On peut être le plus grand musée aéronautique du monde et pourtant avoir besoin d’un petit coup de neuf. C’est ainsi qu’ont pensé les administrateurs du National Air & Space Museum qui ont eu l’idée de lancer une totale rénovation de la galerie des premiers vols, celle des précurseurs de l’aviation. Une démarche similaire eut lieu au Musée de l’Air et de l’Espace voici maintenant quelques années. Le résultat à Washington DC s’annonce phénoménal.

Dans cette future Early Flight Gallery point de mitrailleuses lourdes, de bombes en grappes, ou d’avions à réaction. Ici tout va respirer la baguette de bois, la toile enduite, et le vieux moteur bien huilé. Les pièces de collection qui s’y trouveront ont toutes volé avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Oui ce sont de vieux avions, on peut même pour eux parler d’aéroplanes.

Il y en a qui ont des araignées au plafond, le NASM y aura un biplan Curtiss Pusher lui.

Avant d’exposer ces antiquités du ciel le National Air & Space Museum a demandé à ses mécènes de sortir la planche à billets. Plus de cinquante millions de dollars US ont été nécessaires pour refaire le bâtiment, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Les ouvriers s’y attèlent depuis plus d’un an maintenant. La crise du Covid-19 et la fermeture forcée du musée ont bien aidé les travaux à avancer. Pour autant il reste encore du pain sur la planche.

Est-ce donc uniquement un coup de peinture dedans et dehors qui coûte aussi cher ? Bien sûr que non. Dans les ateliers de restauration du NASM les petites mains s’activent. Ils recoudre puis retendre les toiles, replanter quelques milliers de clous, déposer les moteurs et les reprendre à zéro. Et tout se fait à la main, pas une once d’industrialisation.
Il faut dire que les aéronefs sur lesquels travaillent ou ont travaillé les experts américains sont des morceaux de l’histoire aéronautique : monoplan Blériot XI, biplan Curtiss Pusher, hydravion Ecker, planeur Lilienthal, sans oublier bien sûr la merveille des merveilles : le Flyer I des frères Wright. C’est simple chacune de ces machines est considérée comme un monument historique aux États-Unis, même le biplan Curtiss Pusher pourtant une réplique construite dans les années 1920.

Oui oui ce Blériot XI français sera bien présenté au plafond, la tête en bas.

Normalement les travaux devraient finir le mois prochain, pour une inauguration en grandes pompes avec le Président des États-Unis Joe Biden à l’occasion des festivités du 4 juillet. Autant dire qu’ouvriers et restaurateurs ont la pression. Pour autant pas question de bâcler le travail. Si la réouverture doit attendre elle sera repoussée. Ces avions ont bien attendus quelques dizaines d’années, ils peuvent bien patienter encore quelques semaines avant de découvrir leur nouvelle écrin.

C’est l’aile d’un authentique planeur Lilienthal de la fin du XIXe siècle que cette restauratrice reprend avec minutie et soins.

Bien sûr on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la restauration au Bourget de la prestigieuse salle des huit colonnes, dans la Grande Galerie. Pourtant si le bâtiment français est déjà à lui-seul historique pour l’aviation international il en est tout autrement du National Air & Space Museum. C’est juste un musée ! Mais quel musée…

Photos © National Air & Space Museum.

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