. Sur 2000 essais de catapultage il y a eu 201 échecs soit 10% ! Les nouveaux radars aussi posent problème.
        Les F-35B eux aussi ne sont pas épargné. Selon le Pentagone d’après des tests de durabilité, la durée de vie des F-35B ne serait que de 2100 heures de vol, au lieu des 8000 heures prévues. Les premiers F-35B mis en service pourraient commencer à atteindre leur limite de durée de vie en 2026. Inquiètant.

        • Ce qui est bien avec l’emploi du conditionnel c’est qu’il permet de douter. Sur le F-35B tout part d’un rapport entièrement écrit au conditionnel et repris dans plusieurs pays (comme la France) avec des transpositions à l’indicatif par des médias plus ou moins honnêtes. Quand aux catapultes électromagnétiques en effet elles enregistrent 10% actuellement de ratés, mais 10% sur une technologie toute neuve encore en cours de développement ça veut aussi dire qu’elles fonctionnent à 90%.
          Vous voyez Dimitri on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres, le tout est de savoir si on veut rester dans le factuel ou bien dans autre chose…

    • Il faut simplement laisser du temps au temps, Van Eck 😉 . Une nouvelle classe de PA et tout ce qu’elle embarque, ça ne se développe pas en un jour, et les Nimitz sont loin d’être à la retraite, l’article parle de l’aéronavale US en projection horizon fin des années 2020, début 2030.

      Le Gerald Ford -premier de la classe- poursuit des essais depuis 2017 afin de tester en mer les nouveaux matériels amenés à devenir standard d’ici quelques années, et suite au retour d’expérience réaliser des modifications pour les bâtiments suivants, le JFK étant en construction et les 2 autres tout juste commandés. On pensera notamment à la catapulte EMALS, au blindage de coque électromagnétique DAPS, et au système d’aide à l’appontage PALS (Precision Aircraft Landing System) déjà en service sur la classe Nimitz.
      Le F35C a déjà plusieurs campagnes de tests en mer à son actif, et après quelques déboires retentissants corrigés (dont la fameuse crosse mal placée ^^) sa capacité opérationnelle initiale -IOC- ne devrait guère tarder (une affaire de mois), à l’instar des modèles B aujourd’hui en service dans l’USMC après un IOC fin 2015.

      On pourra certes arguer comme vous le dites que pour le moment nombre de ces aéronefs ne sont encore pas matures voire en développement (F35, CMV-22, MQ25) et que le Gerald Ford rencontre quelques soucis, mais Rome s’est pas bâtie en un jour, et l’US Navy est loin de manquer de bâtiments et d’appareils au point de vivre dans l’attente fébrile de ces nouveaux vecteurs. Comme toujours lors d’un renouvellement, et pour toutes les forces armées développant leurs propres matériels (Europe -dont la France, Chine, Russie, Inde…), cela se passe très progressivement, avec de bonnes ET mauvaises surprises, et les Américains n’y couperont pas !
      Rendez-vous dans 10 ans, le Gerald Ford et le JFK auront d’ici là bien dégrossi la tâche.

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