FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Aérospatiale SA.316 Alouette III
Constructeur : Société Nationale Industrielle Aérospatiale
Désignation : SA.316
Nom / Surnom : Alouette III
Code allié / OTAN :
Variante : SA.319B, HAL Chetak, IAR-316
Mise en service : 1961
Pays d'origine : France
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Multi-rôle

HISTOIRE

Aérospatiale SA.316 Alouette III :
l'Universelle”

Les succès qu’eurent la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est puis Sud-Aviation avec le SE.313 Alouette II conduisirent cette seconde société à très rapidement vouloir lui donner un successeur. Après quelques hésitations les travaux des ingénieurs débouchèrent sur un hélicoptère de conception assez simple dont la motorisation faisait une fois encore appel à une turbine de facture française. Cette nouvelle machine était même appelée à surclasser son prédécesseur, il s’agissait bien évidemment de l’Alouette III.

Les premiers travaux furent entamés fin 1957 quand Turboméca présenta sa nouvelle turbine Artouste IIIB d’une puissance de 882 chevaux mais détarée à 578 chevaux. Dans le même temps les travaux de design furent lancés et débouchèrent sur une première ébauche qui reprenait les codes esthétiques de l’Alouette II mais y ajoutant un fuselage plein et en redessinant profondément le cockpit et sa verrière.
Finalement le prototype de l’hélicoptère, désigné Sud-Aviation SA.3160 réalisa son premier vol le 28 février 1959 entre les mains du pilote Jean Boulet.

À cette époque l’hélicoptère était tout bonnement révolutionnaire. Si on exceptait le prototype américain du Bell XH-40 (précurseur du célèbre UH-1 Iroquois) le SA.3160 était le plus gros hélicoptère monoturbine du monde. Mais surtout il préfigurait un appareil bien plus confortable que l’Alouette II à une époque où les hélicoptères envahissaient le monde de l’aviation d’affaire. C’est à ce moment là qu’il fut logiquement baptisé Alouette III.
L’hélicoptériste profita de la période d’essais pour réaliser quelques coups médiatiques : d’abord un posé avec sept passagers à bord sur le toit de l’Europe à savoir le Mont Blanc en juin 1959 puis un peu plus d’un an plus tard en octobre 1960 il s’agissait du massif de l’Himalaya à plus de 6000 mètres d’altitude.
L’Alouette III marquait alors les esprits.

Certifié au cours de cette même année 1960 sous la désignation SA.316B l’Alouette III commença sa carrière commerciale à l’été 1961 tout en faisant l’objet d’une commande étatique française pour deux cents exemplaires qui allaient être répartis entre l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Marine Nationale et la Gendarmerie Nationale. Et à chaque fois les équipes de Sud-Aviation et du ministère de la défense nationale cherchaient à adapter l’hélicoptère à ces nouveaux utilisateurs : entraînement, appui aérien rapproché, lutte antichar, lutte anti-sous-marine, recherches et sauvetage en mer et en montagne, rien ne semblait pouvoir arrêter cette machine.
L’utilisateur militaire français le plus surprenant est sans nul doute la brigade des sapeurs-pompiers de Paris qui utilisa elle aussi, un temps seulement, une Alouette III.

Quelques Alouette III de l’Armée de Terre furent même envoyés un temps en Algérie avant l’indépendance afin d’y valider certains concepts d’emploi comme l’emport et le tir de roquettes. Placé sous l’égide du GE-ALAT de Satory en région parisienne ces essais algériens virent notamment le premier tir d’un missile antichar par un SA.316B, en l’objet un Nord SS.10 sans grand résultat d’ailleurs. Des canons mobiles latéraux de calibre 20 et 30mm furent également essayés ainsi que des mitrailleuses de divers calibres.

L’une des tentatives les plus surprenantes fut après la guerre d’Algérie en 1964-1965 le SA.3164 Alouette Canon, une Alouette III testée d’abord avec un canon de 20mm puis un de 30mm tirant depuis le nez de l’hélicoptère. Doté en plus de deux paniers à roquettes de part et d’autres du fuselage cette drôle de machine demeurée sans suite préfigurait déjà les actuels hélicoptères de combat, en plus rudimentaire bien évidemment !

Outre les militaires français l’Alouette III a volé (ou vole encore) sous les cocardes d’une cinquantaine de pays dont l’Afrique du sud, l’Angola, l’Argentine, l’Autriche, la Belgique, la Birmanie, le Burkina Faso, le Chili, la Corée du sud, l’Éthiopie, le Ghana, la Grèce, l’Irlande, la Jordanie, Madagascar, Malte, le Mozambique, le Népal, le Nicaragua, le Pakistan, le Portugal, la Roumanie, le Salvador, les Seychelles, la Suisse, la Yougoslavie, ou encore le Zimbabwe. Un succès qui s’explique notamment par un coût assez peu élevé et une polyvalence à toute épreuve.

Il est à signaler que l’Inde et la Roumanie sont des utilisateurs un peu particuliers de l’Alouette III. Ces deux pays ont produits sous licence chacun leurs propres versions sous les désignations respective de Chetak et IAR-316. En Roumanie d’ailleurs au début des années 1980 l’entreprise ICA tenta de transformer un hélicoptère en machine de combat et de reconnaissance sous la désignation IAR-317 Airfox, sans dépasser le stade du prototype cependant.

Outre les forces armées, aériennes, et aéronavales les SA.316B Alouette III ont aussi été largement commercialisés au profit des services de secours dans le monde. Parmi ceux ci les plus célèbres ambassadeurs sont certainement les fameux Dragon rouges de la Sécurité Civile. Aux États-Unis plusieurs exemplaires furent vendus auprès de service hospitaliers comme hélicoptères d’évacuation sanitaire.

En 1970 quand la société Aérospatiale prit la succession de Sud-Aviation apparut le SA.319B doté d’une turbine Turbomeca Astazou XIV d’une puissance de 882 chevaux détarée à 669 chevaux. Cette version rencontra elle-aussi un certains succès, notamment auprès de clients militaires et parapubliques déjà opérateurs de l’Alouette III.
Le SA.319B fut également bien vendu sur le marché civil.

Le plus étonnant avec l’Alouette III est sans doute son extrême longévité. Soixante ans après son développement de nombreux exemplaires sont encore en service un peu partout dans le monde, et pas uniquement auprès de pays en voie de développement. Il n’est pas rare de croiser un tel hélicoptère sur le pont du Charles de Gaulle juste à côté d’avions aussi modernes que les Grumman E-2C Hawkeye ou les Dassault Aviation Rafale M. Une vision parfois presque anachronique.

S’il n’y eut pas d’Alouette IV il serait faux de prétendre que l’Alouette III n’a pas eu de descendance. Deux hélicoptères peuvent y prétendre. L’Aérospatiale SA.342 Gazelle d’abord par son esthétique et sa motorisation mais aussi l’Eurocopter AS.350B3 Écureuil pour ses capacités montagnardes.
Enfin il faut se souvenir que l’Aérospatiale SA.315B Lama fut en partie pensée en tirant parti des enseignements du développement de l’Alouette III.

La réussite d’un hélicoptère se lit au travers de son histoire sur plusieurs pans différents. Que ce soit sa capacité à bien se vendre autant auprès des civils que des militaires ou bien sa polyvalence , voire même son adaptabilité. Tous ces facteurs réunis prouvent l’impact qu’aura eu l’Alouette III sur l’industrie aéronautique française et plus largement sur ses nombreux utilisateurs.

 

PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Aérospatiale SA.316B Alouette III
Envergure : 11.00 m
Longueur : 10.03 m
Hauteur : 3.09 m
Motorisation : 1 turbine Turbomeca Artouste IIIb
Puissance totale : 1 x 880 ch.
Armement : Possibilité d'emporter une torpille, ou quatre missiles antichars AS.11, ou encore des roquettes en nacelles.
Charge utile : Six passagers
Poids en charge : 2200 kg
Vitesse max. : 210 km/h
Plafond pratique : 4250 m
Distance max. : 500 Km
Equipage : 1
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Aérospatiale SA.316 Alouette III

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Aérospatiale SA.316 Alouette III


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VIDÉO

Sauvetage en Alouette III