La tension va monter encore un peu plus dans la région entre la Turquie d’un côté et la Syrie et son allié russe de l’autre. Ce dimanche 1er mars 2020 une patrouille de combat de General Dynamics F-16C Fighting Falcon a abattu deux avions d’attaque Sukhoi Su-24. Les avions syriens se préparaient, selon Ankara, à frapper des troupes turques près de la ville d’Idlib. La majorité des témoignages font état de tirs de missiles air-air par les avions de facture américaine.

Depuis plusieurs semaines maintenant Turcs et Syriens s’affrontent dans le nord-ouest de la Syrie. Récemment une trentaine de soldats du régime d’Ankara a été tuée par les troupes de Bachar El-Assad. Ce qui évidemment à fait monter encore un peu plus le niveau de dangerosité entre les deux pays voisins. Et au milieu la Russie tente de plus en plus de calmer le jeu en renouant avec sa tradition diplomatique. Mais ce n’est pas gagné. Américains et Européens essayent eux-aussi mais avec encore moins de réussite, reconnaissons-le.
Et le drame de ce dimanche 1er mars risque de ne pas arranger la situation.

Selon les premières informations les équipages des deux Sukhoi Su-24M2 n’ont pas eu le temps de s’éjecter. Aucun parachute n’a été aperçu ! Les avions survolaient les faubourgs d’Idlib dans le nord-ouest de la Syrie et portaient les marquages de nationalité du régime syrien.
Ces mêmes informations (disponibles et vérifiables) démontrent que trois, ou peut-être quatre, chasseurs General Dynamics F-16C Fighting Falcon turcs ont tiré au moins deux missiles air-air contre les avions de pénétration ennemis. Les chasseurs de facture américaine assuraient une mission de supériorité aérienne au-dessus des positions turques.

Le plus étonnant c’est qu’après la perte de ces deux avions d’attaque aucun chasseur syrien n’a été aperçu dans le ciel d’Idlib. Ce qui impliquerait que l’état-major de Damas a compris que l’espace aérien de cette ville était désormais «entre les mains» des avions turcs. Un aveu de faiblesse ou bien la démonstration d’une chasse syrienne incapable de faire quoi que ce soit sans l’aide russe ? Sans doute un peu des deux. Et ne voulant sans doute pas jouer l’escalade la Russie n’a pas non plus envoyé d’avions dans la zone.
Les prochaines heures seront capitales pour savoir si une montée en puissance du conflit entre Turquie et Syrie est à craindre.

Photo © Keypublishing

NDLR : La photo en couverture ne concerne pas l’un des deux Su-24 descendus par la Turquie mais un avion russe. Pour des raisons de droits les photos de Su-24 syriens accessibles sont quasi impossibles à trouver.

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3 COMMENTAIRES

    • Dans ce genre de situation la guerre de communication fait rage. Je suis surpris qu’un journal aussi sérieux que Le Monde prête une quelconque importance à la propagande syrienne. Elle est à peu près aussi fiable que la propagande d’état turque.

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