Alors certes il n’est pas le premier jet construit à avoir décollé, cet honneur revient au Heinkel He 176 allemand, n’empêche que l’appareil demeure mythique. Le jeudi 15 mai 1941, il y a donc pile-poil 80 ans, le Gloster E.28/39 Whittle réalisait son vol inaugural. Il s’agissait du premier avion à réaction britannique mais aussi allié ! En cette Seconde Guerre mondiale la course à l’armement était aussi une course à la vitesse des avions.

L’avancée des ingénieurs allemands était bien connue des Alliés en ce printemps 1941. L’Amérique n’était pas encore en guerre, la France n’y était déjà plus. Le Royaume-Uni était donc plus que jamais isolé, avec les seules nations du Commonwealth à ses côtés. L’Union Soviétique se battait alors aux côtés de l’Allemagne nazie.
Pourtant les Britanniques ne baissaient pas les bras ! Ils venaient de réussir à remporter la Bataille d’Angleterre, la Royal Air Force repoussant les assauts de la Luftwaffe. La première véritable bataille aérienne avait été gagnée par les Alliés.

Une guerre technologique, sans affrontement direct, sans combat, sans tir de mitrailleuses, sans bombe pourtant se jouait entre Allemands et Britanniques : celle de l’aviation à réaction. Et les premières batailles avaient là été remportées haut la main par les Allemands. Depuis l’été 1939 la société Heinkel faisait voler des jets expérimentaux. Les services britanniques de renseignement militaires savaient que Junkers et Messerschmitt travaillaient alors d’arrache-pied pour concevoir des chasseurs capables de dépasser les 800 kilomètres heures, et donc de damer le pion aux meilleurs avions britanniques de l’époque et notamment le Supermarine Spitfire. L’Angleterre devait riposter.

Dans le plus grand secret ce jeudi 15 mai 1941, par une belle journée de printemps, le centre d’essais de RAF Cranwell dans le comté du Lincolnshire allait entrer dans l’histoire aéronautique.
Sous les ordres de l’ingénieur en chef Frank Whittle la société Gloster avait développé un petit avion monoréacteur : l’E.28/39. Et après des essais de roulage de nuit l’avion était prêt à prendre son envol. Le Flight Lieutnant Gerry Slayer, âgé de 36 ans, se mit aux commandes de la machine. Il était son pilote d’essais attitré.

Slayer lança le Goster E.28/39 sur le tarmac de RAF Cranwell et s’éleva rapidement dans les airs. Sa turbine «tournait» alors à 17000 tours/minutes, permettant ainsi au petit avion de monter à 25000 pieds soit 7620 mètres. Durant les dix-sept minutes de vol de l’avion Gerry Slayer réussit à atteindre la vitesse de 563 kilomètres heures. La Grande Bretagne venait de rejoindre l’Allemagne dans l’ère de l’aviation à réaction.

Par la suite Allemands et Britanniques allaient s’affronter pour savoir qui alignerait le meilleur chasseur à réaction du conflit. Un compétition qui effaça rapidement les Américains, les Italiens, les Japonais, et les Soviétiques incapables de leur tenir tête.
Il faudra attendre la paix revenue en 1945 pour que la domination américaine sur l’aviation à réaction soit réellement palpable. Et encore elle fut rapidement contesté par les Soviétiques.

Photos © BAE Systems

 

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7 COMMENTAIRES

  1. Je vais être tatillon mais en mai 1941 l’Allemagne nazie ne se battait pas aux côtés de l’URSS. Un pays d’extrême droite ne pouvant être allié à un pays d’extrême gauche. En mai 1941 nous sommes à un mois de l’opération Barbarossa. Certes ils s’étaient partagés la Pologne mais ça c’était en septembre 1939, attaquant sur 2 fronts bien différents, à 2 semaines d’intervalle. De toute manière en signant le pacte de non agression, l’URSS savait que la guerre était de toute façon inévitable. Elle lui a fait gagner 1 an et demi et 300 km de terrain en Pologne qui allaient lui être precieux contre l’offensive allemande à venir. Ce pacte était bénéfique pour les deux. L’Allemagne a pu se concentrer à l’ouest sans craindre une attaque soviétique et l’URSS de réorganiser son armée et de se concentrer à l’extrême-orient car craignant encore un front d’envergure contre le Japon qui avait commencé à la bataille de Khalkhin Gol en Mongolie, faisant alors partie de la Chine. C’est une fois que l’URSS avait la certitude que le Japon ne l’attaquerai plus, qu’elle a pu rapatrier ses armées de Sibérie et les placer à l’ouest sur un seul front en attendant la probable attaque allemande.

    • Vous êtes peut-être tatillon Dimitri mais sur ce coup là vous êtes à l’ouest. Tant que Barbarossa n’avait pas été déclenchée par les Allemands, les Soviétiques se considéraient encore comme leurs alliés. Donc en mai 1941 de facto ils l’étaient. L’Allemagne hitlérienne ne se retourna contre son ex-allié que le mois suivant. 😉

        • Pour mémoire l’URSS a aidé son allié allemand à envahir la Pologne, certes avec plusieurs jours de retard mais Staline n’a pas regarder sans rien faire. Il a aidé les nazis dans leurs opérations polonaises. Vous pouvez retourner la question dans tous les sens, c’est une alliance objective.
          Et franchement Wikipédia est une source discutable…

  2. Pour une fois je rejoins Arnaud. L’URSS était bien alliée des nazis. Cela se traduit clairement par trois faits concrets, entre autres. Premièrement, le partage de la Pologne, deuxièmement, le sabotage de l’industrie d’armement française pendant la drôle de guerre à l’instigation du PCF lui même inféodé à l’URSS, troisièmement la fourniture de matières premières en grande quantité par l’URSS à l’Allemagne (notamment pétrole) jusqu’au 21 juin 41. D’ailleurs la cessation de la fourniture de pétrole à l’Allemagne dès le 22 a été une des causes de la défaite finale de l’Axe.

  3. Et alors ? Ça s’appelle le commerce. Toutes ces matières premières n’ont pas été données mais comme échangés contre des machines allemande , des produits manufacturés et des technologies. C’était pareil en France. La France avait passé des commandes d’avions italiens Caproni mais avec la déclaration de guerre de l’Italie à la France, tout les contrats ont été annulés du jour au lendemain.
    Certes l’Allemagne nazie et l’URSS ont signés traités et contrats commerciaux à partir de 1939 mais chacun pensais a son propre bénéfice et faire « le plein de force » avant une plus que possible entrée en guerre l’un contre l’autre. Sérieusement, pas une seconde je n’arrive à penser que l’un comme l’autre ai pu à un moment donné être convaincu être l’allié de l’autre. Un pays d’extrême droite allié avec un d’extrême gauche. Les idées qu’ils défendaient étaient exactement l’antithèse de l’autre. Ils étaient fait pour se haïr plutôt que de s’entendre comme des ennemis naturels. Je ne pense pas l’URSS aussi naïf. Ils connaissaient les ambitions d’extensions d’Hitler en direction de l’est dès 1933. Ce pacte de non-agression n’avait jamais été signé si le traité de défense mutuelle entre France, Royaume-Uni et URSS n’était pas tombé à l’eau.

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