L’avion de transport tactique le plus atypique de l’arsenal américain commence désormais son retrait du service. L’US Navy vient d’annoncer que le mois dernier elle s’était séparée du Grumman C-2A (R) Greyhound numéro 142, l’avion en dotation au sein de l’escadron VX-20. Il s’agit du premier de ces bimoteurs à turbopropulseurs à être envoyé à la retraite alors même que son successeur désigné est encore en phase d’essais. Cet avion est à lui-seul tout un pan de l’histoire aéronavale américaine.

En fait c’est le jeudi 19 mars 2020 que le C-2A (R) Greyhound numéro 142 a réalisé son dernier vol. Durant deux heures et demi il a survolé la baie de Chesapeake. Accompagné de deux jets d’entraînement McDonnell-Douglas T-45C Goshawk appartenant eux à l’escadron VX-23 il a réalisé une série de photo d’adieux avant de rejoindre sa base de NAS Patuxent River.
Quelques jours plus tard, le mardi 24 mars, l’avion-cargo était rayé des cadres de l’escadron VX-20. Il y servait depuis la création de l’unité en 1975.

1975 – 2020, le dernier vol du C-2A (R) Greyhound de l’escadron VX-20.

Au sein de cette unité de soutien aux tests le Greyhound numéro 142 assuraient aussi bien des missions classiques de transport logistique que des essais en vol. Il y a quelques semaines par exemple, en janvier, l’avion participait à la phase de tests de la catapulte électromagnétique du porte-avions USS Gerald R. Ford. Il était alors pleinement intégré dans le dispositif d’essais.
Pour autant ce n’est pas la mort de l’escadron VX-20 qui dispose toujours de multimoteurs Beechcraft C-12R Huron, Lockheed-Martin KC-130J Super Hercules, ou encore Northrop-Grumman E-2D Advanced Hawkeye pour ne citer que ceux qui volent le plus souvent. Ce n’est pas non plus (encore) la mort du C-2A (R) Greyhound.

Car dans les unités logistiques classiques le Carrier Onboard Delivery comme l’appellent les marins américains doit demeurer en service encore quatre ans. D’ici là le Bell Boeing CMV-22B Osprey actuellement en cours d’essais aura eu le temps d’arriver à maturité. Et les trois armes américaines qui devaient chacune avoir sa version différente du convertiplane l’aura en dotation.

Le Greyhound numéro 142 à l’appontage sur l’USS Gerald R. Ford en janvier dernier.

À n’en pas douter les marins de l’escadron VX-20 ont du versé une petite larme en voyant partir à la retraite ce serviteur robuste et bien pensé. Car le Grumman C-2A (R) est devenu un avion quasi anachronique sur les ponts d’envols du 21e siècle tant c’est un appareil rustique. Pourtant il est indissociable de l’aéronavale des États-Unis depuis plus d’un demi-siècle. Espérons que l’Osprey saura faire aussi bien.

Photos © US Navy.

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10 COMMENTAIRES

  1. Il serait peut-être bon, vue la polémique CdG, d’en racheter pas cher, 6 ou 8, pour éviter les pandémie au sein de la Marine nationale? Ca ferait un bon bombardier d’eau pou la Sécurité Civile aussi…

    • Il y a un moment il faut arrêter de rêver à vouloir tout acheter que ce soit du matériel neuf ou d’occasion et revenir à la réalité. Le budget des armées est calculé de manière ricrac. Il n’y a aucune marge pour autre chose qu’il n’était prévu à moins d’annuler une commande ailleurs. En plus avec la période que nous vivons où la France se trouve encore plus surendettée, un PIB et des recettes fiscales en baisse on aura le droit à 10 ans d’austérité devant nous et tout les ministères devront faire un effort.

      • Totalement d’accord avec vous Dimitri. Et puis quel intérêt d’acheter un avion qui a 50 ans de service actif derrière lui ? Si l’US Navy le retire du service ce n’est pas uniquement pour faire plaisir à Bell et Boeing, c’est aussi parce que le C-2A(R) est usé jusqu’à la corde.

  2. Oui, c’est une très bonne idée. Nous n’avons pas d’avion de liaison entre le CDG et la terre et vis versa.
    Les hélicoptères ont les « pattes trop courtes » pour ce genre de mission.
    Et avoir des V 22 Osprey restera dans le domaine des rêves…

    Je sais que nos dirigeants ne sont pas favorables aux avions de seconde main. Mais, ne faisons pas de « gros restes ». Nous n’avons pas les moyens de faire autre chose.

    Faute de grives, on mange des merles. A méditer.

  3. Bonjour Arnaud, j’ai une question à vous poser sur le Grumman C-2 s’il vous plaît. Est-ce que ces avions sont dotés d’un train d’atterrissage qui se fixe à la catapulte des porte avions ou décolle t-il du pont d’envol grâce à l’aide d’une élingue ?

    Merci

    Anthony

  4. Bonjour Anthony, Voici la réponse à votre question et celle-ci est non. Sur une vidéo prise le 20 décembre 2017 sur le USS Nimitz Grumman sur le site youtube https://www.youtube.com/watch?v=OuJfbHuqRUA Vous remarquerez que le Greyhound est relié au système de catapultage comme tous les aéronefs à voilure fixe et sans aucune élingue. Les Étendard et les Super Etendard Modernisés utilisaient toujours le système de l’élingue pour le catapultage sur tous les porte-avions français. Lors du tout dernier vol d’un SEM depuis le pont du porte-avions Charles de Gaulle, le 16 mars 2016 http://aero-touring-club-de-france.over-blog.com/2016/03/le-super-etendard-m-tire-sa-reverence.html L’élingue est très visible sur cette photographie. Je vous invite à lire ou relire l’article portant sur le catapultage sur porte-avions
    https://www.avionslegendaires.net/dossier/appontage-et-catapultage/le-catapultage/
    Bonne lecture!
    Simon

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