FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Junkers K-37
Constructeur : Junkers Flugzeug Motorenwerke AG
Désignation : K-37
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : Junkers S-36, Mitsubishi Ki-1
Mise en service : 1933
Pays d'origine : Allemagne
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier moyen

HISTOIRE

Junkers K-37 :
Le précurseur du mythique Junkers Ju 88”

Durant la Seconde Guerre mondiale la Luftwaffe utilisa quelques-uns des meilleurs avions d’armes du conflit. Des machines nées du génie de quelques ingénieurs comme Walter Blume, Ernst Heinkel, Hugo Junkers, ou encore Kurt Tank. Pour autant il s’agissait souvent de projets mûrement réfléchis et tirant leurs origines d’avions apparus avant l’ère nazie dans la clandestinité des restrictions du traité de Versailles. L’un de ceux-ci fut un étonnant bombardier moyen bimoteur qui s’il ne connut pas de carrière opérationnelle en Allemagne fut activement employé par le Japon : le Junkers K-37.

Tout commença fin 1926 quand Hugo Junkers se lança dans le développement d’un nouveau modèle d’avion postal. Il ne s’agissait pas du tout de répondre à une quelconque demande de la poste allemande ou d’une compagnie aérienne mais plutôt d’essayer de contourner les interdictions édictées par les Britanniques et les Français sept ans plus tôt. En fait plusieurs ingénieurs allemands avaient remarqué qu’en prétextant travailler sur des programmes d’avions postaux ils pouvaient efficacement se concentrer sur des machines bien plus guerrières : les bombardiers. Le nouveau programme reçut la désignation de S-36, S pour Spezial.

Afin de permettre d’éviter les yeux indiscrets des services officiels britanniques et français l’avionneur allemand avait inauguré quelques temps plus tôt un atelier à Malmö en Suède. Ce pays étant neutre il ne risquait pas d’attirer l’attention de l’ennemi. Ce jeu de dupes tenait tant bien que mal. Les aéronefs étaient dessinés en Allemagne dans le plus grand secret et les plans étaient ensuite convoyés en Suède. Le programme S-36 étant destiné à fournir un avion civil Junkers eut l’autorisation d’acheter un lot de moteurs à neuf cylindres en étoile Bristol Jupiter de facture britannique. D’une puissance unitaire de 375 chevaux deux d’entre eux animaient le S-36. Ce triplace en tandem à l’air libre de construction métallique disposait d’un train d’atterrissage classique fixe, d’une aile basse cantilever, et d’un empennage double dérive.
Malgré son immatriculation civile suédoise S-AABL l’avion ressemblait bien plus à une machine militaire qu’à un paisible appareil de transport de courrier. Il ne lui manquait plus que l’armement. Pour autant les autorités alliées n’y virent que du feu.
Il vola en février 1927 puis fut transféré quelques temps plus tard en Allemagne où il reçut son immatriculation définitive D-1252.

Le Junkers S-36 ayant reçu l’approbation franco-britannique l’avionneur décida d’en développer une version militaire destinée théoriquement aux besoins suédois. Jamais la Flygvapen n’avait émis le moindre souhait en ce sens, mais Hugo Junkers avait ses entrées au sein du gouvernement de ce pays. Il avait même su s’entourer d’ingénieurs suédois avec en premier lieu Carl Haddon.
La version militaire du S-36 reçut la désignation K-37, K pour Kampfflugeug. Ce mot signifie «avion de combat» en français. Le K-37 était en réalité un bombardier moyen. Il vola pour la première fois en septembre 1927.

Sans surprise l’aviation suédoise ne s’y intéressa pas malgré la présence de l’ingénieur Carl Haddon dans l’équipe de réalisation. Le Junkers K-37 fut ensuite proposé à plusieurs pays comme la jeune Union Soviétique mais là encore il fit chou blanc.
Finalement en juin 1930 un accord industriel fut trouvé entre Junkers et le constructeur japonais Mitsubishi afin de produire localement cent dix-huit exemplaires du K-37 sous la désignation Ki-1. Quelques menues améliorations furent apportées à la demande des autorités nippones.

La première d’entre-elles fut l’adoption d’une nouvelle motorisation sous la forme de deux Mitsubishi Ha2-II à douze cylindres en V d’une puissance unitaire de 700 chevaux entraînant chacun une hélice tripale en métal. Ensuite le patin arrière d’atterrissage fut remplacé par une roulette de queue, et enfin l’armement fut adapté aux habitudes japonaises. Les trois mitrailleuses mobiles de calibre 7.92 millimètres étaient remplacées par des armes similaires mais de calibre 7.7 millimètres. La charge de bombe de 1500 kilogrammes demeurait la même. Toutes ces modifications ainsi que des lenteurs administratives typiquement japonaises firent que le prototype du Mitsubishi Ki-1 ne vola qu’en mars 1933.

Les premiers exemplaires de série entrèrent en service dans l’aviation impériale nippone en septembre 1933. Pour les Japonais le Mitsubishi Ki-1 apportait une véritable plus-value. C’était un bombardier rapide, lourdement armé, manœuvrable, et d’un pilotage assez aisé. Ils permirent de remplacer les Kawasaki Ka 87, des Dornier Do N également allemands, construits sous licence locale et alors en voie d’obsolescence. Les Ki-1 permirent aussi de remplacer les vieux bombardiers biplans Mitsubishi 2MB1.
Afin de guider les techniciens et ingénieurs japonais Mitsubishi avait reçu l’aide de personnels allemands provenant de chez Junkers. À l’origine ils y avaient été dépêchés dans le cadre du programme de bombardier lourd quadrimoteur Junkers K-51, devenu localement Mitsubishi Ki-20, mais aidèrent aussi au programme K-37.

Les Mitsubishi Ki-1 furent parmi les premiers bombardiers japonais engagés après l’invasion de la vaste région chinoise de Manchourie. Leur rôle n’était pas la conquête puisque le territoire avait été totalement annexé mais plus la lutte contre les poches de résistance chinoise. Entre fin 1933 et mi-1935 plusieurs bombardements eurent lieu contre des cibles civiles dans la très peuplée province du Liaoning.
À partir de juillet 1937 les Ki-1 participèrent par contre à l’invasion du reste de la Chine dans le cadre de la politique expansionniste impériale du Japon. Plusieurs villes furent la cibles de bombardements à l’aide de munitions incendiaires. Les Ki-1 ne mirent pas longtemps à se faire une sinistre réputation en Chine où 90% des habitations étaient faites de bois et de papier. Malgré cette efficacité les Ki-1 commencèrent à quitter le service à l’automne 1939 du fait de l’arrivée en dotation d’un modèle nettement plus avancé : le Mitsubishi Ki-21 Sally.

Il est à signaler qu’en 1935 la jeune Luftwaffe fit transformer le prototype du Junkers S-36 au standard K-37 afin de l’employer comme avion d’entraînement avancé au bombardement. Évoluant sous immatriculation civile D-AMIX il arborait déjà la croix gammée sur fond rouge au niveau des empennages. Ce fut le seul et unique K-37 en dotation dans l’aviation hitlérienne. Il fut retiré du service fin 1938 au profit d’un Junkers Ju 86 bien plus adapté à la mission.

Bombardier passablement retombé dans l’oubli le Junkers K-37, malgré son corollaire japonais Mitsubishi Ki-1, fut à l’origine d’un des avions les plus réussis de la Seconde Guerre mondiale : le bimoteur de bombardement et de chasse nocturne Junkers Ju 88. Certains historiens font également le lien entre le K-37 et le Saab B18 suédois. Ce dernier a en effet été développé en partie par l’ingénieur Carl Haddon.
Le Mitsubishi Ki-1 a donné naissance à un bombardier léger bimoteur : le Ki-2 Louise.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Mitsubishi Ki-1-I
Envergure : 26.50 m
Longueur : 14.80 m
Hauteur : 4.92 m
Motorisation : 2 moteurs en V Mitsubishi Ha2-II
Puissance totale : 2 x 700 ch.
Armement : Trois mitrailleuses mobiles de calibre 7.7mm (en position avant, dorsale, et ventrale) et 1500kg de bombes.
Charge utile :
Poids en charge : 8100 kg
Vitesse max. : 220 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 5000 m
Distance max. : 950 Km à charge maximale
Equipage : 4
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Junkers K-37

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Junkers K-37

VIDÉO

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