Plus que jamais l’US Navy joue aux troubles-fêtes face aux velléités expansionnistes chinoises en zone Pacifique. Depuis une dizaine de jours le porte-avions USS Theodore Roosevelt et le porte-aéronefs USS America naviguent ensemble entre la Mer de Chine Méridionale et la Mer des Philippines. Embarquant une grosse centaine d’avions et d’hélicoptères, et accompagnés de navire d’escorte et de soutien, ces deux bâtiments portent ainsi assistance à leurs alliés en Asie. Une présence aéronavale américaine qui ne fait pas que des heureux.

L’USS Theodore Roosevelt vu depuis l’USS America.

Bien sûr un porte-avions comme l’USS Theodore Roosevelt est déjà en soit une machine de guerre très impressionnante. Mais de le savoir accompagné du porte-aéronefs USS America cela démontre une capacité de projection de force assez inouïe.
Le premier embarque très classiquement des chasseurs multirôles Boeing F/A-18E/F Super Hornet, des avions de guerre électronique et de suppression des défenses ennemies Boeing EA-18G Growler, des avions de guet aérien et de veille radar Northrop-Grumman E-2D Hawkeye, des avions-cargos Grumman C-2A (R) Greyhound et des hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk et de soutien opérationnel MH-60S Knighthawk.
Le second accueille des chasseurs multirôles furtifs Lockheed-Martin F-35B Lightning II, des convertiplanes de transport et d’assaut Bell-Boeing MV-22B Osprey, des hélicoptères de transport lourd Sikorsky CH-53E Super Stallion, et des hélicoptères d’appui tactique Bell AH-1Z Viper et UH-1Y Venom. Au total ce sont environ 130 avions et hélicoptères qui sont stationnés sur ces deux bâtiments de guerre de premier plan.

Le pont d’envol de l’USS America est richement garni.

Et ce sans compter les aéronefs déployés à bord des navires d’escortes et d’accompagnement. Dans le premier cas ce sont deux destroyers lance-missiles : les USS Rafael Peralta et USS Russell. Chacun accueille deux hélicoptères de combat naval Sikorsky MH-60R Seahawk spécialisés dans la lutte anti-sous-marine. Ils sont accompagné du puissant croiseur lance-missiles USS Bunker Hill et lui aussi de ses deux MH-60R.
Dans le second cas  il s’agit tout d’abord du navire de commandement USS Blue Ridge qui lui accueille également un MH-60R Seahawk mais aussi un MH-60S Knighthawk spécialisé dans le soutien opérationnel et les liaisons. On trouve aussi en appui le navire de soutien aux opérations amphibies USS Green Bay qui de son côté embarque deux MV-22B Osprey et deux AH-1Z Viper. Ces derniers disposent d’une capacité accrue d’appui tactique et de lutte antichar.

Le navire de commandement USS Blue Ridge en accompagnement de cette armada.

Pour autant il ne s’agit officiellement pas de manœuvres navales. En fait la marine américaine veille à ses intérêt au niveau de ses alliés et dépendances dans la région. En naviguant dans la Mer des Philippines cette impressionnante armada s’assure que la marine chinoise ne s’y aventure pas trop. On sait par exemple qu’elle revendiques fréquemment des territoires qui ne lui appartiennent pas dans la région, et pas uniquement l’île de Formose. Dans l’archipel des Palaos qui dépend administrativement des États-Unis certains ilots sont régulièrement la cible de présences chinoises illicites. Rien d’officiel bien entendu, mais suffisamment régulières pour inquiéter les populations locales et justifier que l’US Navy s’en mêle.
Surtout l’USS America et l’USS Theodore Roosevelt restent à proximité de deux zones à risques : les archipels Paracels et Spratleys revendiquées directement par Pékin. Leurs avions de chasse sont donc à portée de vol de ces territoires hautement sensibles. Les Chinois se les disputent avec le Vietnam et Taïwan.

Boeing EA-18G Growler, de retour de mission.

C’est donc bien une partie d’échecs que se jouent Pékin et Washington dans la région. Les Américains n’hésitant pas au titre du droit international à y prépositionner des navires de guerre de plus en plus puissants. Et donc avec des porte-avions et des porte-aéronefs de plus en plus d’avions de combat. Les Chinois au moins sont prévenus !

Photos © US Navy

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9 COMMENTAIRES

  1. Il semble qu‘il y ait une épidémie de Coronavirus sur le TR et qu‘il quitte pour rejoindre une base américaine et se mette en quarantaine

    • Il n’y a pas d’épidémie à bord de l’USS Theodore Roosevelt. Il y a huit cas qui sont actuellement confinés (sur un équipage globale de 5680 femmes et hommes) et qui doivent d’ici à dimanche 29 mars 2020 être rapatriés par un C-2A (R) Greyhound spécialement aménagé. Il est inutile de tomber dans la psychose concernant ce Covid19.

      • Oui d’après les dernières informations mais avec ce virus dont la durée d’incubation peut aller jusqu’à 12 jours cela ne m’étonnerai guère que l’on découvre que tout le navire est contaminé. Le porte-avion a quand même du sortir du groupe aéronaval pour rejoindre Guam au plus vite afin de tester les membres d’équipage et procéder à un nettoyage de fond en comble. Ce virus tue aussi des personnes de moins de 30 ans sans pathologie il ne faut pas l’oublier.

        • Oui le Navy Yard vient de confirmer cette info.
          Mais je trouve l’insistance de Charlie et lulu à vouloir balancer des chiffres assez morbide. C’est pourquoi il a été modéré. Nous ne sommes pas un site médical, et à moins qu’il soit infectiologue ou virologue son intérêt pour ce Covid19 me semble assez déplacé sur nos pages.

  2. 8 cas aujourd’hui détectés sur plus de 5000 marins, dans un bâtiment certes grand mais en milieu confiné, il y a de quoi être inquiet que l’épidémie se répande. On a de beaux exemples avec les croisieristes…

  3. Et dire que les USA déploient la même armada eu large de l’Iran, quel autre puissance peut s’offrir une telle démonstration de force ? Le covid19 va légèrement freiner ces flottes mais aussi leurs potentiels adversaires. Ce que je trouve aussi bluffant c’est l’incroyable synchronisation dans l’utilisation de toutes les composantes de ces forces aéronavales

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