Ce premier raid aérien était redouté depuis plusieurs jours par les grandes diplomaties européennes. Ce mercredi 9 octobre 2019 en après-midi des avions de combat appartenant à la force aérienne turque ont réalisé une série de bombardements aériens contre des cibles civiles au Kurdistan. C’est plus particulièrement autour de la ville syrienne de Ras-al-Ayn que se concentrent actuellement les attaques aériennes. D’ores et déjà les forces kurdes en appellent à leurs alliés américains et européens.

Selon plusieurs médias européens, dont les très sérieuses Agence France-Presse et agence Reuters, ce sont donc bel et bien entre 20 et 30 avions de combat turcs qui ont lancé ce premier raid aérien. Des General Dynamics F-16 Fighting Falcon armés de bombes lisses et de munition guidées ont été vus décollant de bases dans le sud-est et le sud de la Turquie.
Actuellement leurs cibles se concentrent sur la ville syrienne de Ras-al-Ayn, une commune kurde d’environ 30 000 habitants réputée pour être un des fiefs de l’Yekîneyên Parastina Gel ou YPG. Cette organisation paramilitaire est considérée comme une organisation terroriste par le pouvoir d’Ankara.

Des explosions ont été entendues autour de la ville peu après le passage des avions de combat turcs. Et selon l’état-major d’Ankara il s’agit de cibler des objectifs paramilitaires comme des centre de communication, de formation, ou encore des stocks d’armement et de munition. Le souci c’est que l’YPG est aussi l’un des principaux alliés en Syrie de la coalition internationale menée par les États-Unis, la France, et le Royaume-Uni. Ses combattants assument une grosse partie des actions de guerre contre Daech et l’ensemble des groupes djihadistes affiliés.
Sur place plusieurs ONG annoncent déjà que les cibles étaient civiles, avec notamment un dispensaire et une école. Désormais la guerre de communication commence !

Bien entendu cette opération aérienne a été décidé unilatéralement par la Turquie. Ni l’OTAN, ni la coalition internationale, pas plus que la Syrie ou la Russie n’ont été (officiellement) consultées par les Turcs. Leurs F-16C/D Fighting Falcon opèrent en fait dans une zone que la Turquie a (pompeusement) baptisé «zone de paix». Une bande de terre de 20 à 45 kilomètres de large le long de la frontière turco-syrienne. Sauf qu’y vivent environ 100 000 civils kurdes qu’Ankara considère comme autant de terroristes en puissance.

Désormais c’est autour de la ville de Manbij, plus à l’ouest de craindre les frappes aériennes de la chasse ennemie. C’est dans cette commune que se concentrent actuellement le gros des forces kurdes en combat contre les forces djihadistes.

Photo © OTAN.

 

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12 COMMENTAIRES

  1. Curieux de voir qui va se mettre en travers de la route du boss d’Ankara.
    Je crois que les Kurdes vont gouter à la « reconnaissance éternelle » de leurs alliés.

    • Bien dit ,rien à rajouter si ce n’est heureusement qu’il y a u du retard sur le programme jsf car maintenant ils en auraient et tout l’Occident pleurerait !

  2. Encore une trahison des Américains qui n’hésitent pas à larguer leurs alliés. Les Européens auront-ils suffisamment de colonne vertébrale pour intervenir ? Malheureusement j’en doute…

    • Bien-sûr que non, a part des contestations et des condamnations verbales, ils ne feront rien. Erdogan tiens les européens au respect en menaçant d’inonder l’Europe de 3 millions de réfugiés syriens.

      • Cette menace ne peut pas vraiment être prise au sérieux…l’union européenne n’aurait qu’à stopper les vols touristiques vers la Turquie et supprimer leurs aides pour asphyxier la Turquie, déjà économiquement bien essoufflée

  3. Il n’est pas sur que le Pentagone apprécie l’intervention turque…Les Kurdes vont résister et il va certainement y avoir de la casse ( missiles légers sol-air?)…quelle situation difficile et compliquée dans ce coin du monde…C’est a désespérer du genre humain..

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