FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Vought AU Corsair
Constructeur : Chance Vought Aircraft Division
Désignation : AU
Nom / Surnom : Corsair
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1951
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Avions d'attaque
Rôle et missions : Avion d'attaque au sol, appui tactique rapproché.

HISTOIRE

Vought AU Corsair :
De la Corée à l'Algérie”

En 1954 lorsque éclata la guerre d’Algérie non seulement on était loin de se douter en France que celle-ci durerait huit années, mais en plus qu’elle déboucherait sur l’indépendance de cette colonie. De surcroît personne n’imaginait alors qu’elle allait mobiliser des forces considérables tant en hommes qu’en matériel et ce venant des trois armes principales, ainsi que de la gendarmerie. Si l’emploi des fantassins et des parachutistes de l’Armée de Terre ne surprit pas, de même que celle des navires de la Marine pour bloquer les accès maritimes du Maghreb il en fut tout autrement de l’arme aérienne. En effet mis à part dans quelques opérations de grande envergure celle ci fut assez peu utilisée en Indochine. Elle allait devenir un outil permanent dans l’effort de «maintien de l’ordre» français. Parmi les pilotes et aéronefs qui étaient appelés à sillonner les cieux algériens ceux portant le hameçon de l’Aéronautique Navale furent particulièrement mis à contribution, et pour des rôles parfois très éloignés du domaine maritime. Ainsi la Marine Nationale fit appel à un monomoteur d’attaque dérivé d’un légendaire chasseur embarqué de la Seconde Guerre mondiale pour des opérations de contre guérilla dans les zones désertiques et montagneuses algériennes : le Vought AU Corsair.

Les origines de cet avion remontent en fait à l’échec relatif du Martin AM Mauler, notamment entre les mains des aviateurs de l’US Marines Corps. Depuis 1945 et la fin de la guerre du Pacifique les Marines cherchaient activement un avion d’attaque et d’appui capable de prendre la relève de leurs vieux Douglas SBD Dauntless. C’est la raison pour laquelle ils demandèrent en 1950 aux responsables de Chance-Vought qu’ils développent une version d’attaque au sol dérivée du F4U-6 Corsair, la nouvelle version du fameux chasseur embarqué. En réalité celui ci n’avait quasiment aucun véritable marché en vue aux États-Unis, l’US Navy ayant définitivement prit le parti des jets. Le XF4U-6 fut donc transformé en XAU.

Dans les faits l’avion d’attaque différait fort peu du chasseur, si ce n’est que les mires de ses canons furent revues de manières à cibler plutôt vers le bas, que des plaques de blindage furent ajoutées sous l’intrados pour protéger l’avion des tirs ennemis venant du sol, et que l’on ôta les câblages prévus pour l’emport d’un radar sous l’aile. Mis à part cela, rien ne semblait différencier l’AU du F4U.
Si le XF4U-6 vola en janvier 1945 il fallut attendre plus de six ans pour qu’il revole en tant que XAU. En effet dans cette configuration il décolla pour la première fois en février 1951.

Bien que l’avion n’eut rien de très étonnant il intéressa rapidement l’US Marines Corps qui passa commande immédiatement pour cent-dix exemplaires de série qui lui furent assez vite livrés. En effet à cette époque les Américains affrontaient déjà le bloc communiste, en Corée en l’occurrence. Les premiers Vought AU-1 Corsair de série y furent déployés pour des opérations de harcèlement et d’appui aérien rapprochés avec notamment des bombes incendiaires et des roquettes à haute vélocité.

À la même époque la France aussi se battait dans la région, en Indochine dans son cas. Pour tenter de contrer les forces indépendantistes de Ho-Chi-Minh les militaires français se déployaient sur tous les fronts, y compris aériens. Pourtant la Marine peinait à remplir ses missions aéronavales, du fait notamment des retards de livraison par Chance-Vought des F4U-7, une version spécifiquement développée du Corsair. Pour y remédier l’avionneur, avec l’aide du Mutual Defence Assistance Program, préleva un lot de vingt-cinq Vought AU-1 des stocks de l’US Navy et les convoya via le porte-avions USS Saïpan jusqu’en Indochine. Là ces monomoteurs d’attaque furent versés à la Flottille 14F qui les utilisa à partir du porte-avions Arromanche.

Les AU-1 Corsair de la Marine Nationale menèrent principalement des missions d’attaque au sol, de reconnaissance à vue, ou encore de bombardement de jour. Certains participèrent même à la bataille de Dien Bien Phu, où la Marine perdit quatre de ces appareils. Lorsqu’elle les restitua, à peine huit mois après les avoir perçu, seuls quatorze avions firent le chemin du retour. En effet huit avaient été perdus en opération et trois dans des accidents. Pourtant ce monomoteur d’attaque jouissait d’une bonne réputation en France.

L’US Marines Corps reprit donc sans hésitation ses Vought AU-1 Corsair et les affecta à des unités d’appui, sans toutefois les renvoyer au feu. En 1956 l’arrivée des premiers Douglas A4D-1 Skyhawk sembla sceller le sort des Corsair d’attaque. En effet le monoréacteur était bien supérieur au monomoteur. La plus part des AU-1 encore en état de vol rejoignirent les stocks de l’US Navy dans le désert de Californie.

Moins d’un an plus tard la Marine Nationale revint vers cette machine, en achetant un lot de soixante AU-1 Corsair ex-USMC, ainsi que les armes et munitions nécessaires à leur emploi opérationnel. De Californie ils allèrent directement en Algérie, rejoindre les Flottilles 12F et 14F qui volaient déjà sur place avec leurs F4U-7. L’ironie veut que douze des avions rendus par la France en 1954 se trouvaient dans ce lot. Basés principalement à Telergma dans le Constantinois ces avions emportaient fréquemment des bidons de napalm en sus des bombes incendiaires et des roquettes.

Plus puissamment armés et précis que les North American T-6G Texan jaunes de l’Armée de l’Air les Vought AU-1 Corsair bleus marines appuyaient souvent les commandos de marine français et leurs hélicoptères Piasecki H-21, les fameuses «bananes volantes», et Sikorsky HSS-1. Face à des résistants algériens faiblement armés les Corsair eurent peu à craindre, d’autant qu’ils remontaient rapidement dans les nuages après avoir frappés l’ennemi.
En 1959 la Flottille 12F fut même la première de l’Aéronautique Navale à utiliser en opération des missiles air-sol tirés depuis des avions de combat. En effet ses Corsair furent configurés pour tirer jusqu’à six Nord SS-11, des missiles guidés qui préfiguraient l’actuel HOT.

À l’été 1961 la Flottille 12F fut à son tour appelée pour un coup de force lors de l’évacuation de la base navale de Bizerte en Tunisie. Détachés à Karouba les AU-1 Corsair attaquèrent les positions tunisiennes pendant que la Marine pliait bagages en urgence. C’est sous la protection des monomoteurs d’attaque que les Consolidated PB4Y Privateer et Lockheed P2V Neptune quittèrent Bizerte.

Au lendemain des accords du 18 mars 1962 instituant la fin de la guerre d’Algérie et l’indépendance de cette dernière les avions des Flottilles 12F et 14F se replièrent sur Landivisiau. Les Vought AU-1 Corsair découvraient enfin la France !
La 12F se sépara de ses Corsair d’attaque en octobre 1964 lorsqu’elle perçut ses premier F-8E Crusader, du même avionneur, tandis que la 14F se mit en sommeil quelques mois avant de renaître là aussi sur le puissant jet de chasse de Vought. Ainsi se terminait l’histoire de cet avion d’attaque méconnu, l’AU-1 Corsair.

On peut considérer que le Vought AU-1 est au F4U Corsair ce que le North American A-36 fut au P-51 Mustang durant la Seconde Guerre mondiale. Dans les deux cas les avions d’attaque ont largement été éclipsés par leur frère chasseur. Au lendemain de la création de cet avion son constructeur tenta la même aventure avec l’A2U-1, un avion d’attaque dérivé du F7U Cutlass, demeuré toutefois sans suite.
Le San Diego Air & Space Museum sis en Californie est actuellement le seul musée à exposer un AU-1 Corsair. Il s’agit d’un ancien avion de la Marine Nationale. Il est exposé sous une livrée française.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Vought AU-1 Corsair
Envergure : 12.50 m
Longueur : 10.39 m
Hauteur : 4.49 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Pratt & Whitney R-2800-83W
Puissance totale : 1 x 2300 ch.
Armement : Quatre canons de calibre 20mm et 1850kg de charges externes : bombes, bidons de napalm, roquettes, et missiles air-sol SS.11.
Charge utile :
Poids en charge : 8788 kg
Vitesse max. : 705 km/h à 8000 m
Plafond pratique : 9700 m
Distance max. : 800 Km à masse maximale
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Vought AU Corsair

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Vought AU Corsair

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