Soyons honnêtes, ce n’est sans doute pas l’avion le plus sexy de l’arsenal américain. Depuis quelques semaines et jusqu’à cet été l’US Air Force réalise avec l’aide de l’avionneur canadien Bombardier une profonde révision des biréacteurs de transport léger C-21 Learjet. Ces avions d’affaire sont utilisés autant pour le transport de personnels que de fret léger, voire pour l’évacuation sanitaire. Le but de ce chantier est de maintenir en service ce petit modèle d’avion au moins jusqu’en 2035-2040.

C-21A Learjet remisés dans la livrée qu’ils portent depuis le début des années 2010.

Au gré des réaffectations ce ne sont désormais plus que dix-neuf Bombardier C-21A Learjet qui appartiennent encore à l’US Air Force. Les autres sont exploités par l’US Air National Guard mais sans pour autant lui appartenir, ils sont bien souvent la propriété de l’US Army. Un micmac administratif issu des administrations Bush Junior et Obama.
Et sur les dix-neuf avions encore en dotation dans les unités d’active de l’Air Force onze ont déjà terminé leur modernisation, les huit autres s’échelonnant entre ce mois de janvier et le mois d’août 2020. Un chantier d’un coût d’environ 37 millions d’euros qui pourrait sembler anecdotique s’il n’était pas vitale pour l’US Air Force.

Car en coulisses, dans les couloirs du Congrès américain, des lobbyistes se sont affairés durant plusieurs années pour envoyer à la retraite ces petits biréacteurs d’affaire pourtant ô combien efficace. Non pas qu’ils voulaient les voir remplacer par des avions plus récents. Ils auraient plutôt aimé que leurs missions reviennent à des contractors, ces sociétés privées spécialisées dans la défense. Depuis le début des années 2000 elles ont pris une place considérable auprès des militaires américains. Mais le Pentagone a tenu bon ! Et les C-21A Learjet sont donc en cours de modernisation.

Avec en tout premier lieu leur poste de pilotage. Il passe de l’époque analogique à l’ère numérique et gagne donc de nouveaux écrans mais également des interfaces de communications encryptées dernier cri. L’industriel canadien Bombardier y œuvre avec des entreprises américaines spécialisées. Certains éléments d’avionique ont également été ajoutés afin de satisfaire aux demandes de la Federal Aviation Administration, l’aviation civile américaine.
L’aménagement intérieur a également été revue et corrigée, de manière notamment à pouvoir être plus facilement déposé lors des missions de transport de fret ou d’évacuation sanitaire. Détail intéressant les sièges en cuir du début, hérités de leurs origines d’avions d’affaire, ont disparu des nouveaux C-21A Learjet au profit de sièges en velours plus économiques.
Les deux réacteurs Garrett TFE731 de chaque avion sont également déposés et révisés à zéro.

Plastron volant lors des exercices de défense aérienne, un des rôles méconnus du C-21A Learjet. Il est ici accompagné de deux redoutables chasseurs F-15C Eagle.

Pour plus de commodités, et afin de réduire les coûts d’exploitation, le Pentagone a décidé de mener ce chantier in-situ. C’est donc à Scott AFB dans l’Illinois, leur base d’implantation que ces avions sont modernisés. Les cinq machines déployées en permanence en Europe, à Ramstein AFB en Allemagne ont d’ores et déjà été transformées. Elles avaient été remplacées, le temps du chantier, par des avions en rotation depuis le territoire américain.

Les militaires américains devraient donc voir voler ces petits biréacteurs encore une bonne quinzaine d’années. D’ici là un remplaçant leur aura été trouvé.

Photos © US Air Force.

 

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom