Il y a du nouveau en Mer de Chine méridionale. Depuis la fin du mois de mars 2020 l’US Marines Corps a validé l’emploi du missile air-air AIM-9M Sidewinder sur les hélicoptères de combat Bell AH-1Z Viper opérant dans la région. Cela concerne les machines embarquées à bord du porte-aéronefs USS America et du bâtiment de soutien à la guerre amphibie USS Green Bay. Même si cette arme était déjà connue sur ce genre d’appareil, son retour en force en dit long sur l’équilibre stratégique qui existe dans cette partie du monde.

Sur le papier le Bell AH-1Z Viper est sans doute le plus polyvalent de tous les hélicoptères de combat en service aux États-Unis, malgré sa soixantaine d’exemplaires construits seulement. Il assure aussi bien des missions d’appui tactique rapproché, que de reconnaissance armée, ou encore de destruction d’abris fortifiés. Dans certains cas les pilotes de l’US Marines Corps peuvent même employer leurs roquettes air-sol voire leurs missiles antichars AGM-114 Hellfire pour détruire des embarcations légères ou neutraliser les éléments les plus importants de navires de guerre ennemis.

Or ce lundi 23 mars 2020 ils ont fait la démonstration d’une capacité supplémentaire. Deux AH-1Z Viper appartenant à l’escadron VMM-265 Dragons et basés sur l’USS Green Bay ont procédé à un tir réel de missile air-air AIM-9M. Cette version du célèbre Sidewinder peut être emportée à deux exemplaires sur ces hélicoptères, sur des rails spécialement conçus pour eux aux extrémités des moignons de voilure. La cible était un drone Northrop BQM-74E Chukar lancé depuis le même USS Green Bay. L’engin évoluait à moyenne altitude à une vitesse d’environ 750 kilomètres-heure. Il a été totalement détruit par le tir air-air.

Le fait que l’US Department of Defense ait choisi de réaliser ce tir réel en Mer de Chine méridionale et non au plus près des côtes américaines n’a rien d’innocent. Tout en demeurant dans l’espace aérien international l’aéronavale des États-Unis a démontré à la Chine qu’elle disposait d’une réelle capacité face à son aviation.
L’AIM-9 Sidewinder donne en effet au Viper une capacité de descendre tous les types d’aéronefs lents. Entendez par là que l’US Marines Corps peut avec ses hélicoptères de combat mettre en danger les voilures tournantes mais également les avions turbopropulsés qui voudraient s’approcher de trop près de ses bâtiments. Elle n’est pas obligé d’avoir recours à ses avions de combat AV-8B Harrier II et F-35B Lightning II, pourtant tous deux largement aptes aux missions air-air.

Le missile AIM-9M Sidewinder une fraction de seconde après son tir par l’AH-1Z Viper américain.

C’est donc tout autant un avertissement envoyé à la Chine qu’un bon moyen de vérifier que le duo Viper-Sidewinder fonctionne bien. Et dans les deux cas cela à certainement marché. Depuis deux semaines aucun navire de guerre chinois n’a été aperçu à trop grande proximité d’un bâtiment américain ou allié dans la zone.

Photos © US Navy.

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4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour, petite question: le Viper est un dérivé amélioré du Cobra? N’y avait-il pas déjà sur le Cobra des missiles anti-aériens?

    • Bien sûr qu’il y en avait des AIM-9 Sidewinder déjà mais aussi des AIM-92 Stinger. Mais ces emports demeuraient très marginaux, et même parfois quasi anecdotiques. Mais oui Sylvain on voit immédiatement le passionné qui connait le sujet. 🙂

  2. Arnaud, encore merci d’effacer mes messages. Mais j’apprends rien. Donc, des W Super Cobra ont bien été mis au standard Z Viper? Merci de me répondre ci possible.

    • Une fois encore Stéphane nous devons vous expliquer que votre commentaire n’a pas été effacé mais modéré. Il n’apportait rien et risquait d’induire nos lecteurs dans une possible erreur avec vos informations totalement fausses. Ce n’est pas la première fois que vous êtes modéré pour de tels faits.

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