Blériot 127

Blériot 127


Fiche descriptive

Appareil : Blériot 127
Constructeur : Avions Louis Blériot
Désignation : Bl.127
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1929
Pays d'origine : France
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier léger, avion de surveillance

Histoire

Blériot 127 :
Le concept du multiplace multirôle

En 1925, la plupart des avions de combats multirôles français étaient de vieux bombardiers de reconnaissance Caudron R-XI ainsi que divers chasseurs datant de la fin de la Première Guerre mondiale. Le Ministère de la Guerre, qui avait en charge la sécurité des différentes colonies françaises mais également toutes les questions touchant au renseignement et aux opérations offensives, chargea la société Blériot de concevoir un avion capable de remplir principalement les missions suivantes : bombardement, reconnaissance, surveillance frontalière, escorte, et police coloniale. Paris ne désirait pas un avion que l’on puisse moduler mais bel et bien un appareil qui puisse le cas échéant remplir toutes ces missions en même temps. L’Armée de l’Air classa ce projet en tant que type M4 (multirôle quadriplace) mais sans réellement spécifié le nombre de places voulues.

La société Blériot chargea l’ingénieur Léon Kirste d’étudier un tel appareil. Kirste n’était pas totalement un novice sur la question puisqu’il avait, dès 1922, travaillé sur des machines de ce type. L’appareil qui déboucha de ces études était le Blériot 127. Il s’agissait d’un monoplan à aile médiane à quatre ou six places, bimoteurs, de construction principalement en bois. L’une des originalités du concept résidait dans le positionnement des mitrailleurs arrières, placés dans des compartiments à l’air libre rattachés aux nacelles moteurs. Les mitrailleurs devaient pouvoir, en vol, rejoindre le fuselage de l’appareil en rampant dans un tunnel installé dans l’épaisse section de l’aile. Le poste de pilotage biplace se trouvait lui aussi à l’air libre, tandis que l’observateur-bombardier était chaudement installé dans le nez de l’appareil. Toutefois, celui-ci devait souvent sortit « au grand air » pour servir la mitrailleuse double qui se trouvait au dessus de son habitacle. Le Blériot 127 réalisa son premier vol le 7 mai 1926.

Dès ce premier vol, le Ministère de la Guerre jugea que le concept était révolutionnaire, et commanda immédiatement un premier lot de 42 avions à Blériot. Les responsables de l’état-major de l’Armée de l’Air étaient eux beaucoup plus réservés sur les qualités du nouvel appareil. Les premiers avions rejoignirent le 11ème Régiment de Bombardement de Metz-Frescaty en avril 1929. Là les pilotes et équipages ne cessèrent de se plaindre sur les qualités plus que médiocre de l’appareil, mais Paris fit la sourde-oreille et commanda 20 exemplaires de plus en janvier 1930. Dans les douze premiers mois de service du Blériot 127, ce ne sont pas moins de quatre avions qui furent perdus lors de différents accidents. Cela n’entraîna pourtant aucune suspension dans les vols des appareils.

En septembre 1930, un groupe de cinq Blériot 127 prit l’air depuis Metz-Frescaty pour se diriger vers Bucarest en Roumanie où devait se tenir un important symposium sur le bombardement aérien, ainsi qu’un meeting. La France comptait bien exporter son concept de « Multirôle-Multiplace ». Arrivés après quatre jours de vol, les cinq bimoteurs se posèrent sur un tarmac empli d’avions en tout genre. Si l’arrivée massive de cette mini-escadrille marqua les esprits, ce fut peu en rapport du nouvel avion que la Grande Bretagne présentait : le Handley-Page Heyford. Ce dernier devint la véritable vedette internationale sur la scène du bombardement, si bien que les Français rentrèrent sans aucune commande pour l’avion de Blériot.

Face aux nombreux rapports négatifs à l’encontre du Blériot 127, le Ministère de la Guerre décida que ces avions demeureraient en métropole et n’iraient jamais exercés dans les colonies. Mais leur remplacement n’était toujours pas à l’ordre du jour. Cependant en Allemagne un fait important va jouer en faveur de ceux qui voulaient voir le Blériot 127 rayer des listes militaires. En mars 1933, Adolf Hitler obtint les pleins pouvoirs du Reichstag (parlement allemand) et promit de réarmer l’Allemagne et de lui rendre « toute sa dignité » face à ses voisins européens. Dès lors, le Blériot 127 fit figure d’appareil obsolète dans l’objectif d’un conflit prochain avec les Allemands.

L’appareil fut retiré du service actif en première ligne en décembre 1934. Toutefois, il demeura à Metz-Frescaty jusqu’en juillet 1936, n’effectuant que des missions d’entrainement et de reconnaissances de jour. Il ne sera finalement jamais pleinement remplacé. La totalité des appareils sera alors détruits. Pour clore sur cet avion, il faut note que selon un pilote de 1931, l’avion est « lent, sous-motorisé, moyennement maniable, et fatiguant à piloter« .

Le Blériot 127 n’a jamais eu l’aura des bombardiers anglais de l’entre-deux-guerres. Il demeure une des explications pratiques de cette doctrine surprenante qui conduira la France à aligner des bombardiers obsolètes type Farman F-222 contre les chasseurs et bombardiers ultramodernes de la Luftwaffe en 1939.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Blériot 127
Envergure : 23.20 m
Longueur : 14.68 m
Hauteur : 3.41 m
Motorisation : 2 moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Hb
Puissance totale : 2 x 550 ch.
Armement : 6 mitrailleuses Lewis de 7.7mm (en tourelle moteur droit et gauche + nez)
250 kg de bombes en soute
Charge utile :
Poids en charge : 4970 kg
Vitesse max. : 200 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 6850 m
Distance max. : 500 Km à charge maximale
Equipage : 6
[...] Passez dans le comparateur...

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Blériot 127

Profil Couleur

Profil couleur du Blériot 127

Vidéo

Actuellement aucune vidéo n'est disponible dans nos bases de données

A voir également

0
Dans l'arsenal britannique de la Seconde Guerre Mondiale les bombardiers tiennent une place à part, en effet la Royal Air Force a su tout...

0
Au début des années 30 alors que l'Allemagne nazie était en plein réarmement, de nombreux avionneurs se lancèrent dans des programmes visant à doter...

0
Dans les premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale la RAF utilisa un nombre important de biplans pour des missions secondaires. Beaucoup de ces...