C’est ce que les épidémiologistes appellent un cluster, un regroupement de malades dans un endroit donné. Ce vendredi 27 mars 2020 l’US Navy a officiellement reconnu que le porte-avions USS Theodore Roosevelt avait été frappé par le coronavirus Covid19. L’évolution rapide de cette maladie fait grossir les chiffres d’heures en heures. Le navire et ses aéronefs étaient en mission en Mer des Philippines quand l’ordre de rejoindre la base navale de Guam est tombé.

Depuis hier donc toutes les infos, et comme souvent dans ce genre de cas pas mal d’intox, circulent au sujet de l’USS Theodore Roosevelt et de la contamination d’une partie de son équipage. C’est pour permettre de démêler le vrai du faux, la réalité factuelle du fantasme médiatique que nous avons pris notre temps pour vous proposer cet article.

Au moment où ces lignes sont écrites le bilan est de 36 marins américains testés positifs au Covid19. On y retrouve des femmes et des hommes de tous grades et de toutes missions. Y compris bien sûr des pilotes et membres d’équipage d’aéronefs. Toutes et tous sont à l’isolement, suivis en permanence par des médecins et des infirmiers et infirmières. Aucun ne se trouve dans un état particulièrement grave.
Contrairement à ce que certains sites d’information peu regardant ont pu écrire la sécurité du porte-avions n’est nullement mise en danger par cette épidémie mais un ordre a été donné de le mettre en quarantaine sur la base navale américaine de Guam. Le bâtiment devrait l’avoir rejoint ce samedi 28 mars dans la journée.
Les patients testés positifs seront immédiatement hospitalisés.

Initialement l’US Navy avait pensé utiliser un avion-cargo Grumman C-2A (R) Greyhound spécialement médicalisé pour réaliser des rotations entre le porte-avions et la terre ferme afin d’évacuer les cas confirmés. Mais rapidement cette option s’est révélée trop coûteuse et surtout inadaptée à cette épidémie. C’est comme cela que la décision a été prise de dérouter le navire.

Toutes les activités à bord sont annulées. Les seuls opérations aériennes autorisées concernent les Boeing F/A-18E Super Hornet et le Northrop-Grumman E-2D Hawkeye en charge de la protection air-air du porte-avions. Avant de s’installer dans leurs avions les pilotes et équipages doivent se soumettre à une prise de température réalisée par des infirmières du bord. À la moindre suspicion de fièvre les militaires en question ne volent pas.

Une décision doit être prise dans la journée quant au remplacement de ce bâtiment de guerre par un navire similaire. Pour autant armer ou dérouter un porte-avions ne se fait pas en un claquement de doigts. Aussi le navire en question ne devrait pas rejoindre la Mer des Philippines ou la Mer de Chine Méridionale avant au plus tôt le milieu de la semaine prochaine.
En attendant il faudra compter sur l’USS America présent sur zone.

Photo © US Navy.

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