L’information a été officialisée par Moscou ce samedi 16 janvier 2021. Une escadrille de chasseurs de supériorité aérienne Mikoyan MiG-31BM Foxhound a été envoyé sur la base aérienne de Rogachevo sur l’île Loujny. Il s’agit pour la Russie de disposer désormais d’avions de combat dans la très stratégique zone arctique en Mer de Barents. Il s’agit d’une des régions les plus fortement militarisés du globe depuis les années 1950.

Pourtant aucun chasseur n’avait été déployé sur place depuis près de trente ans. Les derniers étaient une escadrille de Sukhoi Su-27 Flanker partis de la base aérienne de Rogachevo en 1993. Ils y étaient depuis cinq ans. Avant eux des chasseurs Yakovlev Yak-28 Firebar et Tupolev Tu-128 Fiddler avaient été stationnés sur place. Un temps l’Union Soviétique y affecta même quelques Mikoyan-Gurevitch MiG-25 Foxbat après qu’au moins deux avions de reconnaissance Lockheed SR-71 Blackbird de l’US Air Force aient été aperçu au radar à quelques semaines d’écart. Malheureusement les biréacteurs soviétiques trisoniques n’y restèrent pas longtemps, en raison de son climat jugé trop rude pour leurs cellules.

Pendant la Guerre Froide la Nouvelle-Zemble, qui rappelons-le rassemble les îles de Loujny au sud et de Severny au nord avec le tout petit détroit de Matotchkine entre les deux, fut le théâtre de nombreux essais atomiques atmosphériques. Quatre sites nucléaires ultrasensibles pour l’Union Soviétique la jalonnaient. C’est notamment là qu’explosa la fameuse et terrifiante Tsar Bomba de 57 mégatonnes le 30 octobre 1961.
Selon de nombreuses ONG écologistes les terres de Nouvelle-Zamble sont la zone la plus radioactive de la planète, et ce pour des milliers d’années encore.

Aujourd’hui la situation a un peu changé. Même si des vols de reconnaissance de l’OTAN sont encore assez fréquents dans la région ce n’est plus pour espionner les dits sites nucléaires. La Russie ne s’en sert plus. Il s’agit plutôt pour l’alliance Atlantique, et notamment les Norvégiens, de surveiller l’activité gazière et minière russe. La guerre économique a donc pris la pas sur la guerre du renseignement pur. Pour autant Moscou ne veut pas prendre de risques et cela explique la présence désormais confirmée de chasseurs MiG-31BM, le plus puissant avion de son arsenal aérien. Trois avions de soutien, deux Antonov An-26 et un An-72 ont été également observé dans la région. Par contre aucune trace d’un éventuel avion de ravitaillement en vol.

Photo © ministère russe de la défense.

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3 COMMENTAIRES

  1. mes popcorns sont déja prêt pour les communiqués de presse à base « d’interception non professionnelle » et autre de ce style avec la réponse d’en face qui se traduira par un « vent »

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