Transall C.160G Gabriel

Transall C.160G Gabriel


Fiche descriptive

Appareil : Transall C.160G Gabriel
Constructeur : Aérospatiale-MBB
Désignation : C.160G
Nom / Surnom : Gabriel
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1989
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Reconnaissance électronique, espionnage aérien, recueil du renseignement.

Histoire

Transall C.160G Gabriel :
Les yeux et les oreilles de la République Française

En 1984, le Ministère de la Défense lance un programme visant à doter l’Armée de l’Air d’un avion de recueil ROEM (Renseignement d’Origine Electro-Magnétique, SIGINT en anglais) moderne et fiable. Depuis le début des années 60, cette mission revient à six Noratlas profondément modifiés. Le vieux bipoutre est toutefois obsolète tant au niveau aéronautique que pour sa mission d’espionnage. L’Armée de l’Air décide donc d’étudier deux possibilités : l’achat auprès des Américains de deux Lockheed  EC-130H ou la transformation de deux Transall C.160 en avions de guerre électronique. Pour des raisons de sécurité, c’est le second choix qui est retenu en mars 1986. La Sogerma est choisie comme maître d’œuvre pour la transformation des C.160. Ils seront au standard C.160NG, la dernière refonte, avec perche de ravitaillement en vol et train d’atterrissage renforcé pour une utilisation sur des terrains peu préparés. L’avenir donnera raison à la Sogerma d’avoir voulu conserver cette seconde option.

Deux Transall sont prélevés sur les stocks du CoTAM (Commandement du Transport Aérien Militaire), le F-216 et le F-221. Ils deviendront respectivement C.160G-1 et C.160G-2. La Sogerma décide de déléguer son pouvoir à deux industriels français, tous deux très proches de la Défense Nationale. Aérospatiale et Thomson-CSF se retrouvent donc associés au CEV pour la conception du nouvel avion.

Le F-216 reçoit en 1987 l’immatriculation civile de F-ZJUP et le F-221 sera F-ZJUU. Le développement des systèmes Elint et Comint se déroule au CEV de Brétigny-sur-Orge en banlieue parisienne. La cellule est modifiée par Aérospatiale à son siège toulousain.

Extérieurement, le C.160G se distingue des autres Transall par un radôme contenant le système d’espionnage Comint EPICEA sous le ventre de l’avion, par deux pods en bouts d’ailes contenant les systèmes Elint ASTAC et par quatre antennes qui hérissent le haut du cockpit. Le nouvel avion ne peut pas cacher sa mission. Le système ASTAC est déjà connu des aviateurs français, car il est embarqué en option à cette époque sur Mirage F1. Deux caméras panoramiques OMERA-51 sont également montés sur le C-160G. Ces systèmes seront ultérieurement montés sur les Mirage IVP. Devenue inutile, la rampe arrière est condamnée.

Le premier C.160G est livré à l’Armée de l’Air le 03 janvier 1989. Organiquement, il dépend alors du CEAM (Centre d’Essai des Armes et Matériels) de Mérignac. C’est ce jour là que l’avion reçoit son indicatif radio de Gabriel. Cet indicatif deviendra rapidement le nom de baptême des deux avions. En juin de la même année, le G1 rejoint sa future base, la BA 128 de Metz . Ce premier avion sera suivit par le G2 qui rejoindra la base le 02 juillet 1989. Les deux Transall C.160G « Gabriel » sont déclarés opérationnels le jour même. Ils reçoivent respectivement les immatriculations F-RAGS et F-RAGT. Le G1 effectuera sa première mission le 03 juillet 1989 (soit moins de 24 heures après avoir été déclaré officiellement opérationnel) au-dessus de Berlin. La surveillance des couloirs berlinois doit être la mission principal de cet appareil. Nous sommes encore en période de Guerre Froide. L’unité qui met en œuvre les Gabriel est l’Escadron Electronique 1/54 « Dunkerque », la seule unité de Transall à appartenir au Commandement de la Force Aérienne de Combat.

Le 09 novembre 1989, le Mur de Berlin tombe et avec lui le Pacte de Varsovie s’effondre. L’avenir des deux Gabriel s’obscurcit. Début août 1990, l’armée irakienne envahit le petit émirat du Koweït. La France déclenche l’opération Daguet et l’Armée de l’Air déploie en octobre le G1. Il effectuera entre son arrivée et le nouvel an 1991 un total de 25 missions tant au profit de l’Armée de l’Air que pour la Coalition alliée. Le G2 le rejoint sur la base saoudienne d’Al-Asha le 14 janvier 1991, soit trois jours avant le déclenchement des hostilités par les aéronefs alliés. Lors des opérations aériennes post-17 janvier, le G2 participera à des missions d’écoutes des fréquences irakiennes. A partir de ce moment là les deux avions de l’EE-1/54 vont régulièrement survoler les zones arides du Moyen-Orient.

En 1995, le Conseil de Sécurité de l’ONU va demander à l’Armée de l’Air et à la Royal Air Force de survoler la Bosnie-Herzégovine afin de le renseigner sur les agissements de l’armée fédérale yougoslave. Les Gabriel vont travailler de concert avec les très secrets Nimrod R-1 du Squadron 51 de la RAF. Les C-160G trouveront là aussi leur second “ terrain de jeu ” favori. En 1999 lors des troubles qui vont secouer la province du Kosovo le Dunkerque va une fois de plus mettre ses avions et équipages au service de la paix. Un Transall Gabriel sera envoyer sur zone lorsque l’USAF va perdre un de ses précieux avions d’attaque F-117.

Le 11 septembre 2001, les attaques terroristes qui frappèrent la côte est des Etats-Unis devaient marquer le début d’un conflit qui allaient déboucher sur la destitution du pouvoir des Talibans en Afghanistan. Lors de l’opération alliée, un C-160G était détaché sur la base tadjik de Douchanbe. Cet avion a permit l’arrestation d’un nombre important de combattants ennemis et de terroristes d’Al-Qaïda en interceptant les conversations entre téléphones portables.

De nos jours les missions s’orientent là où les intérêts de la France et de l’Union Européenne sont mis en péril, là ou l’équilibre de la paix est fragilisé : Moyen-Orient, Afrique, … la plus part de ces régions ne disposent pas d’avions comparables au Transall Gabriel. Grâce à cette machine la France s’est hissé au même niveau technologique que la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis.

Il est indéniable que le travail des C-160G permet aux agents de la DRM, de la DGSE, et des divers “ directions ” des ministères de la Défense et de l’Intérieur de remplir leur mission en gagnant un temps précieux. Le Gabriel est un outil né pendant la Guerre Froide, mais qui remplit des missions de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme de masse. Son remplacement n’est en 2013 toujours pas à l’ordre du jour.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Aérospatiale-MBB C.160G Gabriel
Envergure : 41.10 m
Longueur : 34.25 m
Hauteur : 11.65 m
Motorisation : 2 turbopropulseurs Rolls & Royce Tyne RT20-22
Puissance totale : 2 X 6100 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 46500 kg
Vitesse max. : 510 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 10500 m
Distance max. : 3950 Km sans ravitaillement en vol.
Equipage : maxi 15.
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Transall C.160G Gabriel

Profil Couleur

Profil couleur du Transall C.160G Gabriel

Vidéo

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.