James Maitland Stewart est né à Indiana, dans l’état américain de Pennsylvanie, le 20 mai 1908. Sa famille est aisée et très croyante, de la religion presbytérienne. Très tôt il se mit à apprendre l’accordéon, un instrument qui ne le quitta jamais. En 1915 à l’âge de 7 ans alors que l’Europe est plongée dans la Première Guerre mondiale son père lui fait découvrir les premiers articles de presse sur les combats aériens entre pilotes. Pour l’enfant c’est une révélation. Il le sait, un jour il volera lui-même. Timide et complexé par un tic de langage c’est un petit garçon solitaire qui construit de nombreuses maquettes d’avions et d’hydravions. Intelligent mais médiocre en classe il réussi cependant à l’âge de 18 ans à entrer au Marshall College, aujourd’hui connu comme Mercersburg Academy, où il se découvre une passion bien plus dévorante que l’aviation : le jeu d’acteur. Sur les planches James Stewart se lâche, il oublie tous ses complexes. Et même ses soucis d’élocution ne semblent pas le gêner.
Diplômé avec un an de retard suite à de sérieux ennuis de santé James Stewart réussit cependant en 1928 à intégrer la prestigieuse université de Princeton, sur un cursus d’architecture. Mais toujours dans sa tête trotte l’idée de jouer, de faire du théâtre. Et quand il le peut il dévore les écrits sur l’aviation, aux États-Unis bien sûr mais aussi ce qui se passe en Europe. En 1932 il rejoint un troupe de théâtre de Cape Cod, où il fait la connaissance d’un certain Henry Fonda. Les deux futures vedettes hollywoodiennes demeureront amis toute leur vie. L’allure et le jeu de James Stewart le font remarquer par le cinéma. Il enchaine les petits rôles, au grand désarroi de ses parents qui ont compris que jamais leur fils ne reprendrait l’affaire familiale. À 28 ans, en 1936, il décroche un premier rôle important dans la comédie « Nick, gentleman détective » aux côtés des vedettes de l’époque William Powell et Myrna Loy. Il a alors un contrat auprès des studios de la MGM pour des seconds rôles de comédie. Et cela lui convient parfaitement. En 1940 c’est pourtant dans un premier rôle qu’il obtient son premier (et unique) Oscar du meilleur acteur pour la comédie romantique « Indiscrétions ». Sur le tournage il y rencontre d’ailleurs celui qui allait devenir son meilleur ami, l’acteur Cary Grant et une jeune actrice, une certaine Katharine Hepburn.
Les premiers cachets de James Stewart lui ont permis en 1935 d’obtenir sa licence de pilote privée, et d’acheter l’année suivante son propre avion. Ses rêves d’enfance de voler ne l’ont jamais quitté. Il acquiert un biplan triplace Waco Model 10. De l’avis de ses instructeurs c’est un pilote instinctif, rigoureux certes mais qui avant tout vole pour le plaisir de voler. Deux après cet achat il obtient une nouvelle licence, cette fois de pilote professionnel. Dans son esprit c’est un investissement au cas où le cinéma lui tournerait le dos.
Effrayé par la montée du communisme en URSS et par l’arrivée au pouvoir en Europe d’Hitler et de Franco il sait que tôt ou tard la guerre reviendra. Il décide alors, lui qui a été réformé du service militaire à cause de ses tics de langage, de s’engager comme pilote réserviste au sein de l’US Army Air Corps. Nous sommes alors au début de l’année 1941 et les militaires comprennent mal les motivations de ce jeune premier hollywoodien. Sauf que James Stewart est un vrai pilote, et ça pour sa génération ce n’est alors pas fréquent.
Il se rêve alors pilote de chasse. Il intègre en mars 1941 un stage de six mois de formation avancée, autant à la manœuvre d’avions militaires, qu’à celle du commandement. L’USAAC voit en lui un futur officier. Du coup il refuse plusieurs rôles à Hollywood, trop pris par son idée de piloter un jour un Curtiss P-36 Hawk, l’avion pour lequel il s’est découvert une passion. En octobre 1941 il est qualifié… instructeur. Il va voler et faire voler les autres sur North American AT-6 Texan. L’attaque nippone sur Pearl Harbor quelques semaines plus tard va bouleverser son engagement. Fini le lieutenant de réserve James Stewart est versé dans l’active. Pour autant pas question de l’envoyer sur le front du Pacifique. Il continue de faire voler les autres, de leur apprendre à piloter. Après le Texan c’est sur bimoteur Curtiss AT-9 Jeep qu’il évolue. Peu importe si ce n’est pas sexy il vole et il sert son pays en temps de guerre. Ça suffit à son esprit patriotique. Fin 1942 c’est pour lui la consécration il passe sur bombardier lourd, mais toujours depuis la Californie. Il est instructeur sur Boeing B-17 Flying Fortress.
À l’été 1943 il fait jouer ses relations à la MGM afin de pouvoir rejoindre le front. Il est nommé pilote et commandant de mission au 703rd Bomb Squadron. Quelques semaines plus tard c’est sur la base britannique de Tibenham dans le nord-est de l’Angleterre que James Stewart découvre la guerre. Il vole alors sur Consolidated B-24 Liberator et son quotidien l’amène à survoler la Belgique et la France occupées afin d’aller frapper l’Allemagne. Particularité notable il emporte toujours avec lui son accordéon, profitant même parfois d’en jouer en vol afin de calmer le stress des plus jeunes de ses équipiers. L’acteur est unanimement reconnu par ses pairs et par l’état-major comme un pilote d’exception et un meneur d’hommes hors pair. Au bout de vingt missions de combat il est pourtant appelé à l’état-major de la 8th Air Force. Le général Eisenhower sait à quel point la perte d’un pilote aussi médiatique que lui serait préjudiciable à l’effort de guerre. À son insu James Stewart devient un objet de propagande.
Une fois la paix revenue à l’été 1945 il reprend tout naturellement les chemins des studios de cinéma. Les acteurs ayant choisi de combattre contre l’idéologie nazie en Europe ou contre le Japon dans le Pacifique sont considérés comme des héros. James Stewart n’est pas le seul, la légende Clark Gable ou le célèbre second rôle Ralph Bellamy en sont aussi. Ils enchaînent donc les tournages. Sauf que James Stewart lui demeure réserviste. Entre ses rôles au cinéma il réalise ses temps sous l’uniforme, volant exclusivement sur bombardiers stratégiques. Après les B-24 en Europe il est transformé sur Boeing B-50 Superfortress puis sur B-47 Stratojet et enfin sur B-52 Stratofortress. Le 23 juillet 1959 il est officiellement promu général de brigade par l’US Air Force. En février 1966 il participe, comme officier général non naviguant, à une mission au Vietnam dans le cadre des bombardements Arc Light depuis la base de Guam à bord d’un B-52. Le 31 mai 1968, âgé de 60 ans, le général James Stewart prend sa retraite de l’US Air Force Reserve. Triste ironie de l’Histoire un an plus tard son fils Ron sera tué au Vietnam à l’âge de 24 ans.
En parallèle de son engagement dans l’US Air Force l’acteur James Stewart a connu plusieurs des plus grands succès hollywoodiens : « La vie est belle » en 1946, « La corde » en 1948, « Winchester 73 » en 1950, « Sous le plus grand chapiteau du monde » en 1952, « Fenêtre sur cour » en 1954, « L’Homme de la plaine » en 1955, « Sueurs froides » en 1958, « Autopsie d’un meurtre » en 1959, « Les deux cavaliers » en 1961, « L’Homme qui tua Liberty Valance » et « La Conquête de l’Ouest« en 1962, « Les Cheyennes » en 1964, ou encore « Bandolero! » en 1968. Il s’est même payé le luxe de faire plusieurs films où il a mêlé son métier d’acteur et sa passion pour l’aviation à l’image de « Strategic Air Command » en 1955 (un monument de propagande, au passage), « L’odyssée de Charles Lindbergh » en 1957, « Le Vol du Phénix » en 1965, ou encore « Airport 77 » en 1977. Pour la petite histoire il a prêté sa voix au film semi-documentaire « X-15 » réalisé en 1961 par le tout jeune Richard Donner. Il accèdera à la gloire une vingtaine d’années plus tard grâce aux films grand public « Les Goonies » et « L’arme fatale« .
James Stewart a ainsi largement marqué l’histoire du cinéma.

James Stewart est décédé le 2 juillet 1997 à son domicile de Los Angeles des suites d’une thrombose à la jambe droite. Il avait 89 ans. Le Président des États-Unis Bill Clinton lui octroya les obsèques nationales autant pour son action militaire que pour son rayonnement culturel. Pour son action durant la Seconde Guerre mondiale la France l’avait décoré de la Croix de Guerre 39/45 avec palmes de bronze et il était récipiendaire aux États-Unis notamment de la Flying Cross. James Stewart demeure aujourd’hui encore l’acteur américain ayant atteint le grade le plus élevé dans les forces armées de son pays. Il est aussi celui qui a le plus tourné avec le réalisateur Alfred Hitchcock.
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