Un drone de surveillance utilisé par le RAID à Saint-Denis

Un drone de surveillance utilisé par le RAID à Saint-Denis

C’est une information qui peut paraître anecdotique mais qui sur le plan aéronautique à son importance. Ce mercredi 18 novembre 2015 au matin le RAID a utilisé un drone de surveillance en appui de son opération d’interpellation à Saint-Denis en proche banlieue parisienne. Pour mémoire cette intervention s’est soldée par l’interpellation de huit personnes placées en garde à vue et la mort de deux terroristes dont le présumé commanditaire des attentats du 13 novembre.

Pour la première fois les autorités du RAID reconnaissent publiquement l’usage d’un drone dans une telle opération antiterroriste. L’engin volant sans pilote aurait été utilisé aussi bien pour une reconnaissance discrète de nuit, la perquisition ayant été lancée à 4 heures 45 du matin, de l’immeuble en question, que pour l’information visuelle en temps réelle. Ainsi le RAID disposait d’information précise concernant la position exacte de chaque djihadiste. De ce fait les policiers d’élites du RAID et de la BRI disposaient d’un moyen de renseignement extérieur en plus des tireurs de haute précision disséminés en plusieurs points hauts de ce quartier très fréquenté de Saint-Denis.

On ignore cependant quels types de capteurs ce drone possédait : infrarouges/thermiques, visions nocturnes, acoustiques, etc… Quoiqu’il en soit on peut aisément se dire que le recours à ce drone aura peut être permis d’éviter le pire pour nos forces de l’ordre, le seul bilan mortel étant celui concernant une chienne malinois de sept ans appartenant au RAID et tuée dans l’assaut initial. Pour la petite anecdote les forces de l’ordre ont reconnu le tir de plus de 5000 munitions par leur seul service ce 18 novembre au matin à Saint-Denis.

Pour nos lecteurs étrangers, et notamment Québécois, il est bon de rappeler qu’en France il existe plusieurs types différents de groupes policiers d’interventions. La BRI, pour Brigade de Recherches et d’Interventions, est propre à Paris et à sa proche banlieue et dépend directement de la police judiciaire, la fameuse PJ. Le RAID, pour unité de Recherches d’Assistance d’Intervention et de Dissuasion, a quant à lui un rayonnement national même s’il est basé en grande banlieue parisienne. Il est plus spécialement adapté à la lutte contre toutes les formes de terrorisme. La BRI et le RAID forment, avec les GIPN présents en province, la FIPN pour Force d’Intervention de la Police Nationale. Leurs matériels sont les plus en pointe, en témoigne leur recours désormais aux drones. Les hommes et les femmes de la FIPN mais aussi du célèbre GIGN ont été mis à l’honneur (bien mérité) le 14 juillet 2015 sur les Champs-Élysées lors du traditionnel défilé de la fête nationale.

Il semble désormais acquis que le drone de surveillance, de petite ou de moyenne taille, est devenu un outil de renseignement plus que nécessaire à la lutte antiterroriste, notamment en zone urbaine. C’est aussi une mini-révolution pour nos policiers.

Photo © ministère de l’intérieur.

5 COMMENTAIRES

    • Si, si, c’est bien dissuasion, mais sans les « d' » : « recherche d’assistance », ça voudrait dire que le RAID appelle à l’aide… 😉 !
      RAID : recherche, assistance, intervention et dissuasion !
      Avec les GIPN (groupes d’intervention de la police nationale, régionalisés, en cours d’intégration au RAID en métropole) et la BRI (l’anti-gang : brigade de recherche et d’intervention, que sur région parisienne), il forme la FIPN (force d’intervention de la police nationale).
      Vous aviez remarqué que l’on aimait beaucoup les acronymes en France… 😉 !?

  1. Ils ont aussi utilisé des drones terrestres (du même genre que ceux des démineurs je pense) pour la reconnaissance du terrain.
    Petite parenthèse, un drone est un engin sans pilote à bord, ou déporté ou simplement engin télécommandé. Dans un futur proche, on pourra parler d’engin autonome càd vraiment sans pilote, à la manière de ceux de Skynet o;).
    Bravo au RAID, ainsi qu’aux autres forces d’intervention de la Police et de la Gendarmerie.

  2. Concernant la BRI, à ne pas confondre avec la Brigade d’Intervention Rapide appartenant à la gendarmerie et qui chasse les chauffards sur l’autoroute

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