On dit souvent que les premiers contacts sont souvent ceux qui structurent une relation. Or depuis le début de la crise humanitaire en Afghanistan l’Amérique s’est heurtée à plusieurs défis dont celui de l’orientation des réfugiés dont elle s’est chargée. L’une des réponses apportées a été l’installation d’un hub permettant l’accueil administratif et sanitaire à NAS Sigonella en Sicile. C’est donc l’US Navy et l’US Marines Corps qui en ont la charge.

Ces Afghanes ont tout perdu et arrivent en Sicile avant les États-Unis.

D’Afghanistan les États-Unis évacuent par les airs deux populations bien différentes. D’une part il y a logiquement ses ressortissants ainsi que ceux de pays alliés n’ayant pas les capacités ou les compétences pour se rendre à Kaboul. D’autre part il y a les dizaines de milliers de réfugiés afghans qui fuient les risques d’assassinats par le nouveau régime taliban. Pour cette seconde catégorie le Pentagone a dû agir dans l’urgence.

Si la très grande majorité quitte Kaboul à bord des Boeing C-17A Globemaster III de l’US Air Force il lui est impossible de rejoindre directement le territoire américain. Le rayon d’action de ces quadriréacteurs ne le permet pas. Pour autant il y a d’autres sols américains que le territoire des États-Unis en lui-même : les bases militaires américaines permanentes. Et actuellement l’une des plus utilisés se trouve au sud de l’Union Européenne : NAS Sigonella en Sicile.

Pour y accéder deux solutions donc pour les réfugiés afghans : directement depuis Kaboul si leur avion n’est pas trop plein ou bien depuis les Émirats Arabes Unis et la Qatar où la majorité des pays occidentaux dispose d’un premier hub. Là les réfugiés peuvent se reposer quelques heures, se restaurer, boire de l’eau, et recevoir les premiers soins. Puis ils reprennent l’avion direction l’île italienne. À bord de Boeing C-40 Clipper de l’US Air Force et de l’US Navy ou de McDonnell-Douglas KC-10 Extender de l’US Air Force ils goûtent ainsi à une première liberté très encadrée par l’administration américaine.

NAS Sigonella n’est pas exactement une zone de transit comme le sont Abou Dabi et Doha. C’est ce que le Pentagone appelle un hub administratif et sanitaire. Pour la première partie il s’agit de répartir les réfugiés entre les cinquante états américains suivant plusieurs critères autant humanitaires que bêtement géographiques. Il faut aussi que les services de renseignement puissent détecter d’éventuels talibans infiltrés, l’une des phases les plus délicates. Enfin l’administration fédérale américaine doit leur délivrer les précieuses attestations de résidence sur le sol américain.
La seconde partie concerne les soins et notamment la prévention vis-à-vis de la propagation du coronavirus Covid-19. Les populations réfugiées reçoivent donc en Sicile une première dose de vaccin. Les enfants sont systématiquement vus par des pédiatres et leurs mères peuvent avoir accès gratuitement aux soins. Des assistants psychologues sont présents en nombre.

De jour comme de nuit les vols de réfugiés arrivent à NAS Sigonella.

Pour toutes ces démarches administratives et actions humanitaires une base aéronavale comme celle de Sigonella est parfaite. Elle est vaste, bien équipée, et facile à défendre contre les risques d’attentats de la part des talibans ou de Daech.
Au bout de quelques jours en Sicile les réfugiés quittent le hub à bord d’avions de ligne spécialement réquisitionnés et commencent leur nouvelle vie aux États-Unis, loin de la violence des talibans mais aussi de leurs racines.

Photos © US Navy

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