Agusta-Westland HH-101Cæsar : le renouveau du sauvetage héliporté italien

Agusta-Westland HH-101Cæsar : le renouveau du sauvetage héliporté italien

Changer d’hélicoptère de sauvetage n’est jamais une chose aisée pour une force aérienne ou aéronavale. Les marins français en savent quelque chose, eux qui en à peine une décennie sont passés du Super Frelon au Super Puma Mk-2 pour enfin arriver au Caïman. Et pourtant ce n’est rien en comparaison du choc que leurs homologues de l’Aeronautica Militare Italiana vivent depuis la fin 2014. En cause, le remplacement progressif des antiques Agusta-Sikorsky HH-3F Pelican par des Agusta-Westland HH-101 Cæsar flambants neufs ultramodernes. Il y a de quoi y perdre son latin.

Mais au fait c’est quoi un HH-101 Cæsar ?
Il s’agit d’une version spécifiquement adaptée de l’AW.101 pour les besoins de l’AMI dans le sauvetage en mer mais aussi dans la recherche et le sauvetage au combat. On comprend mieux alors le jeu de mot entre le nom de Cæsar (vous savez le fameux Jules des albums d’Astérix et Obélix) et C-SAR, le nom anglophone du Resco. Le HH-101 est donc la nouvelle plateforme de sauvetage en mer des pilotes transalpins.

Un Agusta-Westland HH-101 dans son élément naturel : au-dessus des mers.
Un Agusta-Westland HH-101 dans son élément naturel : au-dessus des mers.

À la différence des vieux Pelican, une version profondément modifiée et agrandie du célèbre Sea King américain en service depuis 1974, le Cæsar est un hélicoptère qui n’a pas besoin de transformations particulières pour réaliser ses deux missions principales. La seule différence notable est la dépose des armes d’autodéfense dans le cadre des missions de service public. On voit mal en effet la nécessité d’emporter une mitrailleuse M134 Gatling pour aller porter assistance à un paquebot en difficulté en Méditerranée ou à un bateau de pèche quelque part dans les eaux de l’Adriatique.

Mais surtout avec leur nouvel hélicoptère les pilotes et sauveteurs italiens peuvent désormais prendre l’alerte 24 heures sur 24, sans craindre le vol de nuit. En effet malgré sa caméra thermique et son FLIR le HH-3F n’est pas vraiment très à l’aise dans l’obscurité, surtout la plus totale. De nombreux incidents en attestent depuis maintenant près de dix ans. À tel point d’ailleurs que les autorités italiennes de Sardaigne n’hésitaient plus à demander l’aide des hélicoptères corses, et notamment des Puma de Solenzara pour ne pas avoir à faire prendre les airs aux Pelican.

Mais c’est donc désormais presque oublié. Presque car sur les douze HH-101 Cæsar commandés seuls trois sont actuellement en service effectif. Les autres sont attendus d’ici à fin 2016. Le retrait complet des HH-3F ne pourra pas se faire avant.
Cependant en Italie les spécialistes de l’aviation militaire ne tarissent pas d’éloges sur ce nouvel appareil.

Pourtant une ombre subsiste au tableau. L’état-major romain n’a toujours pas prévu de déployer ses HH-101 dans leur mission « de combat », privilégiant leur utilisation dans le sauvetage le plus classique. Avec ses nombreux équipements ultramodernes (FLIR dernier cri, caméra thermique, cockpit « tout écran », vision nocturne, radar de suivie de terrain jour et nuit) le Cæsar n’a vraiment rien à envier à nos Caïman.

Gageons que les spotters transalpins vont s’en donner à cœur joie cet été pour tenter d’attraper au mieux la bête. Et ils auront bien raison.

Photos © Agusta-Westland.

 

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