Les Rafale bombardent de nuit avec leurs A2SM

Les Rafale bombardent de nuit avec leurs A2SM

Depuis le début de l’engagement français le 19 septembre dernier, les Rafale de l’Armée de l’Air réalisent la majorité de leurs frappes aériennes avec les bombes à guidage laser GBU-12 de conception et de fabrication américaine. Cependant dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 octobre 2014 deux avions de combat français ont bombardé un camp d’entraînement terroriste en Irak aux moyens de munitions type A2SM. Quatre de celles-ci ont été tirées lors de la mission.

La cible se trouvait dans la banlieue de Mossoul, la deuxième ville du pays en terme de population. Une majorité de ses quartiers sont depuis quelques jours tombés aux mains des djihadistes de Daech. D’importants combats ont lieu entre ces derniers et les fantassins de l’armée loyaliste irakienne.
De ce fait le camp d’entraînement pris pour cible par les Rafale français revêt une importance capitale pour l’ennemi puisqu’il permet de former ceux qui assaillent la ville.

Les deux chasseurs omni-rôle de l’Armée de l’Air ont décollé tard dans la soirée du vendredi 24 octobre et ont reçu l’assistance du ravitailleur en vol Boeing C-135FR également déployé sur la Base Aérienne 104 d’Al Dhafra. Peu après minuit les avions de combat ont attaqué le camp d’entraînement avec leurs A2SM, détruisant plusieurs bâtiments et véhicules terrestres. On ignore le nombre de combattant ennemis tués dans ce bombardement.

À l’instar de la bombe GBU-12, l’A2SM (pour armement air-sol modulaire) s’adapte sur une bombe lisse Mark 82 de 250 kg. Cette arme est produite par les États-Unis, mais aussi une partie de ses alliés. La Mark 82 dispose d’une charge de combat à haut pouvoir explosif de 87 kg. Le système A2SM est quant à lui développé en France par Safran. Il possède un double système de guidage : par navigation inertielle et par GPS. C’est une arme particulièrement adaptée aux Dassault Rafale de l’Armée de l’Air.

Une partie du contrôle aérien de la région autour de Mossoul était réalisé durant ce raid par la frégate française Jean Bart, déployée dans le Golfe dans le cadre de l’opération Chammal. Ses puissants radars lui permettent en effet de voir particulièrement loin.

Photo © Armée de l’Air

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

10 COMMENTAIRES

        • le guidage final infrarouge et laser, ce ne sont pas les mêmes choses ? J’entends par là que l’infrarouge a besoin d’une désignation laser pour se guider, non ?

        • Non. Les armes (généralement des missiles) s’autoguident à l’infrarouge, sur une source de chaleur ou de radiations. De leur côté les bombes à guidage laser ont en effet besoin d’un marquage, soit par un pod type Damoclès soit depuis le sol par une équipe de commandos.

    • Ça dépend de l’altitude de largage, parce que les ailerons du kit ne fournissent pas assez de portance pour contrer le poids de l’ensemble. Portée maxi 55km.

  1. Belle photo! Merci pour l’article.
    Pourriez-vous me renseigner à propos de l’antenne sur l’arête dorsale du Rafale? Je ne l’avais pas vu dans presque aucune des photos d’avant l’Opération Chammal.

  2. Est-ce qu’au cour d’une même mission les Rafales français peuvent bombarder à la fois avec des A2SM et des GBU-12, ou est-ce uniquement l’un ou l’autre ?

    • Le Rafale peut emporter 2 attaches tri-bombes: Je ne vois pas de problème si l’un contient des AASM et l’autre des GBU-12. Maintenant, est-ce qu’il peut mixer AASM et GBU-12 dans une même attache?

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