Lundi 12 décembre 2022 les forces d’occupation russe déployées dans la région de Donetsk annonçaient avoir réussi à capturer un exemplaire du drone léger A1-CM Furia appartenant à l’armée ukrainienne. C’est sans doute vrai et cela va permettre à Moscou de disséquer une des machines que ses militaires ont le plus appris à craindre depuis que Vladimir Poutine a décidé de lancer son «opération spéciale» de «dénazification». Sur le terrain cette petite aile volante de facture locale est devenue un outil très efficace de renseignement de proximité mais aussi de réglage des tirs d’artillerie. Et en plus elle est, dit-on, très facile d’entretien et de réparations.

Les marquages de nationalité identifient clairement la provenance de cet A1-CM Furia.

Tout le monde ou presque a vu ces images fournies par la BBC, par France 24, ou encore par BFMTV des villes ukrainiennes dévastées après le retrait des troupes d’invasions russes et de leurs supplétifs tchétchènes. Prises depuis les airs, elles portaient clairement la marque de vidéos issus de drones. Dans la quasi totalité des cas elles étaient placés sous copyright du ministère ukrainien de la défense, et là encore dans la quasi totalité des cas elle était le fruit des caméras haute définition du drone léger A1-CM Furia.
Outil de communication pour le monde extérieur, de propagande diront certains, l’A1-CM Furia n’a rien d’un concentré de haute technologie. C’est même plutôt tout l’inverse.

Entrant dans la même catégorie que l’AeroVironment RQ-11 Raven américain c’est un drone de contact. Comme lui d’ailleurs il est très léger (à peine cinq kilos et demi) et peut être lancé «à la main». Développé par la société Athlon Avia et possédant un petit moteur électrique actionnant une hélice propulsive l’A1-CM Furia est extrêmement silencieux. Tellement même qu’il permet aux artilleurs ukrainiens de connaître parfaitement les positions ennemies, notamment celles des mercenaires du groupe Wagner. Des localisations ensuite transmises aux batteries dotées notamment des fameux CAESAR français ou encore PzH allemands. Les drones guident aussi les servants du célèbre système M142 HIMARS américain et ses roquettes à longue distance.

Drone A1-CM Furia en activité sur le champ de bataille.

Omniprésent depuis le début de la guerre ce drone avec ses cinquante kilomètres de rayon d’action et ses trois heures d’autonomie est devenu l’auxiliaire de toute une armée. Il se dit que près d’un millier serait actuellement en dotation, même si d’autres sources n’en indiquent que deux cent cinquante. Quoi qu’il en soit celui tombé à Lyman entre les mains des forces d’invasions russes sera riche d’enseignements pour elles. Car si elles en ont abattu plusieurs depuis le début de cette guerre elles n’avaient jusque là jamais révélé en avoir capturé un. Il y a cependant une info capitale que ce drone ne révélera sans doute pas aux troupes ennemies, c’est l’emplacement exacte de l’usine d’assemblage d’Athlon Avia. Il s’agit là d’un lieu parmi les plus importants pour la résistance face aux forces de Vladimir Poutine.
Le gros avantage de l’A1-CM Furia c’est sa rusticité. Fabriqué en composites et plastiques il peut aisément être réparé, y compris avec du ruban adhésif de plomberie. Il se dit même depuis plusieurs semaines que de simples imprimantes 3D permettraient de réaliser des pièces détachées sans avoir besoin d’envoyer le drone en ateliers.

Photos © Athlon Avia.

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