La Bulgarie fait partie de ces nations mineures dans l’histoire de l’aéronautique européenne. Pourtant, c’est durant l’entre-deux-guerres que cette dernière se lança dans le développement d’une industrie aéronautique afin de réduire sa dépendance aux constructions de firmes étrangères. Les productions locales restèrent limitées et étaient principalement destinées à des missions de reconnaissance, d’entraînement et de liaison.
Cependant, un constructeur national se démarqua des autres. La société Kaproni Bulgarski, implantée à Kazanlak, développa et conçut différents appareils pour le compte de l’armée de l’air bulgare. Cette société est néanmoins née d’un rapprochement avec un constructeur étranger, son nom ne le cache d’ailleurs pas car il s’agit de la prestigieuse société italienne Caproni. Ainsi, la société produisit plusieurs appareils dérivés de modèles italiens, tout en développant également ses propres machines. C’est notamment à elle que l’on doit le surprenant KB-11 Fazan, appareil de reconnaissance et de bombardement léger apparu durant la Seconde Guerre mondiale et déjà présenté dans nos colonnes.
Mais avant le Fazan, Kaproni Bulgarski avait entrepris de produire en Bulgarie un autre appareil issu des bureaux d’études italiens : le Caproni Ca.309 Ghibli.
C’est sur la base de ce bimoteur italien que Kaproni Bulgarski entreprit de développer une version destinée à la Bulgarie. Le résultat prit la désignation de KB-6 Papagal, également connue sous celle de KB-309. Si l’appareil conservait l’architecture générale du Ghibli, notamment son nez vitré au niveau de l’intrados et ses dimensions, il se distingua de son cousin italien au niveau de la motorisation. En effet, il était équipé de deux moteurs Argus As 10C de 240 chevaux chacun, en lieu et place des deux Alfa Romeo 115-II de 200 chevaux. Le train d’atterrissage, qui restait fixe comme sur le modèle italien se distinguait sur la version bulgare l’abandon de ses carénages. Cette modification répondait notamment à un problème très concret : éviter l’accumulation de boue susceptible de perturber le bon fonctionnement du train d’atterrissage sur les terrains sommaires.
Le prototype du KB-6 prit ainsi l’air en novembre 1940, soit près de quatre années après le premier vol de son modèle italien. Sous les couleurs bulgares, ce bimoteur ne se révéla pas un meilleur bombardier. Dans cette configuration, il détenait la capacité d’emporter 32 bombes légères pour environ 400 kg de charge offensive. Contrairement au Ca.309 italien, le KB-6 ne disposait pas d’armement défensif permanent.
L’entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés de l’Italie et de l’Allemagne face à la Grèce, en 1941, ne transforma pas le Papagal en un véritable bombardier de première ligne, au contraire ! Il fut très vite cantonné à des missions de liaison, de transport, mais également de surveillance. Face à l’URSS, ils furent employés comme appareils de reconnaissance au-dessus de la mer Noire, où leur autonomie en faisait des appareils appréciés, bien que dépassés.
Premier bimoteur conçu localement pour l’armée de l’air bulgare, le KB-6 ne fut pas une franche réussite, car basé sur une plateforme elle aussi pas exempte de défauts. Il permit néanmoins à l’industrie locale de prendre de l’expérience dans la conception d’avions plus imposants. Sa carrière fut brève et il disparut rapidement.
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