Qui aurait pu imaginer ce dimanche 15 septembre 1991 que l’avion qui réalisait son premier vol allait révolutionner le transport militaire stratégique ? Trois décennies plus tard si le Boeing C-17 Globemaster III n’est plus en production il n’en demeure pas moins totalement omniprésent. Et l’exploit fut qu’il permit à des pays très divers de sortir du strict transport tactique. Par la même occasion il ringardisa son principal concurrent ex-soviétique devenu très vite dépassé, l’Ilyushin Il-76 Candid.

En ce tout début des années 1990 seules les deux grandes puissances de l’époque disposent d’une véritable capacité de transport stratégique : l’URSS au travers des Antonov An-124 Condor et Ilyushin Il-76 Candid, et les États-Unis sous la forme de ses Lockheed C-5 Galaxy et C-141 Starlifter.
L’Il-76 Candid a bien été exporté à quelques pays vassaux de Moscou comme l’Algérie, la Corée du nord, ou l’Irak mais il s’agit souvent d’avions exploités à la fois par les militaires et les compagnies aériennes nationales afin de rentabiliser des avions extrêmement gourmands en carburant. Les avions américains eux n’ont jamais réussi à s’exporter.

Or pour le remplacement de ce Lockheed C-141 Starlifter c’est McDonnell-Douglas qui a été choisi avec son surprenant quadriréacteur C-17 Globemaster III. Un avion qui doit alors beaucoup à l’YC-15 demeuré à l’état expérimental et conçu une quinzaine d’années plus tôt. Un peu moins de six ans après ce premier vol survenu le 15 septembre 1991 l’avionneur disparaissait, tombant dans l’escarcelle du géant Boeing. Celui-ci allait construire sous licence le nouveau quadriréacteur.

L’idée de génie de Boeing aura surtout été de commercialiser le C-17A Globemaster III sur un marché jusque là fermé aux avions stratégiques américains : l’export. Et le succès sera au rendez-vous. Australie, Canada, Émirats Arabes Unis, Inde, Koweït, Qatar, et Royaume-Uni l’achètent. On a parlé aussi de pistes avec la France et le Japon mais sans que cela ne soit jamais confirmé. Même l’OTAN en a acquis pour les baser en Hongrie.
Les 279 exemplaires produits jusqu’en 2015 sont même devenus omniprésents dans le monde. Récemment ils évacuaient encore les ressortissants occidentaux et les réfugiés locaux d’Afghanistan.

En trente ans d’existence donc ce gros quadriréacteur américain n’a pas seulement totalement remplacé le C-141 Starlifter. Il a aussi changé le transport militaire par voie aérienne, grâce notamment à sa capacité à opérer sur à peu près tous les théâtres d’opérations et à se poser sur des distances très très courtes.
À n’en pas douter il servira encore très longtemps.

Photo © US Air Force

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4 COMMENTAIRES

  1. Je me revois encore, adolescent, lisant les articles sur le premier vol de ce prototype dans les magazines que j’achetais à l’époque.

    Réaliser que c’était il y a trente ans me file un petit coup de cafard…

  2. Je l’ai vu au Bourget (c’était au siècle dernier -_-) et j’ai halluciné en le voyant se poser sur la longueur d’une demi-piste ! Un avion qui prouve que l’aviation de transport peut également être quelque chose d’extraordinaire !

  3. un avion un peu cher mais vraiment génial conçu par un fabriquant comme on en fait plus: McDonnell-Douglas.
    A mon avis les américains n’en on pas fabriqués assez .

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