FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Douglas EA-1 Skyraider
Constructeur : Douglas Aircraft Company
Désignation : EA-1
Nom / Surnom : Skyraider.
Code allié / OTAN :
Variante : AD4Q, AD-4W, AD-5Q, AD-5W, Skyraider AEW
Mise en service : 1947
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Avion de reconnaissance électronique, de brouillage, et de veille radar.

HISTOIRE

Douglas EA-1 Skyraider :
La naissance de la guerre électronique embarquée”

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale la majorité des grandes forces aériennes du monde avait compris que pour gagner une guerre la maîtrise du ciel par les chasseurs et les bombardiers ne suffisait plus. Il fallait être capable d’écouter les émissions ennemies et même si possible de les brouiller. Bien sûr cette mission revenait à des avions spécialement équipés, qui étaient à chaque fois dérivés de machines existants déjà pour d’autres missions. C’est ainsi que naquit dès 1945 l’idée d’un avion de guerre électronique destiné à opérer depuis les porte-avions de l’US Navy : le Douglas EA-1 Skyraider.

En fait, dès la définition même du Douglas XBT2D il fut envisagé une version destinée à la guerre électronique. Ce futur avion devait s’appeler XBT2D-1Q. Il se présentait sous la forme d’un biplace en tandem sur lequel l’armement fut déposé et remplacé par divers équipement d’écoute et de brouillage mais aussi un radar. Un unique prototype fut construit et vola en octobre 1946. Deux mois plus tard la désignation du BT2D fut modifiée en AD-1 Skyraider et de ce fait le futur BT2D-1Q devint l’AD-1Q Skyraider. Une commande officielle pour trente cinq avions de série fut passée, les premiers entrant en service dès le printemps 1947.

Suivant l’exemple de ses unités basées à terre l’US Navy chercha dès novembre 1946 à disposer d’un avion de reconnaissance radar et de guet aérien destiné à opérer depuis ses porte-avions. Bien évidemment ses quadrimoteurs Boeing PB1W, dérivés du bombardier B-17G Flying Fortress ne pouvaient pas être pris en compte car bien trop gros. Il fallait donc miniaturiser et c’est la raison pour laquelle fut lancé le chantier du XAD-1W, lui aussi désarmé et doté d’un radar de veille placé sous l’intrados de fuselage dans un réceptacle de grande taille. Cependant les essais en vol ne se passèrent pas aussi bien qu’espérer l’avion ayant une grande déperdition aérodynamique. Finalement le XAD-1W donna naissance à l’AD-3W construit à hauteur de trente-et-une machines.

Entre temps les versions de guerre électronique pure avaient données naissance aux AD-2Q et AD-3Q construits à respectivement vingt-et-un et vingt-trois exemplaires. Désormais la marine américaine disposait d’une véritable flotte aérienne de guerre électronique et de veille radar. Ça tombait bien l’Amérique n’allait pas tarder à retourner sur le sentier de la guerre, du côté de l’Asie et plus précisément de la Corée.

Alors que la guerre commençait à faire rage dans cette partie du monde, entre forces pro-américaines et forces pro-soviétiques, l’aéronavale des États-Unis continuait le développement des Skyraider de guerre électronique. Le Douglas AD-4 donna naturellement naissance à l’AD-4Q spécialement conçu pour le brouillage des toutes nouvelles batteries de missiles sol-air soviétiques. Mais surtout il fut la base des cent soixante-huit AD-4W, la version jusque là la plus importante de ces avions. En unité l’AD-4W reçut rapidement le surnom de Big Belly Buzzing, c’est à dire de «gros ventru bourdonnant» en raison de son radôme autant que du bruit de son moteur au décollage autant qu’en vol.

Mais surtout l’AD-4W fut la première (et unique) version acquise à l’étranger. La Fleet Air Arm acheta en 1950 un lot de cinquante exemplaires qu’elle désigna Douglas Skyraider AEW Mk-1. Ces avions étaient, alors les premiers appareils de veille radar réellement moderne à entrer en service au Royaume-Uni. Ils demeurèrent en service jusqu’en 1962.

Cette même année 1950 les Skyraider électroniques américains connurent l’épreuve du feu en Corée où ils accompagnaient désormais fréquemment les groupes d’attaque et de bombardement dans leurs périlleuse mission. Du fait de leur lenteur et de la relativement mauvaise manœuvrabilité ces avions étaient devenus une cible de choix pour la chasse ennemie.

L’apparition du biplace côte à côte AD-5 fut l’occasion pour Douglas de développer les deux versions les plus avancées en matière de guerre électronique et de veille radar sous la forme des quadriplaces AD-5Q et des triplaces AD-5W construits respectivement à hauteur de cinquante-quatre exemplaires et de deux cent dix-huit machines. Bien plus modernes que leurs prédécesseurs les AD-5Q pouvaient voler plus vite, plus longtemps, et surtout beaucoup plus bas qu’eux. Ils étaient apte au rase-motte, inconcevable sur les versions précédentes. Grâce à son tout nouveau radar AN/APS-20 l’AD-5W doublait sa portée de surveillance vis à vis de l’AD-4W pouvant désormais voir plus loin que la majorité des radars des navires d’accompagnement des porte-avions américains.

Tandis que la guerre de Corée avait terminé de démontrer l’utilité des avions embarqués de veille radar et de guerre électronique un autre conflit se dessinait dans l’ex-Indochine française. Et là encore les Skyraider électroniques allaient pouvoir démontrer toutes leurs capacités. En septembre 1962 les désignations de ces avions furent réalignées. C’est ainsi que les AD-5Q et AD-5W, les seuls alors encore en service, furent désignés EA-1F et EA-1E.

Au Vietnam ce sont principalement les Douglas EA-1F qui furent engagés dans des missions de soutien aux raids aériens. La veille radar était désormais la mission d’avions bien plus efficaces comme les Grumman E-1B Tracer et surtout les ultra-modernes E-2A Hawkeyes. En fait les Douglas EA-1E ne servaient alors plus quasiment que comme avions d’entraînement avancé ou bien au sein des unités de réserve de la marine américaine.

L’apparition progressive dans le ciel vietnamien des biréacteurs Douglas EA-3B Skywarrior et EF-10B Skyknight scella petit à petit le sort des EA-1F qui quittèrent le devant de la scène en 1966. Deux ans plus tard il ne restait plus aucun Skyraider de guerre électronique dans l’arsenal de l’aéronavale américaine, ils étaient devenus totalement obsolètes en raison des avancées technologiques autant que de la rusticité de leur propulsion. L’US Navy voulait désormais des avions à réaction.

Outre le Royaume-Uni Douglas tenta de placer ses EA-1 auprès de clients étrangers mais sans succès. Même l’Armée de l’Air, par ailleurs utilisatrice du Skyraider dans ses unités d’attaque au sol et d’appui refusa l’avion. Il est à signaler que la Fleet Air Arm revendit en 1964 sept de ses anciens avions-radars à une société privée suédoise qui les transforma en remorqueurs de cibles. Repeints intégralement en jaune canaris ils volèrent, sous immatriculation civile, jusqu’au milieu des années 1980.

Aux États-Unis une poignée de EA-1 a été transformée en bombardiers d’eau dans les années 1970 et utilisée jusqu’au début des années 2000, principalement en Californie et dans les états du nord. Enfin il est à signaler que les deux dernières versions du Skyraider, les AD-6 et AD-7 ne donnèrent naissance à aucune version de guerre électronique.

Si de nos jours les E-2C Hawkeye continue de voler dans la droite lignée des EA-1E c’est un avion sensiblement différent qui a repris le flambeau de l’EA-1F en lui ajoutant de nombreuses missions : l’EA-18G Growler, par ailleurs tueur de radars.

PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Douglas EA-1F (AD-5Q) Skyraider
Envergure : 15.20 m
Longueur : 11.55 m
Hauteur : 4.69 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Wright R-3350-26WA Duplex Cyclone
Puissance totale : 1 x 2800 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 7965 kg
Vitesse max. : 485 km/h à 2200 m
Plafond pratique : 8000 m
Distance max. : 2550 Km avec réservoirs externes.
Equipage : 4
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Douglas EA-1 Skyraider

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Douglas EA-1 Skyraider


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.