La crise sanitaire est sans doute loin d’être derrière nous, de nombreux spécialistes de santé en attestent. Or chacun sait que l’avion de ligne est aujourd’hui le meilleur vecteur de propagation des pathologies. C’est en partant de ce constat très simple que des mesures ont été prises dans le pays afin de ralentir le développement du Covid19. Avec forcément plus ou moins de réussite et plus ou moins de contraintes purement administratives, après tout nous sommes en France.

Hier c’est monsieur Jean Castex, le premier ministre, qui en visite à Roissy-CDG annonçait que désormais les voyageurs en provenance de seize pays différents devraient se soumettre à un dépistage du Covid19. Celui-ci aurait lieu dans la structure aéroportuaire, à la descente de l’avion. C’est le test PCR qui a été choisi, vous savez ce gros coton-tige qu’une infirmière vous rentre au fond de la narine jusqu’à la limite du haut-le-cœur.
Sur le principe c’est pas mal du tout sauf que ce test demande 48 heures avant de livrer son résultat. Or durant cette période d’attente aucune mesure d’isolement sanitaire n’est pour l’instant décidée. Les passagers doivent juste donner un numéro de portable afin d’être joignable par l’ARS, l’Agence Régionale de Santé. Et s’ils sont positifs au coronavirus ils doivent respecter la désormais célèbre quatorzaine.

Seize pays sont donc aujourd’hui concernés par cette décision gouvernementale : Afrique du sud, Algérie, Bahreïn, Brésil, Émirats Arabes Unis, États-Unis, Inde, Israël, Koweït, Madagascar, Oman, Panama, Pérou, Qatar, Serbie, et Turquie. On remarquera que deux régions du globe se détachent en matière de présence. L’Afrique avec trois pays et le Moyen-Orient avec quatre. La présence du Brésil et des États-Unis s’explique par la vitesse à laquelle le coronavirus a explosé dans ces deux pays. Plus surprenante est la présence de la Serbie, seul pays européen actuellement dans la liste.
Car celle-ci est appelée à évoluer. Des territoires pourraient en sortir et d’autres y apparaitre. Par voie diplomatique déjà certains membres de la liste se sont dits choqués d’être ainsi pointés du doigt par la France. C’est le cas de l’Algérie, d’Israël, ou encore de la Turquie.

Mais ces tests PCR à la sortie même de l’avion ne sont qu’une nouvelle annonce. Il y a quelques jours plusieurs compagnies aériennes européennes, dont Air France, annonçaient des éclaircissements sur la question du masque individuel de protection. Si celui-ci est bel et bien obligatoire à bord des avions de ligne il faut savoir que seuls les masques dits jetables le sont. Les modèles FFP1, FFP2, et FFP3 bien entendu mais également le désormais fameux masque chirurgical de norme EN 14683. Et le masque en tissu ? Bah en fait il est interdit à bord.
Là où la situation devient totalement kafkaïenne c’est que ces mêmes masques en tissus sont fortement recommandés par les autorités dans les lieux publics et si possible dans la rue quand la distanciation sociale est impossible. Mais ils sont donc rejetés dans les avions de ligne. Comme disait une de mes anciennes patronnes : on marche sur la tête.

Alors pour être clair il faut savoir que le test PCR ne sera réellement obligatoire à l’entrée du territoire français qu’à partir du 1er août 2020. Ce temps d’attente est lié aux obligations légales, notamment au niveau du décret d’application. La France reste la France.

Photo © Wikimédia Commons.

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