Le pont d’envol d’un porte-avions est sans doute l’espace de travail le plus dangereux au monde. Dans un ballet finement orchestré, chacun a un rôle particulier à y jouer et tous doivent respecter des règles strictes pour assurer l’efficacité et la sécurité des opérations. À l’occasion, cet environnement hostile se transforme en carte postale pour souligner divers messages de nature parfois ludique. Dans un autre type de chorégraphie, des centaines de matelots peuvent alors être mis à contribution.

Mais d’où vient cette tradition de l’aéronavale ? Cela remonterait à la marine à voile, quand les matelots s’alignaient sur les vergues avec leur plus bel uniforme lorsque leur bateau faisait escale dans un port étranger, ou était de retour à son port d’attache suite à un long voyage. Un porte-avion étant évidemment démuni de mâture, la vaste surface du pont d’envol devint l’endroit pour faire parader l’équipage. Il semble que la première manifestation de ce type remonte à 1936, quand les matelots du porte-avion américain USS Lexington formèrent le mot NAVY.

Évidemment, la meilleure façon d’apprécier cette calligraphie humaine à grande échelle est du haut des airs. Que ce soit lorsque qu’un porte-avions passe sous un pont, à proximité d’édifices en hauteur, ou encore à bord d’un aéronef, ces messages font la joie des photographes. Voici un échantillon, selon le type de message véhiculé.


Pays ou port d’acceuil

La photographie en introduction de cet article remonte à 1951, lorsque l’USS Franklin D. Roosevelt arrive au large de Nice avec comme salut : Vive la France.

Lors de la visite de l’USS Coral Sea à Vancouver en 1960, les matelots américains ont salué leur voisin du Nord.

Ayant remonté l’estuaire du fleuve Saint-Laurent jusqu’à Québec en 1962, l’équipage de l’USS Intrepid remercie la population de la capitale québécoise pour son accueil.


Clin d’œil à la culture locale

Lors d’une escale à Pearl Harbor à Hawaii, l’équipage du porte-avions australien HMAS Melbourne y est allé d’un sympathique Aloha.

En quittant pour une dernière fois la station navale de Yokosuka au Japon, l’USS Midway a salué la population locale avec un Sayonara.


On est fiers de notre navire

Affectueusement surnommé Bonnie, l’équipage du porte-avions canadien HMCS Bonaventure lui rend hommage.

De retour d’un déploiement en première ligne lors de la guerre de Corée en 1950, l’équipage de l’USS Boxer exhibe fièrement le nom du navire en passant sous le Golden Gate à San Francisco.


On affiche sa mission

L’équipage de l’USS Ranger affiche sa participation à l’opération humanitaire Restore Hope lorsque leur porte-avions fut affecté près des côtes de la Somalie en 1992-1993.

L’opération militaire française Balbuzard, qui s’est déroulée en 1993 en mer Adriatique au large de l’ex-Yougoslavie, est soulignée sur le pont du porte-avions Clémenceau.


On souligne les fêtes

Participant à l’esprit festif qui s’empare de la Louisiane à chaque année, les matelots de l’USS Monterey soulignent le MARDI GRAS 1953. Généralement associée au carnaval de la Nouvelle-Orléans, le mardi gras est une tradition des Cajuns implantés dans plusieurs États bordant le Golfe du Mexique. Rappelons que les Cajuns sont les descendants d’Acadiens déportés par les Anglais lors de la conquête de l’Acadie.

Sans doute nostalgiques de ne pouvoir fêter Noël en famille, les matelots de l’USS Franklin D. Roosevelt font de leur navire une carte de souhaits d’occasion.Aujourd’hui un musée flottant à San Diego, l’USS Midway souligne la fête des mères lors d’un déploiement dans le Pacifique en 1981, avec un court HI MOM. Au passage, je profite de l’occasion pour souhaiter à l’avance une bonne fête des mères à toutes nos lectrices qui sont mamans ! Les fleuristes utilisent le slogan publicitaire «Dites-le avec des fleurs». La devise de l’aéronavale serait plutôt «Dites-le avec des matelots» !

5 COMMENTAIRES

  1. La photographie du USS Intrepid à Québec me rappelle bien des souvenirs d’enfance…Les plaisanciers de la ville de Québec et de Lévis ont pour coutume de saluer un navire de guerre ou de croisière qui nous rend visite au port de Québec. Je me souviens de ces excursions en famille sur le voilier de mon papa durant les années 1950 et 1960. Je conserve le souvenir d’avoir longé un porte-avion américain au quai de la Reine à l’Anse au foulon. Avec le pont d’envol qui nous surplombe les porte-avions apparaissent encore plus imposants vue du pont d’une embarcation de plaisance.ces navires. A;u même endroit, le France accosta en 1964. et le 20 juillet 1967 ce fut le croiseur Colbert avec le le général de Gaulle débuta sa visite au Québec..
    Un gros merci à Marcel pour cet article évocateur de bien des souvenirs heureux.
    P.S. La patrouille de France devait faire un passage à basse altitude à Québec le 2 mai.http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201702/25/01-5073315-la-patrouille-de-france-a-quebec-le-2- Malheureusement les mauvaises conditions atmosphériques ont empêché cette visite.

  2. Bonsoir, merci pour ce reportage, original comme je les apprécie.
    Une photo de l’USS Enterprise en 1964 lors de l’opération Sea Orbit avec les matelots inscrivant l’équation E=MC² pourrait éventuellement le compléter, non?
    Amicalement, Damien

    • L’US Navy est particulièrement friande de ce type de démonstration.. Par conséquent, mon échantillon est loin d’être exhaustif. J’ai eu plus de difficulté de trouver quelque chose du côté de l’Aéronavale française..

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