Westland Sea King

Westland Sea King


Fiche descriptive

Appareil : Westland Sea King
Constructeur : Westland Aircraft Ltd.
Désignation : Sea King
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1970
Pays d'origine : Royaume-Uni
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère multi-missions

Histoire

Westland Sea King :
une version anglaise meilleure que l'originale

Dans le courant des années 60, la Royal Air Force chercha à se doter d’un hélicoptère polyvalent capable de remplir des missions de SAR (Search And Rescue, recherche et sauvetage) lointaine. Dans le même temps, la Fleet Air Arm (aéronavale britannique) recherchait un appareil capable de remplir des missions similaires mais également des opérations de lutte anti-sous-marine. Le Ministry of Defence (MoD) émit alors un appel d’offre aux constructeurs étrangers. Deux d’entre eux répondirent favorablement : Sikorsky avec son SH-3 Sea King et Sud-Aviation avec le Super Frelon. Le premier proposait de vendre la licence de l’appareil, ce qui se traduisait par un transfert de technologie pour Westland, l’hélicoptériste numéro 1 en Grande-Bretagne ; tandis que le second proposait de livrer les appareils en kit afin que ceux-ci soient assemblés par Westland. Le choix du MoD se fit donc naturellement vers l’appareil américain. Westland reçu de la part de Sikorsky l’ensemble des plans et matériels nécessaires à la construction du Sea King.

Le prototype du Sea King britannique prit l’air pour la première fois le 7 mai 1969. Les premières versions furent livrées à la Fleet Air Arm sous la désignation de Sea King HAS Mk-1. Cette version, construite en 56 exemplaires, disposait d’une électronique plus puissante que les SH-3D de l’US Navy. En effet, les britanniques avaient gréés un radar de recherche Ecko AW-391 ainsi qu’un système de détection Doppler sur leurs Sea King. Malgré ces modifications la Fleet Air Arm commanda en 1971 une version améliorée désignée HAS Mk-2.

Extérieurement, les Sea King britannique ne se différencient que peu de leurs cousins américains. Pourtant les appareils de Westland se caractérise par leur « bosse de chameau » contenant le radar de recherche Ecko, située sur l’arrête centrale de l’hélicoptère. Pour le reste les deux appareils sont visuellement quasi identiques.

La RAF a, quand à elle reçu, des appareils au standard Sea King HAR-3, pour des missions de SAR. Ces appareils portent tous une livrée jaune canaris identique à celle que portaient les Westland Whirlwind qu’ils ont remplacés dans cette tâche. Les Sea King jaunes de la RAF remplissent leurs missions de la même manière que les Puma de l’Armée de l’Air, c’est à dire dans le cadre du service publique.

En 1979, Westland fit voler une version démunie de tout équipement à caractère naval qu’elle baptisa Westland Commando. Ces appareils devaient remplir des missions de transport d’assaut et de transport de fret sous élingue. Par rapport aux CH-3 de l’US Air Force le Commando disposait d’une puissance motrice accrue de 45%. Le Fleet Air Arm commanda alors 37 de ces machines qu’elle désigna Sea King HC Mk-4. Ces hélicoptères furent affectés au transport des troupes du Royal Marines.

La Fleet Air Arm dispose d’une version de veille radar qui opère depuis les porte-avions de la Royal Navy. Ces hélicoptères, désignés Sea King AEW Mk-2, mènent des missions similaires, mais dans une moindre efficacité, à celle des Grumman E-2C qui opèrent sur les porte-avions américains et sur le Charles de Gaulle. Le radar du Sea King AEW-2 est implanté dans un imposant dôme porté sur le fuselage de l’appareil. Les Sea King AEW-2 ont opérés au combat lors de l’opération Desert Storm, guidant les hélicoptères de la coalition alliée contre les divisions blindées irakiennes. Ces hélicoptères ont remplacés les derniers Fairey Gannet de la Fleet Air Arm.

A l’export, le Sea King britannique s’est aussi bien, si ce n’est mieux encore, vendu que son homologue d’outre-Atlantique. L’Australie a acquit en 1972 un lot de 10 Sea King Mk-50 afin de remplir des missions de SAR, de lutte anti-sous-marine, et de transport entre le porte-avion HMAS-Melbourne et les navires de la Royal Australian Navy.  Depuis le retrait du service en 1982 du porte-avion les Sea King Mk-50B (nouvelle désignation) remplissent leurs missions depuis la côte. Le standard adopté par l’Australie est très proche des Sea King HAS-1 de première génération.

L’Egypte a, quand à elle, acheté aussi bien des versions navales que terrestres. Les Sea King Mk-47 de lutte anti-sous marine opèrent depuis une base proche de l’antique ville d’Alexandrie tandis que les Commandos Mk-2 opèrent depuis la banlieue du Caire. Les Commandos Mk-2 égyptiens opèrent fréquemment des missions de lutte antiterroriste contre les formations islamiques qui menacent le pays. Certains de ces appareils ont été optimisés pour emporter des paniers à roquettes de 68mm sur les pylônes extérieurs de l’appareil. Chaque panier à roquette contient 18 projectiles. Les Commando égyptiens participent fréquemment à la manœuvre annuelle Bright Star entre l’Egypte et l’Otan.

La Composante Aérienne Belge dispose de quatre Sea King Mk-48 de lutte anti-sous-marine et de SAR. Ces appareils opèrent depuis la base de Coxyde sur la façade maritime de la Belgique. Un de ces hélicoptères a été embarqué à bord d’un Antonov An-124 de la compagnie aérienne russe Aeroflot en août 2003 pour participer à l’opération européenne Artémis. Le Sea King du 40ème Smaldeel a participé à cinq missions de liaison et de transport de troupe, embarquant notamment à l’occasion de l’une d’elle des commandos français du CPA-30. La Belgique dispose également d’un cinquième appareil, désigné Sea King Mk-48B et dévolu au transport de la famille royale belge et des hauts responsable du gouvernement. Ce cinquième appareil est détaché en permanence à Bruxelles.

Les Sea King les plus surprenants sont certainement ceux utilisés par le Marineflieger (aéronavale allemande) pour des missions de SAR lointaine. Ces appareils sont également habilités à remplir des missions d’écoutes grâce à leurs systèmes Thomson CSF ultra-précis. Lors de l’opération Enduring Freedom un des Sea King du MFG-5 fut détaché comme appareil « Pedro » à bord du porte-avion nucléaire français Charles de Gaulle. Cet hélicoptère couvrait les décollages et les appontages des chasseurs Super Etendard et Rafales de l’Aéronautique Navale. Ce partenariat est nécessaire pour la Marine Nationale car les SA-321 sont trop gros pour être embarqués sur le navire.

Le Westland Sea King est un des hélicoptères les plus réussi au monde. Dans sa catégorie il a atteint une longévité que peu de ses concurrents, et même son modèle conçu par Sikorsky, ont réussi à atteindre. Les machines en service en Grande-Bretagne sont en voie d’être remplacer par le Merlin, fruit du programme anglo-italien EH-101. Mais ailleurs les Sea King ont encore de beaux jours devant eux. Le marché de l’occasion s’ouvre pour cette machine vers des pays pauvres ou en voie de développement.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Westland Sea King HAS Mk-5
Envergure : 18.90 m (diamètre du rotor principal)
Longueur : 17.01 m
Hauteur : 4.85 m
Motorisation : 2 turbomoteurs Rolls & Royce Gnome H-1400-1A
Puissance totale : 2 x 1660 ch.
Armement : 4 torpilles Sting Ray
ou 2 missiles air-surface Sea Eagle ou Exocet
ou 4 charges de profondeur
Charge utile : 2 950kg sous élingue
Poids en charge : 9850 kg
Vitesse max. : 260 km/h
Plafond pratique : 4200 m
Distance max. : 1200 Km (autonomie: 5 heures)
Equipage : 2 + 2
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Westland Sea King

Profil Couleur

Profil couleur du Westland Sea King

Vidéo

Sea King HAR3 SAR à Duxford en 2010

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.