Il y a 90 ans volait le prototype du bombardier Armstrong Whitworth Whitley.

La Seconde Guerre mondiale eut cela d’extraordinaire qu’elle mit en avant des tas d’aéronefs différents, et ce dans tous les camps. Outre-Manche les bombardiers ont tenu une place à part durant le conflit, notamment les bimoteurs. L’élégant et pourtant méconnu Armstrong Whitworth Whitley fut de ceux-là, lui qui vola pour la première fois le mardi 17 mars 1936. Il y a donc pile 90 ans.

Avec des moteurs en étoile Tiger…

Quand on parle de bombardiers bimoteurs britanniques de la Seconde Guerre mondiale on pense généralement aux Bristol Blenheim et Beaufort, aux De Havilland Mosquito, ou encore aux Vickers Wellington tant ces avions ont su marquer leur temps. Pourtant au début du conflit un des principaux appareils de ce type était l’Armstrong Whitworth Whitley d’abord motorisés par des Armstrong Siddeley Tiger à quatorze cylindres en étoile puis ensuite par des Rolls-Royce Merlin à douze cylindres en V. La Royal Air Force l’utilisa aussi bien comme bombardier moyen à long rayon d’action que comme chasseur de sous-marins au sein du Coastal Command.
Le 1er septembre 1939, c’est à dire au tout début du conflit, le Whitley entra dans l’Histoire grâce à la technique dite des bumphlet raids. De tels bombardiers larguèrent sur les villes allemandes de Brêmes et Hambourg des dizaines de milliers de tracts révélant que le territoire allemand n’était pas à l’abri des bombardiers de la RAF. C’était de la guerre psychologique, et ça marcha. Tellement bien que les nazis renforcèrent la Flak, leur fameuse DCA. Un mois plus tard c’est Berlin qui subissait le même type de raids, sans que les Whitley ne soient plus inquiétés que cela. Un camouflet pour Adolf Hitler et ses généraux.

Au fur et à mesure de l’arrivée de bombardiers plus modernes, notamment quadrimoteurs, les Armstrong Whitworth Whitley furent relégués à de nouvelles missions. À l’été 1940 il rejoignirent les Avro Manchester dans le rôle (alors ingrat) de bombardiers nocturnes. Frappant les villes allemandes et italiennes leurs équipages posèrent en fait les bases de ce qui allait devenir le bombardement stratégique allié dès le début de l’année 1942.
Le Whitley s’est aussi illustré comme transport de parachutistes, notamment clandestins, ou encore dans le remorquage de planeurs d’assaut Airspeed Horsa.

… ou des moteurs en V Merlin.

Jugé trop fragile face aux chasseurs de nuit de la Luftwaffe les Armstrong Whitworth Whitley furent finalement retirés du service actif au sein du Bomber Command à l’automne 1943. Le Coastal Command de son côté le conserva jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, appréciant ses capacités de vitesse et de charge offensive.
L’Armstrong Whitworth Whitley est un des rares avions britanniques à n’avoir servi que sous la cocarde de la Royal Air Force… et de la Fleet Air Arm qui l’employa de 1944 à 1946 comme avion d’entraînement avancé. Les Australiens, les Canadiens, et pas non plus les Néo-Zélandais ne volèrent dessus.

Et tout ça partit d’un premier vol survenu le mardi 17 mars 1936.

Photos © Imperial War Museum


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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