FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Changhe Z-11
Constructeur : Changhe Aircraft Industries Corporation
Désignation : Z-11
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1997
Pays d'origine : Chine
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère léger polyvalent, hélicoptère de combat.

HISTOIRE

Changhe Z-11 :
L'étrange copie chinoise de l'Écureuil”

Durant plusieurs années l’industrie aéronautique chinoise a été totalement dépendante du bon vouloir de l’Union Soviétique. Moscou faisait alors la pluie et le beau temps auprès de Pékin pour tout ce qui touchait à la construction d’avions et d’hélicoptères. Après la rupture idéologique entre marxistes léninistes d’un côtés et maoïstes de l’autre ces derniers se sont petit à petit tournés vers d’autres fournisseurs. C’est notamment la France avec qui elle entretenait d’excellente relations diplomatiques depuis plusieurs décennies qui a permis à la Chine de se développer dans ce domaine. Plusieurs contrats ont été signé notamment un accord autour de la production de l’hélicoptère Aérospatiale SA-321J Super Frelon.
Or cette relation de confiance a été quelque peu émoussée par l’apparition d’un hélicoptère ressemblant fortement à une machine française pour laquelle l’hélicoptériste chinois Changhe ne possédait aucune licence : le Z-11.

C’est à la fin des années 1980 que la direction du constructeur Changhe chargea une équipe de designers et d’ingénieurs dirigée par Wu Ximing de développer un hélicoptère léger 100% chinois. La très grande majorité de ces gens avait été formée en France chez Aérospatiale et avait travaillé sur plusieurs machines alors en commercialisation.
Aussi il leur était facile de concevoir une telle machine puisqu’ils avaient travaillé dessus durant ces stages de formation. Le nouvel appareil reçut la désignation de Z-11.

Les premières ébauches présentées aux responsables chinois ne laissaient aucun doute sur l’inspiration de l’hélicoptère : l’AS.350 Écureuil. En fait hormis un nez légèrement allongé et des patins d’atterrissage redessinés le Changhe Z-11 en était extérieurement la parfaite copie. Un prototype fut commandé en juin 1990. À cette époque ce programme était un des plus confidentiels en Chine avec celui du chasseur Chengdu J-10. Il faut dire que comme ce dernier le Changhe Z-11 incarnait alors l’avenir aéronautique chinois puisque conçu et fabriqué avec assistance informatique.

La surprise occidentale fut énorme quand l’hélicoptère réalisa son premier vol le 22 décembre 1994. Il entraîna même une brouille diplomatique franco-chinoise de quelques mois et le renvoi de tous les ingénieurs en formation à cette époque chez Eurocopter en Allemagne et en France. L’hélicoptériste européen acceptait mal que son hélicoptère léger vedette soit ainsi copié… sans autorisation.
Pourtant très rapidement il devint évident en Europe que l’Écureuil n’avait rien à craindre de ce Z-11 que l’industrie chinoise peinait à mettre au point. Les essais en vols prévus initialement pour ne durer que trois ans se terminèrent finalement début 2000.
Pis jamais l’hélicoptère ne reçut de certification de type aux États-Unis et en Europe, sa commercialisation étant alors impossible sur ces deux marchés très porteurs.

Pour autant dès 1997 les forces armées et aériennes chinoises commencèrent à recevoir leurs premiers exemplaires. Ces Changhe Z-11, porteurs de livrées camouflées, étaient en charge avant tout de l’entraînement et des liaisons sous la désignation Z-11J. Quarante exemplaires furent achetés et livrés jusqu’en 2005. Une version de lutte antichar désignée Z-11W fut également commandée. Armés de quatre missiles filo-guidés HJ-8 (très similaire au HOT franco-allemand et au TOW américain) installés deux par deux de chaque côtés. Bien que le Z-11 ait représenté une bonne plateforme de tir antichar la Chine ne dépassa pas les vingt-deux exemplaires produits, son principal hélicoptère antichar demeurant le Harbin Z-9W.

En 2001 les autorités chinoises demandèrent à Changhe de réaliser des essais en haute montagne afin de valider l’emploi du Z-11 comme plateforme de recherches et sauvetages dans ce type de relief. C’est l’année suivante que l’expérimentation eut lieu mais sans véritable succès.
Les relations entre Pékin et Paris s’étant réchauffées un accord fut trouvé afin de fournir à Changhe des turbines Turboméca Ariel 2B1 similaires à celles utilisés sur AS.350B3 et sur EC130. Ainsi naquit le Z-11MB-1 destiné au vol en haute montagne. La Chine espérait ainsi pouvoir vendre son hélicoptère aux Indiens et Pakistanais en remplacement de leurs Aérospatiale SA-315 Lama vieillissants, mais c’était sans compter sur l’agressivité des commerciaux allemands et français. Là encore jamais le Z-11MB-1 ne réussit à s’imposer. Pis, même en Chine les opérateurs privés le boudaient au profit de l’Écureuil !

À la même époque pourtant l’hélicoptère connut son premier succès à l’export, l’armée argentine acheta dix exemplaires du Z-11J pour des besoins en matière de liaisons et d’entraînement. Si le premier appareil a été produit en Chine les autres ont été assemblés localement par la société FAdeA, la nouvelle raison sociale de FMA.

Au début des années 2010 les responsables de la société Avicopter, qui avait repris les actifs de Changhe, décidèrent de relancer la carrière chaotique du Z-11. Pour cela ils reprirent en profondeur son esthétique, cassant littéralement son nez et lui octroyant de plus grandes surfaces vitrées. L’avionique chinoise d’origine des premières série fut remplacée par une occidentale conçue avec l’aide d’équipementiers américains et européens.
Il fut décidé alors que la version civile/parapublique et soutien militaire de ce nouvel appareil serait désignée AC311 tandis que la version de reconnaissance armée et de combat léger deviendrait le CZ-11W.

Quelques exemplaires de ce dernier ont été commandés par l’armée chinoise comme hélicoptères de reconnaissance au profit des hélicoptères de combat Changhe WZ-10 sous la désignation de Changhe Z-11WB. L’Argentine s’est dite en 2016 également intéressée par vingt exemplaires de cet hélicoptère d’attaque léger nouvelle génération bien moins onéreux que les appareils produits aux États-Unis ou en Europe. D’autant que les Chinois ont proposé aux Argentins l’assemblage local de ces machines.

Les Changhe Z-11 destinés au marché intérieur sont propulsés par une turbine chinoise WZ-8D développant 690 chevaux tandis que ceux destinés à l’export sont proposés avec l’Arriel 2B1 française de 730 chevaux. Pour autant cet hélicoptère ne semble toujours pas devenir un succès à l’export face aux machines d’Airbus Helicopters, de Bell Helicopter, et de Sikorsky.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Changhe Z-11W
Envergure : 10.72 m diamètre du rotor principal.
Longueur : 11.24 m
Hauteur : 3.14 m
Motorisation : 1 turbine AVIC WZ-8D
Puissance totale : 1 x 690 ch.
Armement : Quatre missiles antichar HJ-8.
Charge utile :
Poids en charge : 2200 kg
Vitesse max. : 265 km/h à 1500 m
Plafond pratique : 5200 m
Distance max. : 550 Km à masse maximale.
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Changhe Z-11

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Changhe Z-11

VIDÉO

Démonstration du Z-11 de présérie argentin.